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Jacquot "Dictionnaire des instruments de musique" |
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Documentation
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Jacquot 1886 Guide de l’art instrumental _________________ DICTIONNAIRE Pratique et raisonné Des INSTRUMENTS DE MUSIQUE Anciens et modernes
AVANT-PROPOS
Voici un livre sans prétention doctrinale et qui se présente au lecteur sous un titre peut-être trop modeste. Sans doute, c’est un guide essentiellement pratique que l’auteur s’est proposé d’offrir, aux, artistes, aux peintres, aux sculpteurs, aux architectes, à toute la grande famille qui relève des Arts du dessin ; mais, en dehors de la partie documentaire, les esprits curieux trouveront dans ce petit volume des aperçus inattendus et pleins d’intérêt.
Il y a quelques années déjà, sous les auspices d’un autre illustre maître, nous avons eu le privilège de présenter M. Albert Jacquot au lecteur (Histoire de la Musique en Lorraine, précédée d’une lettre autographe de Ch. Gounod, de l’Institut de France.) Depuis ce premier essai, notre auteur a poursuivi avec ardeur ses études de Curiosité instrumentale, et il nous revient aujourd’hui avec un livre où abondent des renseignements précieux, patiemment recueillis, puisés aux sources et appuyés de dessins relevés d’un crayon aussi habile que judicieux.
Chercheur passionné, fils, et petit-fils de luthiers, nourri d’études techniques, M. Jacquot s’est rendu maître dans l’art difficile de fouiller les bibliothèques du pays lorrain, de déchiffrer les archives locales, et il a fait de véritables trouvailles dans une matière qui, au premier coup d’œil, semble ne comporter ni intérêt ni agrément. Il fallait un certain courage pour entreprendre et mener à bien une pareille tâche ! M. Jacquot l’a accomplie avec un rare bonheur, et il suffira de parcourir quelques pages de son livre pour s en convaincre.
La difficulté était de garder une juste mesure dans le développement de ces petites monographies qui, sous. peine d’être incomplètes, devaient enregistrer une longue suite d’instruments de toutes sortes, de toute origine, relever les types les plus simples comme les plus compliqués d’un art qui, depuis Kerlino jusqu’à nos jours a été constamment lié aux manifestations du génie musical.
Et maintenant, une étude aussi spéciale répondait-elle à un besoin artistique ? Nous laisserons les artistes peintres, les dessinateurs, les architectes, les graveurs et les modeleurs, répondre à cette question mais, sans insister sur cette nécessité d’une information exacte, le simple curieux dédaignera-t-il de connaître par le. dessin, appuyé d’un commentaire clair et précis, le rôle, que jouait dans les orchestres du siècle dernier tel instrument aujourd’hui délaissé, et que nos arrière-grand-père ne dédaignaient pas de manier et parfois de faire chanter fort habilement ? De nos jours, la vue d’une humble cornemuse aux mains d’un pauvre pifferaro,. ne peut faire supposer qu’un instrument assez semblable à celui-là ait fait. les délices de la Société élégante et raffinée du siècle de Louis XIV? C’est pourtant l’exacte vérité ; et nous en trouvons le, témoignage dans ce passage d’un grave jurisconsulte, avocat au Parlement, qui occupait ses loisirs en composant, un Traité de musette avec une nouvelle méthode pour apprendre soi-même à jouer de cet instrument facilement et en peu de temps. (Ch.-Em. Borjon de Scellery, né à Pont-de-Vaux, en Bresse, en 1631.) En manière d’introduction, l’auteur ajoutait :
« Il n’est rien d’aussi commun, depuis quelques, années, que de voir la noblesse, particulièrement celle qui, fait son séjour ordinaire à la campagne compter parmi ses plaisirs celui de jouer de la musette. Les villes sont pleines de gens qui s’en divertissent. Combien d’excellents hommes, et pour les sciences et pour la conduite des affaires, délassent, par, ce charmant exercice leur esprit fatigué! Et combien de dames prennent soin d’ajouter à toutes leurs autres bonnes qualités celle de jouer de la musette ! »
il nous serait facile de multiplier les citations ; mais, elles nous éloigneraient du but que nous nous sommes proposé. Disons seulement que les instruments primitifs offraient un vaste champ d’observation à l’expérience archéologique et à la sagacité de M. Jacquot qui a su les faire revivre- avec intérêt, et les éclairer d’un jour nouveau.
L’art du luthier est aujourd’hui si complètement identifié avec le nom d’Amati, de Stradivarius et de ses successeurs, qu’il semble que rien d’intéressant n’avait été fait avant la venue du Maître. On voit, en s’inspirant aux sources, que les chefs-d’œuvre des écoles italiennes sont tout à fait indépendants de la curiosité instrumentale proprement dite ; que les précurseurs, les primitifs, les luthiers - sculpteurs, et les ornemanistes nous offrent, à ce point de vue particulier, des observations nouvelles. Il suffit de visiter l’église de Santa-Maria in Organo à Vérone et d’examiner son admirable lutrin de bois, œuvre capitale de fra Giovanni, ses fines sculptures, l’élégance du dessin et ses précieuses marqueteries pour comprendre en quel honneur étaient tenus les accessoires musicaux, les ornements des maîtrises et des sacristies, et surtout les buffets d’orgue de nos -vieilles basiliques.
Nous bornerons ici ces réflexions. Aussi bien, le lecteur n’avait pas besoin d’un si ample informé. Cette nouvelle étude de curiosité instrumentale doit trouver l’accueil que lui assure sa valeur propre ; et, en lui souhaitant la bienvenue, nous la plaçons sous l’invocation du vieil Amati et de Stradivarius, qui sont toujours nos dieux domestiques,
J. GALLAY.
DICTIONNAIRE DES INSTRUMENTS DE MUSIQUE ANCIENS ET MODERNES
ABAT-VOIX. Construction ajoutée en dehors d’un kiosque. ou d’une scène afin de diriger les sons vers les auditeurs. ABRÉGÉ. Mécanisme du grand orgue, transmettant le mouvement des claviers aux soupapes des sommiers correspondants. ABRÉGÉ PNEUMATIQUE. Mécanisme adapté aux grandes orgues, par Moitessier, de Montpellier, vers 1850. ABUD ou ABHUD. Ce mot a été appliqué par les uns à la trompette des Hébreux, par d’autres à une flûte ; et, enfin, à la baguette à l’aide de laquelle ce, peuple frappait le tambour. ACBABÈ. Monocorde persan, composé d’un manche long et creux- une caisse recouverte de peau, et servant de table d’harmonie, termine ce manche. La corde, fortement tendue, est frottée par un petit cylindre imprégné de résine, servant d’archet. ACCORD. Grosse contre-basse en bois, ayant de douze à quinze cordes, usitée au XVIIe et au XVIIIe siècle. Le Père Mersenne la nomme Lyre moderne. ACCORDÉON. Petit harmonium portatif à système d’anches libres, avec réservoir d’air et clavier vertical correspondant à des lames métalliques, inventé par G. Buffet, en 1827. La soufflerie de cet instrument est tirée et poussée à la main, les doigts faisant ouvrir ou fermer les touches qui laissent passez l’air au travers des lames vibrantes. Il y a des accordéons à bascules, nommés ainsi parce qu’il faut appuyer sur deux petites bascules de cuivre placées sur le dessus, afin d’ouvrir les soupapes d’harmonie. Ce genre est déjà ancien. Il y a des accordéons depuis six touches jusqu’à quatorze et seize touches. ACCORDÉON PIANO. Instrument dans le genre de l’harmoniflûte, inventé en 1852, par Boulon, de Paris. ACCORDÉON A PISTON. Instrument à anches, muni de registres faisant parler une ou plusieurs notes, à volonté, par la même touche. ACETABULUM. Instrument à percussion des Anciens, appelé par les Italiens « Crepitacolo». Il avait la forme d’une grosse sphère en argent ou en bronze ; une baguette de métal servait à le frapper. ACOUCRYPTOPHONE. Instrument ayant la forme de l’ancienne lyre, sans corde. sans clavier, inventé par l’Anglais Wheatstone, en 1822. On le suspendait au plafond à l’aide d’un cordon de soie et, pour le mettre en vibration, une clef était appliquée à une ouverture ménagée dans l’instrument. Cette clef servait à remonter une sorte de ressort, mettant en mouvement l’harmonie qui semblait provenir de la lyre, mais qui, en réalité, venait d’une sorte de piano conique et d’un tympanon placés près de l’acoucryptophone. ACOUMÈTRE. Instrument mesurant l’étendue des sons perçus par l’ouïe de l’homme. ADHARCAIDH CUIL. Sorte de cornemuse irlandaise. ADIAPHONON. Piano inventé à Vienne par un horloger nommé Schuter ; sa qualité, suivant son inventeur, était de ne jamais perdre son accord. Bien des essais furent faits en ce genre, mais ne donnèrent jamais de résultat sérieux. ADOUFE. Tambour mauresque. AEGUAL. Registre d’orgue de huit pieds. AÉLODICON. Sorte d’harmonium, inventé, par Rectein, en 1820. AÉLODION. Instrument à anches libres, précurseur de l’accordéon, inventé par Eschenbach. AÉLOMÉDICON. Instrument, inventé par Brunner, dans le genre de l’Aéoline. Il ne diffère de ce dernier que par la soufflerie, qui est à vent continu. AELOMÉLODICON. Instrument à anches libres. inventé en 1818, par Brunet, de Varsovie. AELO-PENTALON. Instrument intermédiaire, entre le physharmonica et le piano, construit en 1824, par Dagosi, de Varsovie. AÉLOSKLAVIER. Instrument inventé par Schortmann. Un soufflet alimenté d’air, de la même forme et conduit comme la cornemuse, produit un courant d’air sur des plaques de métal AÉNATOR. Nom généralement donné, chez les Grecs et chez les Romains, aux musiciens qui se servaient des instruments à vent dans les jeux, les armées et le culte religieux. Ce titre s’appliquait aux Tubicines, aux Cornicines et aux Buccinatores. AÉOLINE. Sorte d’harmonica, inventé par Kœnigshoven et par Schlimbach. AÉRO-CLAVICORDE. Genre de clavecin, inventé, en 1790, par Tichirscki et Schell ; il se rapproche de la harpe éolienne par sa construction. et le son est semblable à la voix humaine. AÉROPRONE. Instrument à anches libres du genre de l’accordéon, qui n’est autre que le physharmonica d’Hækel, perfectionné en 1828 par Christian Dietz. AÉS THERMARUM. Cloches métalliques suspendues aux fenêtres des bains publics des Grecs et des Romains. En, les faisant résonner, on annonçait aux baigneurs que l’eau chaude était prête. Ces cloches avaient deux formes : la première était un disque de bronze renflé dans le milieu ; la deuxième se composait de deux clochettes semblables à celles employées actuellement et placées l’une au-dessus de l’autre. AFFUT. Instrument à cordes des Hébreux, dont il est fait mention dans la Bible. AGADA ou KWETZ. Instrument à vent du genre des flûtes à bec, employé chez les Abyssins et chez les Egyptiens. AGADA. Flûte abyssinienne, employée aussi par les anciens Egyptiens ; cet instrument se joue avec une anche de roseau. AGALICKMAN. Instrument turc se posant sur un pied et se jouant avec un archet, de la même façon qu e le violoncelle, AGALS KEMAN. Genre de violoncelle turc. AGIOSYMANDRUM. Cliquettes usitées par les chrétiens grecs, pour convoquer les fidèles au temple. AGROSIDÉRON. Cloche primitive de la religion grecque, se composant d’une barre de fer frappée à l’aide d’un marteau. On l’employa jusqu’au XVIII siècle. ALABU-SARANGI. Violon d’amour indien à quatre cordes de boyau et à sept cordes sympathiques. Son accord est par quintes descendantes. La dimension est de 0m,52, et la largeur de la table est de 0m,22. ALARUM. Instrument japonais, dans le genre du Cong. ALBOGUET. instrument de cuivre, dans le genre des cimbales. ALGHEYA. Instrument indien dont le nom seul est parvenu, jusqu’à nous ALGOSAH ou ALGOZA. Flageolet à sept trous, du Bengale, dont le son est agréable et doux. ALP-HORN. Cor des Alpes, construit en bois, connu depuis le treizième siècle, en Suisse ; c’est un instrument pastoral et primitif ; il a beaucoup d’analogie avec le « lituus droit » des Romains. Les tubes de bois, sont souvent enroulés d’écorce d’arbre. ALTAMBOR. Les Espagnols appelaient ainsi les grandes timbales que leur laissèrent les Maures. ALTO (bois). En allemand : Bratsche ; en anglais et en italien : Viola. Instrument en bois, à quatre cordes, dont trois en boyau. et deux garnies de métal ; plus grand que le violon et nommé aussi quinte ou viola, parce qu’il descend une quinte plus bas que le violon. La musique pour l’alto, s’écrit sur la clef d’ut, troisième ligne. L’alto, comme le violon, est monté de quinte en quinte, et date, à peu près, de l’époque où le violon a été définitivement adopté. Son étendue est de trois octaves et une sixte. ALTO (cuivre). Instrument en cuivre, muni de trois pistons, destiné à remplacer le cor dans les musiques militaires. Il est en si bémol. (Voyez SAX-HORN-ALTO.) ALTO. Instrument en bois, à. anche, du genre de la clarinette, avec un pavillon courbe. ALTO-BASSE. Ancien instrument à cordes et à percussion se frappant d’une main avec un bâtonnet, l’autre main tenant une flûte ; l’accord se fait sur la quarte, la quinte ou l’octave. ALTO-BASSO. Caisse carrée creuse, sur laquelle quelques cordes étaient tendues et accordées. Ces cordes se frappaient avec une baguette, en même temps que l’on jouait du fifre ; c’est principalement en Italie qu’il était en usage au XVIIe et au XVIIIe siècle. AMBIRA. Instrument de l’Afrique méridionale, formé de tringles de fer en un seul rang, dans un bois creux ; les tiges étant de longueurs inégales, les sons, par conséquent, en deviennent variés. AMBULAEC. Chanteuses et musiciennes d’origine syrienne, qui fréquentaient les places publiques et les cirques. Leurs mœurs n’étaient pas souvent très régulières. AME. Pièce cylindrique de bois se plaçant dans le violon et ses dérivés, entre la table d’harmonie et le fond. Ainsi que son nom l’indique, l’âme transmet le son, et de sa place qui varie suivant l’instrument, dépend la beauté et la qualité du son. AMPHICORDUM. Grosse contre-basse en bois, appelée aussi « Lyre Barberine, » usitée autrefois en Italie, et montée de douze cordes ; un troisième nom fut donné à cet instrument, c’est celui d’Accord. ANACAIRE. Instrument à percussion du moyen âge ressemblant aux timbales. ANAGARA. Timbale de cavalerie des Orientaux, connue et importée en Europe par les Croisés, sous le nom d’Anacaire. (Voyez ce mot.) ANACATA. Nom donné quelquefois à l’Anacaire. (Voyez ce mot). ANANDA LAHARI. Instrument monocorde, usité par les chanteurs mendiants de l’Inde. ANANTA VIJAYA. Sorte de conque des Indiens. ANCHE. On donne ce nom : 1° aux deux tubes de roseau amincis à leur extrémité et réunis par des ligaments de fil ciré à un petit tube de métal s’emboîtant dans l’extrémité supérieure hautbois, du basson, du cor anglais, etc. ; 2° à un seul morceau de roseau diminué se plaçant sur la surface plane d’un bec, comme pour la clarinette, pour le saxophone, etc. ANCHE LIBRE. Principe de lames vibrantes, d’origine chinoise ; ces lames ont été importées en France depuis une époque très ancienne ; c’est une sorte de guimbarde modifiée. L’anche libre est employée pour les accordéons, les harmonicas, les harmoniums, etc. ANDARAS. Instrument péruvien appelé aussi Zampona ; c’est une sorte de flûte de Pan. ANÉMOCORDE ou ANIMOCORDE. Sorte d’harmonium à cordes, construit à Paris, en 1789, par un Allemand, Jean Schnell pour utiliser la propriété qu’ont les cordes de vibrer sous l’action du vent. Un clavier réglait la distribution du courant d’air, donnant ainsi des notes déterminées. Il avait des sons très doux. ANGELICA-VOX. Registres d’orgues à anches et à forme cylindrique. ANGÉLIQUE. Grande guitare du XVIIIIe siècle ; elle avait dix-sept cordes et son manche était garni de dix-huit cases. Elle ressemblait au luth ; on l’employait surtout en Angleterre, où elle eut une grande vogue. Elle fut, dit-on, inventée en Alsace. ANGKLANG ou ANKLONG. Instrument malais, formé de bambous évidés dont la partie supérieure est coupée obliquement ; le pied est taillé en deux bandes étroites qui jouent dans une rainure de la base d’un léger châssis. Par des mouvements d’oscillation, les tuyaux rendent de très beaux sons, en se heurtant contre les parois de la rainure dans laquelle ils se meuvent. Fétis remarque que cet instrument n’a pas été fait avec l’intention de former des rapports harmoniques. Il faut cependant observer que les Malais accordent l’Angklang, en remplissant plus ou moins les tuyaux d’eau ; ce que le célèbre musicographe semble ignorer. ANNEAUX (flûte à). Système d’anneaux adaptés au mécanisme des flûtes par Th. Bœhm. ANNULUS ou ANULUS. Anneaux de fer qui, chez les Grecs ou les Romains, étaient passés dans un cerceau métallique, servant de jouet aux enfants. ANTIPHONAIRE. -Recueil de musique religieuse notée en plain-chant. ANTIPHONEL. Instrument inventée par A. Debain, vers 1840, permettant d’exécuter, sur l’harmonium. à l’aide d’un moyen mécanique, non-seulement le plain-chant, mais toute autre musique. Ce sont des planchettes munies d’un côté de petites pointes saillantes, plus ou moins allongées selon la valeur musicale qui leur est attribuée. On les place sur un appareil s’adaptant au clavier, et, par la fonction d’un levier pour e plain-chant, ou d’une manivelle, les petites pointes font baisser les dents correspondantes d’un peigne horizontal, communiquant, par des prolonges et des pilotes, aux touches qui doivent s’abaisser. Ce mécanisme transpose à volonté, dans une étendue de douze demi-tons, tout morceau ainsi noté. L’invention, des plus ingénieuses, a valu à M. Debain, un succès et des éloges mérités. Lorsque l’Antiphonel est usité dans les églises qui ne possèdent pas d’organiste, il comble ainsi une véritable lacune et rend de grands services. APOLLO ou APOLLON. Instrument à vingt cordes, inventé en France au XVIIe siècle ; les cordes étaient pincées ; l’Appollo ressemblait assez au Théorbe. APOLLONICON. Orgue mécanique, inventé, en 1817, par les mécaniciens anglais Flight et Robson ; il contient 45 jeux et 1.800 tuyaux. APOLLONION. Instrument à clavier surmonté d’un automate jouant de la flûte ; il fut inventé vers la fin du XVIIIe siècle. APOLLYRICON. Nom donné quelquefois à l’ancien piano. ARABEBBAH, Instrument des côtes de la Barbarie, formé d’une vessie, surmontée par une corde. ARAINE. Grande trompette de guerre de gros calibre et à tige droite, tirant son nom du, métal, cuivre ou airain qui sert à sa confection ; cette trompette était déjà employée, en France, sous le règne de Philippe Auguste. On appliqua aussi ce nom aux sonnettes ou grelots usités sous Charles VI. ARAMANA. Tambourin siamois. ARC DES CAFFRES. Instrument cité par le Père Bonanni, et formé d’un arc muni d’une ou de plusieurs cordes de boyau, qui sont mises en vibration par une plume de cygne garnie de plomb ou de bois et de sonnettes. On presse les cordes avec la main gauche pour donner différents sons. ARCHET. Arco en italien, Bogen en allemand, bow en anglais. Baguette de bois de Pernambouc ou de bois de fer, ainsi nommée parce qu’elle avait autrefois la forme d’un arc. L’archet ne remonte pas au-delà des Bardes bretons, pour l’Europe ; ceux-ci l’employaient en jouant du crooth. Les Arabes le connaissaient depuis longtemps et l’avaient reçu, sans aucun doute, de l’Inde, d’où il est originaire. Les crins qui le garnissent et qui, grippant sur les cordes, les mettent en vibration, sont tendus par une vis adaptée à l’extrémité inférieure de la baguette ; cette vis tourne dans un écrou placé sur la partie plane de la hausse appliquée sur la baguette et où est creusé son logement. On tend ainsi les crins. qui sont maintenus à l’extrémité supérieure par un taquet de bois placé dans une échancrure. Lully raccourcit l’archet ; au dix-huitième siècle, Tartini l’allongea, et, enfin, François Tourte en régla la construction, d’une façon mathématique, vers 1780. Les archets de violoncelle, sont plus courts que ceux de violon, et ceux de contrebasse plus gros mais beaucoup plus courts aussi. On a fait des archets en acier creux, et J.-B. Vuillaume, de Paris, essaya un système dit à hausse fixe, qui donnait à tout exécutant la facilité de remplacer lui-même la mèche de crins, lorsque les circonstances ne permettaient pas de charger un luthier de cette opération ; mais cet essai n’a pas répondu aux espérances de l’inventeur.
ARCHILUTH (XVIIe SIÈCLE) Fac-similé d’une peinture du temps appartenant à l’Auteur.
ARCHILUTH. Variété du luth, ayant des cordes très étendues sur deux manches superposés. Cet instrument, usité aux XVIe et XVIIe siècles, possédait dix-huit cordes, dont les grosses sont doublées d’une petite octave, et les fines, d’un unisson. ARCHICEMBALO. Sorte d’instrument à clavier, destiné à donner des accords. Il fut usité en Italie en 1557, et on croit que Don Nicolas Vicentini de Vicence l’inventa, mais, en tous les cas, il n’eut aucun succès. ARCHIVIOLE. Clavecin auquel un jeu de vielle, accordé en même temps, a été adapté, et qui fonctionne à l’aide d’une roue et d’une manivelle. On aurait plutôt dû l’appeler Archivielle. ARCHIVIOLE DE LYRE. Il ne faut pas confondre l’Archiviole de Lyre avec l’Archiviole simple, qui était une sorte de clavecin, tandis que la première, usitée pendant longtemps en Italie, avait douze à seize cordes ; deux cordes à la basse débordaient du manche, qui était plus large que celui de la Basse de viole. ARDAVALIN. Flûte de Pan des Hébreux. ARGIENNE. Flûte grecque dont on ignore la forme et la matière dont elle était faite. ARGHAN. Orgue des Arabes. ARGHOUL. Musette arabe à anche, formée de deux tuyaux en roseau, dont l’un est percé de trous et l’autre forme le bourdon ; ces deux tubes sont réunis par des liens de ficelle enduite de poix et de résine et contiennent des tiges de roseau plus étroites dans. lesquelles sont découpées deux languettes qui forment anches, en n’étant maintenues que par le bas. ARIGOT. Flûte primitive à six trous sur une même ligne, a donnée naissance au flageolet ; elle se jouait comme la flûte traversière, mais avait un son assez aigu. ARISTON. Orgue à lames du genre de l’Antiphonel, mais composé d’une caisse carrée avec un peigne et des disques de papier percés de trous. Cet instrument a été inventé récemment par Ehrlich de Leinzich. ARMANDINE. Harpe-psaltérion avec des cordes en boyau, nommée Armandine, par son inventeur Pascal Taskin, 1723, en l’honneur d’Anne-Aimée Armand, qui, de pianiste, devint cantatrice à l’Opéra. ARPANETTA. En allemand Spizharfe ou Davidsharfe. Instrument à, deux tables d’harmonie, ressemblant à la harpe et au psaltérion ; l’Arpanetta a donné l’idée du clavicorde vertical. ARPICORDE ou ARPICORDO. Ancien clavecin imitant la harpe. ARPINELLA. Sorte de harpe, dont la forme se rapprochait de celle de la lyre. ARPONE. Instrument à cordes de boyau, semblable à la harpe, mais ayant la forme d’un piano vertical et se pinçant avec les doigts ; il fut inventé à Palerme, par Michel Barbici, vers la fin du XVIIIe siècle. ARTAB. Variété du luth arabe. ARUNDA CÉRATA. Nom appliqué, par les Romains, à la flûte de Pan, parce que les différents tubes de roseau étaient réunis entre eux par de la cire. ARUNDO. Les Romains désignaient ainsi la flûte de. Pan construite avec des roseaux. ASCARUM. Instrument de la Libye, formé de petits canons de plume qui donnaient, en tournant, un certain son. ASCARUS. Instrument des anciens Grecs. Plusieurs auteurs prétendent que c’était un instrument de percussion garni de cordes et muni d’un appareil tournant, portant des plumes, qui accrochaient les cordes, mais il est plus vraisemblable de le considérer comme une variété du grand psaltérion. ASCAULE. Cornemuse grecque employée principalement par les paysans. ASIAS. Première forme de la cithare des Anciens. ASOR (Ascior ou Hazur). Lyre à dix cordes, des Hébreux. ASORRA. Longue trompette métallique des Hébreux. ASOSBA. ou ASOSTRA. L’historien Josèphe donne ce nom à Une trompette d’argent qui, selon lui, aurait été inventée par Moïse. ASSA-TIBIA. Nom donné au solo de flûte, chez les Romains, lorsque cet instrument était employé sans l’accompagnement de voix. (Sev ad Virg., G. II, 417.) ASTABOLO. Genre de tambour des Maures. ATAMO. Tambour de Basque des Ethiopiens. ATHENA. On nommait ainsi, chez les anciens Grecs, une sorte de flûte et une variété de trompette. ATROPUS. Instrument de musique des anciens, sur lequel on n’a plus aucune donnée. ATTABALES. Nom attribué, au XVIIIe siècle, aux cliquettes ou castagnettes à manche. ATZE-BERUSCIM. Instrument de percussion des Hébreux, ayant la forme d’un mortier en bois ; on le frappait avec un pilon également en bois. AULOEDUS. On désignait ainsi, chez les Romains, et chez les Grecs, ceux qui chantaient arec l’accompagnement des flûtes. (Cic. Mur., 13.) AULOS. Flûte des anciens Grecs. AULIQUE. Nom donné au rebec, à l’époque de la Renaissance. (Voir RABELAIS.) AURA. Nom donné à la guimbarde (Voyez ce mot), en italien, Spassa pensieri. AVENA. On désignait sous ce nom, la flûte de Pan primitive, jouée. par les paysans grecs et romains. Cet instrument était fait de la tige de la folle avoine. (Virg. Tibul. ; Ov. Met, 8, 192.) AYACACHTLI. Instrument en terre cuite des anciens Mexicains, servant à accompagner les danses. AZF. Instrument à cordes des Arabes.
BAAZAS. Luth ou guitare primitive à quatre cordes, des Nègres d’Amérique. BAB. Instrument des Hébreux, mentionné dans la Bible, mais sans aucune autre indication ; on pourrait supposer que ce serait un diminutif du Rebab arabe. BACCIOCOLO. Instrument usité par les paysans de la Toscane. C’est un vase ressemblant à une écuelle, dont les sons harmonieux servent à marquer la mesure pour les danses pastorales. On le tient de la main gauche, et de la droite, on le frappe avec un pilon de quatre pouces de longueur. BAGANA. Lyre d’Abyssinie, à dix cordes accouplées, dont l’une sonne à l’octave de l’autre ; cette lyre se frappe avec le plectrum, et ressemble assez à une sorte de magadis. Au milieu de la table se trouve une grande ouïe et au-dessus est placé un tire cordes. Sur les éclisses du haut, deux montants de bois aboutissent à une traverse garnie d’anneaux de toile avec des tourniquets en croix, servant à faire rouler plus facilement ces anneaux, dans lesquels sont passées les cordes. Le plectrum, en cuir bouilli, a la formé d’un fer de lance. BAGLAMAH ou BAGLAMA ou BAGLATEA. Tambour ou mandoline d’enfant en usage en Arabie. Cet instrument est monté de quatre cordes de laiton et de trois d’acier, ou de deux cordes d’acier et d’une de laiton. D’autres en boyau sont attachées autour du manche, pour rendre les sons aigus. Une plume sert à les pincer. Le corps est fait d’un bois mince. BAGUETTES. On désigne ainsi les deux bâtons de bois, terminés presque toujours en petites pointes ou en boules, du côté avec lequel on frappe le tambour ou le tambourin. L’autre côté, qui est souvent garni de viroles de métal, est plus gros et par conséquent donne un poids nécessaire au maniement de ces baguettes. Pour les timbales, on garnit les extrémités exposées au contact de la peau, de petites éponges, ou simplement de peau de daim, mais pour le tam-tam et la grosse caisse, on se sert d’une baguette plus forte, garnie d’un tampon (VOir MAILLOCHE). La longueur des baguettes de tambour est ordinairement d’un pied ou de quinze pouces de long sur neuf lignes de diamètre à la plus forte extrémité et vont en s’amincissant. On emploie de préférence l’ébène ou le bois blanc très dur ; autrefois, on les faisait de buis. BAGUETTES DE PSALTÉRION, DE TYMPANON ET DE TAMBOURIN. Les baguettes de psaltérion et de tympanon avaient la forme d’un petit marteau de bois garni d’étoupes, ou étaient terminées en crochet ; celles de tambourin sont plus minces et plus courtes que celles de tambour. BAGUETTES DE TIMBALES. FIles sont faites en bois ou en tiges de baleine ; l’extrémité la plus mince est terminée par une tête ayant la forme d’un champignon garni de peau. Souvent cette tête est remplacée par deux petites éponges très rondes. BALAFO DU SÉNÉGAL. Instrument appelé aussi Balafou, Ballard, Balafeu ou Bulafo. C’est toujours le genre de l’harmonica, mais à, lames de bois, placées sur des montants de bambou ; des calebasses creuses correspondent à chaque lame de bois et augmentent ainsi l’intensité du son. Il y a des Balafo de une et de deux octaves ; on les joue avec deux plectres de bois ou avec une manique garnie d’anneaux de fer, qui ajoutent un son métallique en accompagnement de celui de l’instrument. BALAFO. Tympanon du Sénégal, à lames vibrantes, en métal. BALALAIKA ou BALALEIGA. Sorte de guitare russe à long manche, munie de deux cordes. BANAY. Tambour moderne des Indiens ayant la caisse sonore en terre. BANCLOCHE. Nom donné autrefois à là cloche d’alarme qui appelait le ban et l’arrière-ban au secours d’une ville quelconque. BANDORA ou BANDORE. Sorte de luth russe, originaire de l’Ukraine. (Il est intéressant de remarquer la ressemblance des termes, Bandose, instrument du temps de Charlemagne, Banzas, luth ou guitare indienne et Banjos des Américains. avec le Bandora des Russes.) BANDOSE. Instrument à cordes de la famille du luth, dont parle Aimery du Peyrat, abbé de Moissac, dans son manuscrit de la Vie de Charlemagne. BANDURRIA. Mandoline espagnole à fond plat ; cet instrument est muni de six doubles cordes. Elle fut surtout usitée en Espagne, au XVIIIe siècle. BANGSI. Flûte indienne, du genre du flageolet, dont les sons ont beaucoup de douceur. BANJO. Sorte de guitare américaine de une à cinq cordes. Dans les banjos à cinq cordes, quatre se trouvent sur le manche et une en dehors, pour le bourdon. Le manche mesure 50 centimètres de long ; trois entailles y sont faites, et il surplombe la caisse sonore pour imiter la touche des violons, mais sans avancer sur la table, qui est formée d’une peau d’animal tendue sur un cercle de bois courbé. Le chevalet qui élève les cordes est mobile, et se glisse ou s’éloigne pour hausser ou baisser le son de l’instrument. BANSI. Flageolet indien, long de 29 centimètres, à huit trous. BANSOULI ou BANSÉ. Flûte à bec de l’Inde ; est percée de huit trous et munie d’un sifflet.. BANSY. Instrument indou du genre de la flûte à bec. BANZAS ou BANZA. Guitare à quatre cordes, d’une facture assez grossière, en usage chez les Nègres. BARATAKA. Grande conque-trompette des Indiens. BARBITOS ou BARBITON. Instrument de grande dimension, usité autrefois en Grèce ayant une forme se rapprochant de la lyre, neuf cordes le garnissait. Les sons en étaient graves, et il se jouait avec la Pectis, mais à l’octave. Il était à la lyre ce qu’est le violoncelle au violon. Pollux dit que les cordes étaient plus grosses que celles de la lyre et qu’elles étaient faites en lin. On se servait des doigts et du plectre (Claud. Prœm, ad Epith in Nupt, Hon et Mar 9). A Pompéi, on voit encore une peinture représentant Apollon ayant à ses côtés un Barbiton : l’instrument est posé à terre., sur une petite boule, il a la moitié de la hauteur d’un homme ; on en attribue l’invention à Alcée. à Terpandre et à Anacréon. BARBYTOS-MAJOR. Petite basse de viole à six cordes, décrite par le P. Mersenne. (V. Harmonicorum instrumentorum liber primus, p. 44). BARGHONNI. Corne indienne faite d’oryx ou de coudou. une entaille longitudinale se trouve à environ 6 centimètres de l’extrémités la plus mince. BAROXITON. Sorte de contre-basse d’harmonie en cuivre, inventée par Cerveny’s, en 1853. BARRE D’HARMONIE. Lame de sapin, collée dans l’intérieur des instruments à archet, contre la table dite d’harmonie et dans le sens du bois de celle-ci ; son effet est de renforcer les sons et de maintenir l’équilibre, principalement pour les deux plus grosses cordes. Sa longueur est de 0m,281 son épaisseur d’à peu près un demi centimètre. BARYTON (Bois). Variété de la famille des hautbois, donnant une octave plus grave que ce dernier instrument ; les plus anciens avaient deux clefs et il y en eut jusqu’à onze trous, dont huit étaient bouchés avec des clefs et deux doubles trous ouverts. Le baryton, aurait été inventé en 1539, par le chanoine Afranio, de Pavie ; il a remplacé, dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, les Cromornes. On donnait aussi ce nom à la Basse de viole (Voyez ce mot). BARYTON (bois). Sorte de gros violon ou de petite viole, inventé en 1855 ; s’accordant à l’octave inférieure du violon et se jouant comme l’alto. Il ne faut pas confondre cet instrument avec la basse de viole du XVIIe et du XVIIIe siècles. BARYTON (Cuivre). Instrument de la famille des saxhorns, correspondant à l’alto des instruments à cordes, intermédiaire entre l’alto de cuivre et la basse ; le son en est agréable. Il est à trois pistons, en si bémol et en ut. BASSANELLI. (Voyez BASSANELLO). BASSANELLO. On désignait quelquefois sous ce nom la Basse de viole, ou, plus souvent, un hautbois ayant un tube tout droit, inventé par le compositeur vénitien Giovanni Bassano. Dans ce cas, le son était plus bas que celui de nos bassons. BASSE. (Voir VIOLONCELLE). BASSE-COR. Genre de serpent, inventé par Frichot, en 1806. BASSE DE CORNET. Ainsi que le nom l’indique, c’est la première basse inventée pour les instruments à vent ; le serpent en fut le dernier perfectionnement. BASSE DE FLANDRE. Trompette massive toute primitive, formée d’un bâton sur lequel une ou deux cordes étaient tendues et passaient sur une vessie de porc. BASSE-DE-FLUTE. Instrument à vent et en bois, usité encore au siècle dernier ; il donnait la quinte au dessous de la flûte traversière, le tube aboutissant à l’embouchure était légèrement recourbé. On l’employait comme basse dans les concerts de flûtes, et le bois, qui servait à construire la Basse de flûte, était principalement le buis. BASSE DE FLUTE A BEC. Instrument du XVIIe siècle, mesurant plus d’un mètre de long et possédant six trous ; il donnait l’octave au-dessous de la taille ou flûte à bec, et la tablature en était semblable. Le ton le plus grave était l’unisson du fa de la clef de ta des clavecins ; son étendue était d’une treizième BASSE GUERRIÈRE. Instrument dans le genre de la clarinette basse moderne, inventé à Paris par Dumas ; on l’employa, vers 1811, dans les musiques militaires françaises. BASSE DE HAUTBOIS. La Basse de hautbois et la Bombarde sont un seul et même instrument. Le Basson les a remplacés ; un autre, d’un timbre plus grave, s’appelait Bombardonne. BASSE DE NOMHORNE ou NOMORNE. Nom donné quelquefois au Basson. BASSE DES ITALIENS. C’est le violoncelle (Voyez ce mot). BASSE DE VIOLE. Instrument en bois, d’une octave au-dessous de la viole. Elle eut. au XVIIe siècle, trois. quatre, cinq, et six cordes, qui alors s’accordaient ainsi : sol, la, mi, ut, sol, ré, clef de fa, quatrième ligne. On l’accordait tantôt par quartes, tantôt par quintes. Vers 1675, Sainte Colombe ajouta la septième corde, et introduisit en France l’usage des cordes filées. La touche était divisée par cases. BASSE DE VIOLE A CLAVIER. Instrument monté de cordes à boyau qui résonnaient lorsque de petites roues, enduites de, colophane, étaient mises en mouvement à l’aide d’une plus grande roue placée sous la caisse. C’est l’Allemand Risch, du grand duché de Weimar, qui l’inventa, en 1710. BASSE DE VIOLON. (Voyez VIOLE DA BRACCIO, au mot VIOLE). BASSE D’HARMONIE. Sorte d’ophicléïde munie de dix clefs, et perfectionnée par Labbaye, en 1821. BASSE D’HARMONIE. On donnait quelquefois ce nom à l’ophicléide. BASSE-HORN. Genre de trompette chromatique, en cuivre, ayant trois trous et neuf clefs. C’est en 182O que Stratwolf, de Gœttingue, construisit cet instrument. BASSE-ORGUE. Genre de basson ancien à trois octaves. BASSE-ORGUE. Instrument inventé à Lyon, en 1812, par Sautermeister. BASSET-HORN. Instrument à tuyau courbé en demi-cercle et recouvert de cuir (XVIIIe siècle). Un spécimen de ce genre, datant de cette époque, se voyait à l’Exposition universelle de Paris, en 1878, dans la section belge (Art ancien). BASSE-TROMPETTE. Instrument à vent, en cuivre, inventé par Frichot, en 1810. Il se joue avec deux embouchures, une de serpent, l’autre de trompette ; le timbre de l’instrument avait donc deux caractères différents. BASSETTO. Terme italien signifiant violoncelle ou petite basse, servant à distinguer ce dernier instrument du violone ou contrebasse à cordes. BASSE-TUBA. Bombardon perfectionné par Wilbrecht, chef de musique du roi de Prusse. L’étendue de cet instrument est de quatre octaves, du la, deux octaves, au-dessous des lignes, clef de fa, jusqu’au la du ténor, une octave au-dessus des lignes de la même clef. BASSON. Instrument à vent et à anches, composé de quatre pièces de bois garnies de huit trous et de cinq clefs, dans le basson primitif ; des améliorations sensibles y furent apportées vers la fin du XVIIIIe siècle, par l’adjonction de nombreuses clefs. L’anche est adaptée à un tube de cuivre en S, qui se nomme bocal. Le basson aurait été inventé par Afranio, chanoine de Pavie, au commencement du XVIe siècle ; mais il est probable qu’il ne fit qu’en donner la forme, plusieurs instruments, ayant ce timbre, existant avant lui. Il y a une grande variété de bassons ; les Italiens le nomment fagotto, parce que ses pièces, en se démontant, ressemblent à une sorte de fagot. Le Père Bonanni dit, qu’au XVIIe siècle, les Allemands aimaient beaucoup le Fagot. L’étendue du basson actuel est de trois octaves et d’une quinte, à partir du si bémol, en dessous des portées de la clef de fa. On l’a malheureusement remplacé, dans nos musiques militaires, par le saxophone, qui, à la vérité, possède un beau timbre, mais tout différent. Les plus célèbres professeurs de basson furent : Gebauer, Barizel, Willet, Cokken, etc. M. Jancourt, professeur au Conservatoire de Paris, a ajouté, comme perfectionnement, plusieurs clefs, qui en facilitent singulièrement l’exécution. BASSON A FUSÉE. Genre de basson dont le tube a neuf tours de développement ; il fut inventé vers 1680 par Deuner, de Leipsig. BASSON ANTIQUE. Ancien basson à sept trous sur le côté et à une, clef en bas. BASSON (Jeu de). Jeu d’orgue complétant celui du hautbois et lui servant de basse. Il a deux octaves d’étendue. BASSON-QUINTE. Diminutif du basson, à une quinte au -dessus. BASSONORE. Variété du basson ayant une étendue de trois octaves et d’une tierce. L’anche est plus forte que celle du basson et a des sons plus volumineux. Cet instrument fut inventé, par Nicolas Winneu, à la fin du XVIIIe siècle. BASSON-RUSSE. Instrument de bois, à pavillon de cuivre, ayant remplacé le serpent. Il est muni de six trous ouverts et de quatre autres, bouchés à l’aide de clefs de cuivre garnies de tampons. Il fut inventé, en 1780, par Rigibo. BASSON-SOPRANO. Instrument en bois. à vent, en fa, à quatre et ensuite à sept clefs, datant du XVIIIe siècle. BASSPOMMER. Variété ancienne du basson. BASS-ZINKE. On désigne ainsi, en allemand, la basse de cornet à bouquin. BATON DE MESURE. Petite baguette de bois, souvent terminée par des viroles de métal, servant aux chefs d’orchestre pour battre la mesure, diriger les mouvements, prévenir les attaques de certains instruments dans les symphonies. L’ancien bâton était beaucoup plus volumineux que celui employé actuellement. Les Chinois ont, à cet effet, des petites planchettes à charnières faisant éventail, qu’ils agitent les unes contre les autres. BATTOCHIO. Nom italien d’un instrument servant à donner l’intonation à d’autres. BATYPHONE ou BATIPHONE. Variété d’ophicléide à dix-huit clefs, d’origine prussienne, ayant un bocal recourbé. BAUERNLEYER. Nom allemand de la vielle à roue. BAUNK. Sorte de trompette indienne. BAY-PIPE. Nom de la cornemuse écossaise. BAZ. Petite timbale arabe. BEC. Partie mobile, ordinairement en bois d’ébène, se plaçant sur les lèvres de l’exécutant, et sur laquelle s’ajuste, à l’aide d’une ligature à vis, une anche de roseau. Le bec sert d’embouchure à la clarinette et au saxophone.
BEDON (XVIIe SIÈCLE) Sculpture des boiseries du chœur de l’ancienne église de Salival (Lorraine) actuellement à l’église des Cordeliers de Nancy.
BEDON. Nom d’un long et gros tambourin du moyen âge, qui se frappait comme la grosse-caisse, à l’aide d’un ou de deux bâtons courts, munis d’un tampon. BEDON DE BISCAYE. Sorte de gros tambour de basque, originaire d’Espagne. Les cercles étaient Ornés de grelots. Il ne faut pas le confondre avec le Bedon du moyen âge. (Voyez ce mot,) BEEN. Guitare indienne. BEFFROI ou TOCSIN. Cloche d’alarme employée en Europe pour annoncer les sinistres ou les émeutes. C’est aussi une sorte de tam-tam des Orientaux. BEG. Lyre d’abyssinie. sans plectre. BELAPELLA. Castagnettes indiennes, ayant souvent la forme de petites cymbales métalliques. BELLONCON. Physarmonica inventé par Kaufmann, de Dresde, en 1804, et imitant des fanfares de trompettes avec timbales et tambours. BENDAÏR. Tambour de basque des Arabes, garni de quatre ou cinq cordes de boyau qui résonnent lorsqu’on frappe le tambour. BENDIR. Grand tambour arabe, ayant cinq cordes tendues effleurant l’intérieur de la peau ; le cercle est percé de trous, dans, lesquels des lames de tôle sont suspendues. Une peau de chèvre couvre le dessus. Plusieurs cordes de résonance sont fixées en dedans du fût et vibrent lorsque le tambour est frappé avec rigueur. BENU. Flûte indienne formée d’un tuyau conique de bambou de 0m,98, ci donnant tous les sons diatoniques de la gamme. BÉOTIENNE (flûte). C’est le même instrument connu sous le nom de Bombykos, et usité autrefois en Grèce. BERBEKIA. Variété du luth Arabe. BERBETH. Barbytos ou grande lyre des Arabes, montée de quatre cordes. BHARATA VINA. Instrument moderne de la famille des Sitars. Les Indiens l’emploient fréquemment. BHÉRÉ. Grande trompette droite en cuivre, usitée dans l’Inde. BHEROUBUATHIC. Cor en cuivre du Bengale et de Népaul. BIBEBREGAL. Régale (Voyez ce mot) destinée à accompagner le chant dans les églises d’Allemagne, vers le milieu du XVIe siècle. BIJUGA CITHER. Nom anglais de la Pandore. (Voyez ce mot.) BILANCOYEL ou VILLANCOYEL. Flûte indienne à bec, munie de sept trous. BIN ou BINA et VINA DE BÉNARÉS. Vina moderne de l’Inde, appelée aussi Vina de Bénarés. Le corps de l’instrument a la forme du luth et se termine par la tête d’un oiseau de proie. La longueur totale est de 0 m,62 ; le corps sonore mesure 0m,22 ; il est garni de onze cordes ; les chevilles partent du milieu du manche ; les cordes les plus longues sont à droite, et aux deux tiers, sous le manche, se trouve une courge semblable à celle de l’ancienne vina. Les chevalets sont fixes et forment l’échelle chromatique de sons. Les deux cordes de droite sont appuyées par les doigts de la main gauche ; les trois suivantes se pincent à ride ; les six autres sont sympathiques. La Bina de la collection Sauvageot est en ivoire admirablement travaillé ; elle ne possède que quatre cordes BINIOU ou, BIGNOU ou BINVIOU. Cornemuse des Gallo-Bretons, composée d’une peau de chèvre, formant réservoir d’air et de deux tubes ou chalumeaux, percés de six trous. L’outre est munie d’un tube d’insufflation. BIPANCHI VINA. Instrument indien de la famille des Sitars et monté de 5 cordes. BISSEX. Instrument ayant à peu près la forme du luth, monté de douze cordes, et garni de vingt cases ; il fut inventé vers 1773, par Van-Hecke. Son étendue était à peu près de trois octaves et demie d’étendue. BIVA. Sorte de luth japonais, dont la table d’harmonie est percée d’ouïes pour en laisser sortir le son ; on joue cet instrument avec un plectre. BOCAL. Petit tube de cuivre ou de maillechort, ayant la forme d’un S, qui se place à la partie supérieure du basson. Un trou latéral, de la grosseur d’une tête d’épingle, y est aménagé afin que la salive ne puisse séjourner en jouant. Une anche de roseau s’adapte au bout du bocal ; on donne souvent ce nom à certaines embouchures d’instruments. BOGENKLAVIER. Clavecin à archet ; mécanisme inventé, par le berlinois Johann Hohlfeld, en 1751. BOITE A MUSIQUE. Instrument automatique composé d’un peigne d’acier, mis en vibration par un cylindre muni de petites pointes placées selon la notation et pourvu d’un mouvement de rotation d’horlogerie. Genève a une spécialité pour la fabrication de ces instruments. BOMBARDE. Sorte de chalemie qui a donné naissance au hautbois, instrument à vent, à anche battante, à double languette, originairement percé de sept trous et muni, au XVIe siècle, d’une clef. Du grave à l’aigu, la Bombarde offre quatre types de tailles différentes pour la formation du quatuor. BOMBARDE. Instrument à timbre grave dans le genre du hautbois, usité par les Gallo-Bretons, jusqu’au XVIIIe siècle, formé du mot Bom (son) et de Barz (barde ou chant). Les Italiens le nomment piffero pastorale ; c’est un instrument à anche et en bois ; il était muni de sept trous. Il y avait plusieurs genres de bombardes, savoir : la bombarde-soprano, à une et deux clefs ; la petite bombarde, à une clef ; le picolo ou bombarde-contralto, à une clef ; la bombarde-ténor, ayant deux octaves d’étendue ; la bombarde-basse, à quatre clefs ;et enfin la contre-basse de bombarde ou bombardons à quatre clefs. C’est aussi dans l’orgue, un registre de 16 et quelquefois de 32 pieds. BOMBARDON. (Voyez SAXHORN-CONTREBASSE,.) BOMBIX. Sorte de chalumeau primitif des anciens Grecs. BOMBULUM. Instrument romain. Sorte d’orgue formé d’une sphère métallique munie de sept tuyaux, dont une reproduction existe sur le monument du Musée d’Arles. BOMBY-KAS. Nom des clefs des instruments chez les Grecs. Il ne faut pas confondre ce nom avec celui de l’instrument grec Bombykos (Voyez ce mot). BOMBYXOS. Grande flûte grecque double, faite de roseau du lac Orchomène, BONBALOU. Instrument de percussion des Nègres, plus sonore que le Boutalou, mais avant à peu près la forme de la trompette marine. BOUANG ou KROME. Instrument malais, composé d’une série de bassins de cuivre, de diverses grandeurs. BOUBNI. Tam-tam de guerre des Russes. BOUCHE. Ouverture horizontale qui laisse échapper l’air dans les tuyaux d’orgue. BOUK. Clairon de cuivre des chasseurs de l’Arabie. BOULE MÉTALLIQUE. Instrument sonore indiqué par le Père Bonanni dans sa Description des Instruments harmoniques. Ce sont deux boules de cuivre creusées et contenues dans une troisième beaucoup plus grosse. Les deux boules sont coupées en deux et munies de dents qui, en étant agitées et frappées les unes contre les autres, produisent un son métallique. BOULOU. Harpe des nègres de la Sénégambie cet instrument était monté de dix cordes de boyau, retenues par de longues chevilles. BOUNY. Harpe égyptienne ; c’est le plus ancien genre que l’on connaisse. BOUQUIN (Cornet à). (Voyez CORNET k BOUQUIN). BOURBUI. Trompette de guerre, en cuivre, usitée autrefois par les Russes. BOURDON. Ce mot a plusieurs applications : c’est, premièrement. Le nom de la plus grosse des cloches d’une église ; deuxièmement, le nom de la plus grosse corde des instruments à archet ; et troisièmement, le nom d’un jeu d’orgue de plus ou moins de tuyaux. BOURET. Petit cor de chasse des Anciens. Selon Fabretti, il aurait été fait, non seulement de bronze, mais de buffle et, était destiné à. l’infanterie et à la cavalerie romaine. On s’en servait à l’armée pour avertir les soldats de nuit, des heures pendant lesquelles ils devaient monter ou descendre leur garde. C’est aussi une conque marine dont il est fait mention dans la Mythologie (Voyez BUCCIN MARIN). BOURI. Trompette de Madras ; se composant d’un tube de cuivre ayant un renflement dans le milieu et terminée par un pavillon. BOUTALOU ou BONTALOU. Tambour des nègres, de Bilba, en usage, dans ce pays, au XVIIIe siècle ; c’est un tronc d’arbre creusé et recouvert, d’un côté, d’une peau de chèvre ou de brebis. BOUTON. Petite pièce circulaire et métallique, munie d’une tige à pas de vis, qui est reçue dans une autre tige creusée, également à pas de vis, surmontant la partie supérieure d’un piston quelconque. Le bouton reçoit l’effort du doigt pour faire fonctionner le piston. BRASS-HORN. Cor anglais en bronze. BRISSEX. Sorte de guitare ancienne à deux cordes. BUCCIN. Genre de trompette basse ancienne, percée au milieu. De nos jours on désigne ainsi une sorte de trombone à coulisse, dont le pavillon à l’antique est terminé par une tête de dragon ou de monstre. BUCCIN A COULISSE. Instrument employé en Flandre, au XVIIIe siècle : un spécimen de ce genre existait à l’Exposition, universelle de Paris, en 1878, à la section belge de l’Art ancien il portait le nom de l’auteur : Tuerlinckx, à Malines. BUCCINATOR ou BUCINATOR. Dénomination donnée à celui qui se servait de la Buccine. BUCCINA. Nom donné par les Romains au cor ou cornet étrusque. Cette trompette était tantôt recourbée en spirale ou tordue en cercle et se joignait, dit-on, à volonté au Lituus. Dans l’origine, elle fut faite d’une coquille de poisson ; et sous cette forme elle servait principalement aux bouviers et aux bergers, aux accensi pour annoncer les heures et dans les premiers temps pour convoquer les Quirites à l’Assemblée ou les réunir, dans des circonstances pressantes. Mais c’est surtout la dénomination des trois instruments militaires des Romains ; ils leurs servaient à faire des signaux ou à commander les troupes ; dans ce cas leur forme variait légèrement ; l’embouchure était plus large et l’instrument lui-même était en corne. On donna aussi ce nom à une sorte de tambour des Romains. BUCCIN-MARIN ou BOURET DE MER. Grosse coquille semblable à une conque marine, dont l’extrémité pointue était percée d’un trou qui servait de tube d’insufflation. BUCHE. Les Flamands l’appellent Noordischebalk. Epinette des Vosges, ayant la forme arrondie d’une bûche ; c’est le premier type de la cithare horizontale. BUFFET D’ORGUE. Immense caisse dans laquelle est contenu le mécanisme du grand orgue. BUGLE. Instrument de cuivre, à vent et à pistons au à cylindres, un peu plus grand que le clairon. Il est en si bémol, fut inventé par Weidinger, et a remplacé le bugle à clef. (Voyez SAX-HORN-CONTRALTO). BULAFFO. (Voyez BALUFFO). BUONACCORDO. Petite épinette italienne, dont se servaient les enfants au XVIIIe siècle. BUSCA TIBIA. Instrument très primitif, dans le genre de la flûte, formé de l’ossement d’un animal. BUSINE ou BUISINE, BOSINE. Synonymes de Buccina. (Voir ce dernier mot). BUXUM. Flûte grecque en bois, dont deux spécimens existent encore au musée Britannique.
CABINET D’ORGUE. Petit buffet d’orgue, sans montre, employé surtout dans les salons, au XVIIIe siècle. CAISSE. Nom donné quelquefois au tambour (Voyez ce mot), CAISSE. Terme employé pour désigner la boîte d’instruments, tels que piano, harmonium, violon, violoncelle, etc. C’est aussi le nom donné aux tambours, excepté ou tambourin et au tambour de basque. CAISSE PLATE. Tambour réduit de hauteur ; c’est un tambour de la garde nationale de Paris, nommé Grégoire, qui eut le premier l’idée de diminuer ainsi les caisses de tambour. Au milieu du XIXe siècle, la grande dimension avait prévalu. CAISSE ROULANTE ou CAISSE CLAIRE. Perfectionnement du tambour adopté comme instrument de percussion dans les musiques. militaires ou dans les orchestres. On appelait aussi caisse roulante, un long tambour de bois, encore en usage dans les musiques de l’armée, vers le milieu du XIXe siècle. CAJAS. Tambour du nord du Pérou, formé de planchettes concentriques, reliées par des cercles de cordes ; les deux côtés sont tendus de peaux de lama. CALAMAULE. Nom que l’on donnait, en Grèce, à la flûte monaule, quand le tube de cet instrument était formé d’un roseau. CALAMEL. Nom donné par les Anciens, au chalumeau (Voyez ce mot). CALAMUS Nom général donné chez les Romains et chez les Grecs à la flûte de Pan. CALANDRONE. Sorte de flûte italienne, jouée par les paysans. Deux ressorts placés à l’embouchure, lorsqu’ils sont pressés, émettent le son par deux trous diamétralement opposés. CALASCIONNE. Nom italien du tambourah. (Voyez ce mot.), CALIBRE. Ce nom s’applique : 1° à une petite plaque métallique percée de trous correspondants à des numéros, servant à prendre des grosseurs de cordes ou de fils métalliques ; 2° à une plaque de forme triangulaire qui sert aux facteurs d’orgues pour faire les bouches aux tuyaux des orgues. CALICHON ou CALACHON. Ancien luth à cinq cordes (Voir Colachon.). CALISSONCINI ou COLISSONCINI. Sorte de guitare usitée en Italie au Xixe siècle. C’est l’origine du colachon. Primitivement le colissoncini n’avait que deux cordes ; on en ajouta plus tard quatre autres, et le manche fut considérablement allongé. CXMPANA. Selon Strabon, on donnait ce nom à une grande cloche plus grosse que celle qui servait habituellement pour donner les signaux. CAMPANE. CAMPANELLE. Cloche ou clochette. Au Moyen Age, on désignait, par ce mot, les cloches de toutes dimensions. Dans le harnais du cheval, c’était le gros grelot attaché sur la croupe ; la campanelle de faucon, ou petit grelot, se fixait aux pattes de cet oiseau. ÇANKHA. Cor des Indiens. CANNA D’ORGANO. Mot employé pour désigner les tuyaux d’orgue. CANNE-CLARINETTE. Instrument à cinq clefs. On en voit un, spécimen au Musée des Instruments de musique du Conservatoire de Paris : CANNE-COR D’HARMONIE. Cor d’harmonie ayant la forme d’une canne. Les tubes droits sont soudés les uns contre les autres ; à l’extrémité supérieure, s’adapte une embouchure et au bas se visse. à volonté, un pavillon. Cet instrument curieux est en mi majeur, et se voit au Musée du Conservatoire de musique de Paris. CANNE-ÉTUI. Canne renfermant un archet. Cette fantaisie d’un amateur se voit au Musée du Conservatoire de musique de Paris et provient de la collection du docteur Fau. CANNE-FLAGEOLET. Flageolet percé de six trous, dont quatre sur le devant et deux derrière. Cet instrument sert de canne, à volonté, et se voit au Musée du Conservatoire de musique de Paris. CANNE-FLUTE. Ainsi que le nom l’indique, c’était un bâton creux percé de six trous, muni d’une clef, d’une ouverture pour l’embouchure et de deux viroles, qui se plaçaient à chaque extrémité du bâton pour en faire une canne. CANNE-FLUTE A BEC. Au XVIIIe siècle, on fit des cannes de ce genre. Elles avaient sept trous ouverts et un bouché par une clef. Habituellement le manche de la canne était orné de sculptures. CANNE-POCHETTE. Canne dont la pomme d’ivoire se dévissait et contenait dans sa partie supérieure, une pochette pour les maîtres de danse la deuxième partie de la canne renfermait l’archet. Une canne-pochette de ce genre est au Musée des Instruments de musique de Paris et provient de la collection Clapisson. CANNE-PUPITRE DE MUSIQUE. Cette canne - pupitre a été inventée par Boulanger, de Saint-Étienne, sous Louis XVI ; on peut la voir au Musée des Instruments du Conservatoire de musique de Paris. Le pupitre est en fer damasquiné d’or avec des ornements entremêlés de fleurs de lys. CANNE-TROMPETTE. J.-B. Du Pont imagina de faire une canne - trompette vers le milieu du XIXe siècle, L’essai fut bientôt abandonné et cet instrument a pris place parmi les instruments curieux du Musée du Conservatoire de Paris. CANO. Mot employé par les Romains pour désigner l’action de chanter ou de sonner d’un instrument. CANON. Genre de monocorde dont on se servait autrefois dans les écoles pour l’enseignement de la musique vocale. CAPISTRUM. Bande de cuir ou mentonnière, munie d’une ouverture pour la bouche et employée chez les Romains par les joueurs de double flûtes ; ceux-ci portaient des lanières sur les joues afin de presser l’air contenu dans la bouche, facilitant ainsi l’usage des deux doubles tubes de cette sorte d’instrument. On l’appelait, aussi phorbeïa (Voyez ce mot). CAPODASTRE ou CAPODASTRO ou CAPO-TASTO. Sorte de chevalet se plaçant dans l’espace compris entre les cases de la guitare et s’y fixant au moyen d’un pas de vis servant ainsi à faciliter la transposition ; dans ce cas, l’exécutant compte comme première case, celle qui sera immédiatement placée au-dessus du capodastre. CARILLON. Jeu de cloches en usage dans les clochers des anciennes églises où dans les beffrois des hôtels de ville. Ceux d’Alost (Belgique) et plusieurs autres du nord de la France sont justement célèbres. Des documents anciens indiquent des sonneries en carillon en France, dès le XIVe siècle, peut-être même au XIIIe siècle. Les carillons sont d’origine chinoise. Il ne faut pas confondre cet instrument avec l’harmonica (Voyez ce mot). CARNIX. Cornet usité chez les anciens Grecs. CASSI-FLUTE. Genre d’orgue dont l’invention est due à Cassi-Méloni, qui habitait Paris, en 1857. CASTAGNETTES. Instrument à percussion, ainsi nommé parce qu’il ressemble à deux châtaignes évidées, appelées castanea. On l’employait surtout chez les Maures, les Espagnols et les Bohémiens Ce sont deux petites pièces de bois ou d’ivoire. creusées au centre et maintenues aux mains par un petit cordonnet. On agite les deux. pièces l’une contre l’autre par des mouvements saccadés des mains. C’est surtout pour la danse qu’on l’emploie principalement en Espagne. Il y a aussi des castagnettes à manche., qui sont d’un maniement plus facile et exigent une moins grande habileté de l’exécutant. Au XVIe siècle, on se servait déjà de castagnettes à manche. J. Heugel a publié, d’après le système de Sala, une méthode de castagnettes modernes. CASTAGNETTES DES TURCS. Elles diffèrent des autres castagnettes en ce qu’elles sont formées de deux petites planchettes réunies par une charnière ; on les tient dans le creux de la main. CATASTORNE. Nom du bec ou de l’embouchure de la flûte chez les Grecs. CATENA. Nom italien de la barre d’harmonie (Voyez ce mot). CAYPLIA. Guitare indienne. CÉCILIUM. Instrument à anches libres, inventé, vers 1866, par M. Quantin de Crousard. Le Cécillum a la forme assez semblable à celle du violoncelle ; il a cinq octaves et ressemble aussi au Mélophone. L’exécutant fait manœuvrer un soufflet de la main droite. CEINTURE INDIENNE. Ceinture formée de petites cliquettes de cuivre, servant pour la danse chez les peuples de l’Inde. CÉLESTE. Nom donné à la pédale douce du piano ; c’est une pièce horizontale en bois, garnie de bandes de feutre s’abaissant entre les marteaux et les cordes et donnant un son adouci que l’on a appelé céleste. CELESTINO. Instrument à cordes et à roue ; cette roue était mise en mouvement par le pied. Walker inventa le Célestino en 1784. CEMBALO. Mot italien désignant le piano ou le clavecin. CERCEAU. Instrument en bronze usité par les Grecs et les Romains. On l’agitait en l’air et on le frappait avec une baguette de fer. CERODETOS. Nom donné quelquefois à la flûte de Pan ; les tubes de cet instrument étant assemblés avec de la cire, de là le mot Cero. CERVELAS. Instrument usité au XVIIe siècle, et qui a la forme d’un barillet. C’était la contrebasse du hautbois. Il se composait d’un morceau de bois cylindrique recouvert, comme le basson, de cuir bouilli. Quelques-uns étaient garnis de trois clefs et de six trous. CETERA. Nom italien du Cistre (Voyez, ce mot). CHABBABEH. Flageolet persan, percé de six trous sur le devant et d’un septième placé du côté opposé. La longueur totale de l’instrument, en y comprenant le bec, est de 0m,31 centimètres. CHALIL. Flûte des Hébreux. CHALUMEAU ou CHALÉMIE. Tube à anche battante, de roseau ou de métal, recouvert d’un barillet, surmonté en dessus par un petit tuyau servant à y placer l’anche ; ce tube avait dix trous. On appela cet instrument, au moyen-âge : chalémie, chalemelle ; calamus chez les Gaulois c’est la flûte simple des Grecs qui lui a donné naissance. La chalémie a quelquefois son extrémité renflée en forme de botte, elle formait le dessus de la bombarde et était d’un diapason plus élevé - sans clef. elle était percée de six trous ; la chalémie-bombarde en avait jusqu’à neuf. Le chalumeau est un instrument champêtre par excellence c’est surtout une sorte de sifflet placé sur la cornemuse ou sur la musette ; c’est aussi un instrument à vent fabriqué avec une écorce d’arbre ; on donne souvent ce nom aux sons graves de la clarinette. Le chalumeau allemand a complètement disparu. CHALUMEAU ITALIEN. Instrument en si bémol, fait d’une corne d’élan et percé clé sept trous, usitée au XVIIIe siècle, en Italie. CHALUMEAU RUSSE. Hautbois rustique à cinq trous devant et un derrière. Les paysans russes l’appellent Ragiok. CHANG-KATI. Petit cong siamois ; c’est une sorte de tam-tam. CHANGUION. Sorte de phylharmonica ou instrument à anches libres, inventé vers 1846, à Paris. CHANTERELLE. La première corde du violon. C’est aussi la plus mince. On l’appelle chanterelle parce qu’elle a presque toujours la partie chantante dans un morceau. Elle correspond au mi, entre la quatrième et la cinquième ligne de la clef de sol. CHA-PAN. Castagnettes chinoises, appelées aussi schakobioschi. C’est un instrument très grossier, en bois, à l’usage des mendiants chinois. M. Gustave Chouquet croit que ces castagnettes primitives dérivent du tchoung-tou, décrit par le P. Amiot dans son intéressant mémoire. CHAPEAU-CHINOIS. Instrument à percussion en cuivre, inventé par les Chinois. En anglais et en allemand on le nomme Halbmond ; on l’appelle aussi, en français, pavillon chinois. Le chapeau proprement dit, a la forme du toit d’une petite pagode, les grelots et les sonnettes sont suspendus au bord et à l’extrémité de différentes tiges de métal. Ce qui lui fait donner le nom de Halbmond ou demi-lune c’est qu’au-dessous du chapeau se trouve aussi un croissant ou demi-lune garnie de sonnettes. Le tout est supporté par un bâton tenu et agité en mesure, de bas en haut, par l’exécutant. On s’en sert dans les musiques d’Orient. et il fut en usage dans celles de France pendant un certain temps ; il ne figure plus dans notre pays que parmi les instruments de musées ou dans les collections d’amateurs de musique. Au moyen-âge, on l’appelait tymbe-cembel, et, dès le XIIe siècle, Bombulum. CHATSOTSROTH ou CHATZOTZEROTH. Trompette juive. On en voit un spécimen à Rome, sur l’arc de Titus ; la forme en était allongée. - Suivant la tradition, Moïse en aurait fait faire. de deux sortes : l’une, servait à appeler le peuple à délibérer, l’autre était réservée aux chefs seuls. Lorsque les deux instruments se faisaient entendre simultanément, les Assemblées étaient publiques. CHAUDRON. Demi sphère de cuivre sur laquelle se tendent les peaux des timbales. CHAUKLICA-VINA ou SHOVOKTICA. Sorte de Kacchapi-Vina. Instrument indien, ayant pour caisse sonore une coquille de nacre de 0m,10 de large. - La longueur totale du Chauktica est de 1m,2 centimètres. CHAURARES. Castagnettes anciennes du Mexique. CHAYNA. Grande flûte en roseau, à cinq trous et munie d’une ouverture longitudinale sur le côté qui produit un son traîné ou un port de voix. Elle est employée au Mexique ; son timbre est mélancolique. On, appelle dette flûte Quena, au Pérou. CHÊ. Instrument à cordes chinois, dont la caisse est en bois de mûrier. Il y en a de quatre grandeurs différentes ; tous sont montés de vingt-cinq cordes, donnant les demi-tons contenus dans deux octaves. Les cordes sont placées sur des chevalets qui se transportent à volonté, de distance en distance. CHEIPOUR. Trompette arabe, ayant soixante-quinze centimètres de longueur, se composant d’un tube de cuivre, terminé d’un côté par une embouchure et de l’autre par un pavillon. CHELYS. Variété de lyre des Hébreux, dont il est parlé dans la Bible. CHENG ou CENG. Principal instrument de musique des Chinois. Ce sont 17 bambous évidés de différentes grandeurs qui sont adaptés à la partie large et inférieure d’une calebasse à laquelle un autre bambou recourbé en forme de bec, sert de tube insufflateur. Souvent ce tube est remplacé par un renflement allongé de la basse qui sert ainsi de tube d’embouchure. L’embouchure est en bois. Sur les dix-sept tuyaux, treize sont seulement munis d’anches libres à leur base, les quatre autres ne font que donner une forme symétrique à l’instrument. Le P. Amiot assure qu’on appela d’abord cet orgue portatif, Yu, puis Tchao, Ho et Cheng, selon le plus ou moins grand nombre de tuyaux dont ils étaient composés. Le cheng se nomme cho au Japon. CHÉORETTE. Sorte de hautbois pastoral en usage en France, sous Charles VI. CHEVALET. En allemand, Sattel ; anglais, Bridge ; italien, Ponticello ou cavaletto. Support mince en érable, servant à soutenir les cordes du violon, de l’alto, du violoncelle ou de la contre basse, et à en communiquer le son à la table d’harmonie. Le rôle du chevalet est très important ; ses pieds doivent joindre parfaitement sur la table d’harmonie. Il doit être assez fort pour ne pas céder à la pression des cordes et, cependant, ne pas être trop épais pour empêcher les vibrations. CHEVILLE. En italien, Bischero ; en allemand, Schraube ; en anglais, Peg. Pièce de bois d’ébène, de buis, de palissandre, de métal ou d’ivoire, placée dans un des trous du manche et percée d’une faible ouverture servant à passer les cordes et à les tendre au ton voulu. CHEVRETTE. Nom donné à la musette, au moyen âge. Instrument à réservoir d’air, formé d’une outre de peau de chèvre, s’alimentant en soufflant dans une sorte de pipe, et d’un chalumeau à anche battante, garni de trous. C’est la cornemuse primitive des Romains, dont parle le poète Martial (Epigr. 3, 1, 10). Elle n’a pas de bourdon comme la cornemuse et ne possède pas de soufflet comme la musette française. CHIFONIE. Appelée aussi Cifonie, Symphonie, Chymphonie. Plusieurs auteurs confondent cet instrument avec la cornemuse ou avec le tympanon, c’est-à-dire un corps long et étroit, en bois creux, garni soit d’une tablette de bois sec et très mince soit d’une peau sur la surface desquelles sont tendues une ou plusieurs cordes que, l’on racle avec une petite verge de bois ; d’autres le confondent avec le gros tambour du Moyen Age, appelé Bedon. Il est évident que la Chifonie du moyen âge est simplement la Vielle ou Rote, en usage, en France, depuis le XIIe siècle. (Voyez vielle). C’était, à cette époque l’instrument des truands, par excellence ; mais, sous Henri III, sous Louis XIV et surtout au XVIIIe siècle, il jouit d’une grande faveur et fut admis à la cour. CHIKARA. Instrument indien de Bénarès, du même genre que la vina. Il est formé d’une très grande courge de 0m,26 centimètres de diamètre et dont la partie supérieure est sculptée. La table d’harmonie est, légèrement bombée ; elle est faite d’un bois un peu ondé et verni ; la courbe extérieure est garnie d’un large filet d’ivoire. Le manche arrondi au dos, s’emboîte dans le corps et porte une largeur de 0m,07 centimètres dans sa partie supérieure ; la longueur de ce manche, de l’emboîture à l’extrémité est de 0m,77 centimètres. Le manche est creux afin que l’air s’introduise par le haut et entre en communication avec les vibrations de la table ; celle-ci n’ayant pas d’ouïes. La chikâra a cinq cordes, la cinquième en dehors du manche et se pinçant à vide. Douze cases garnissent le manche. Une autre variété de chikara a trois, et quatre cordes, dont la quatrième placée en dehors du manche, possède un chevalet plus élevé, mais cet instrument se joue avec un archet. CHILCHILES. Crotales employées autrefois au- Mexique. CHIRIMIA. Flageolet en terre cuite, de l’Amérique centrale ; ayant à peu près vingt centimètres de long et percé de quatre trous seulement. Les Aztèques le nomme Uilacapitztli. CHIROGYMNASTE ou CHIROPLASTE. Petit appareil peut la gymnastique des doigts servant à les délier, à leur donner de la souplesse et de l’agilité à l’aide de neuf systèmes différents. Le chiroplaste a été inventé par Latour et par Casimir Martin, en 1841. CHITARRINO. Petite guitare usitée souvent par le peuple, en Italie, au XVIIe siècle ; elle avait quatre et six cordes. CHITARRONE. Nom italien de la grande guitare, se rapprochant, par sa forme, du luth, mais n’étant montée que de deux cordes doubles. C’est principalement au XVIIe et au XVIIIe siècles que le chitarrone était employé. Le P. Mersenne assure que le chitarrone ou guiterron avait le fond plat comme le cistre. CHITERNA. Guitare italienne, plate comme la Pandore, à quatre ou cinq rangs de cordes. (Voyez Guiterne.) CHNOUÉ ou DJONOUÉ. Instrument à vent des anciens Égyptiens ; on suppose que ce devait être une trompette recourbée. CHO. Nom du cheng ou orgue portatif au Japon (Voyez Ce mot). CHORAULES ou CHORAULA. Musicien qui accompagnait le chœur sur le théâtre grec, avec la double flûte ; c’était le contraire de l’Aulœdus, qui n’exécutait que des solos. CHORDAULODION. C’est le nom que Jean et Fred. Kaufmann, de Dresde, donnèrent à l’harmonicorde qu’ils inventèrent, et qu’ils firent entendre, en 1816, à Paris et à Londres. CHOREA. Ronde chantée des Grecs et des Romains ; elle s’exécutait en se tenant par les mains. CHORIQUES. Flûtes grecques pour le chant des dithyrambes. CHORO ou CHORUM. Ce nom a été donné à deux instruments de musique différents. Au IXe siècle, on appelait choro une sorte de cithare à trois et à quatre cordes, dans le genre de la lyre dépourvue de table d’harmonie et ayant la forme de la lettre majuscule D. A la même époque, on désignait également ainsi un instrument composé d’une peau reliée à deux tubes d’airain. Le premier sert de tube d’embouchure et le deuxième, en dessous, est garni de trous et terminé par un pavillon. Un instrument de ce genre existe dans les sculptures de l’église Saint-Martin, de Pont-à-Mousson ; je l’ai reproduit dans la Musique en Lorraine (page 161, fig. 9). La partie formée d’une peau d’animal est sphérique ; quelquefois même, cette peau était entourée d’une enveloppe d’airain avec un petit intervalle entre les deux tubulures, de sorte que la peau, en vibrant, donnait une sonorité particulière, selon qu’on soufflait plus ou moins fort. CHOROBENITE. Instrument à vent, sorte de trompe, en usage en France sous Charles VI. Eustache Deschamps en fait mention. CHORON. Instrument à cordes, usité, dit-on, en France vers le milieu du XVe siècle ? On n’a pas de détail sur sa construction ni sur le nombre de cordes dont il était monté. CHORUS. Ce nom a été appliqué à différents instruments, à des époques très éloignées les unes des autres. Ce fut d’abord le nom de la cornemuse romaine, formée d’une peau et de deux tuyaux d’airain. On appela ainsi, au Moyen Âge, une sorte d’instrument à cordes, et un tympanon de très petit modèle, enfin, un autre instrument à vent et à bocal, se divisant en deux branches au-dessous de l’embouchure et se rejoignant après avoir formé une anse près du pavillon. CROUO-PI. Petit tambour chinois, suspendu à une corde et se plaçant sur le côté de la grosse caisse, nommée Huien-Kou. CHRONOMÈTRE. Sorte de monocorde, résonnant à l’aide d’un clavier inventé, en 1827 par Baller, facteur de pianos, à Paris. Cet appareil servait à apprendre l’accord des pianos. CHRONOMÈTRE MUSICAL. Barja, professeur de mathématiques de Berlin, imagina, en 1797, un instrument destiné à mesurer le temps et le son. CHRONOMOME. En l842, Le Bihan imagina cet appareil servant à lire la musique. CHROTTA. Instrument primitif à archet, usité dès les temps anciens dans la Grande-Bretagne ; les Anglais le nommaient crouth (crwth) (Voyez ce mot). CHYMBALE. C’est le nom de la cymbale, au moyen âge (voyez ce mot). CIMBALES (Voyez CYMBALES). CIMBALO. Ancien instrument à cordes, inventé en 1650, par le Florentin François Migelli. On l’appelle aussi Protée. CINÆDUS. Maître de danse grec ou romain. CIONAR-CRUIT ou CROITH. Petite harpe irlandaise à dix cordes, se pinçant avec une plume, et servant aux femmes et aux prêtres pour accompagner le chant. CISTRE, CITRE, CITHRE. Sorte de luth à fond plat et à table ovoïde ou piriforme. Cet instrument ne date que du XVIe siècle. On l’appelait aussi cithre ou cittre, par corruption du mot cithare ; c’est, en réalité, une variété de la citole. Un exemplaire de cistre anglais, du XVIIIe siècle, se voit sous le no 185 au Musée du Conservatoire de musique de Paris. On le jouait avec une plume. Le cistre a une forme particulière, dit M. Gustave Chouquet, dans le catalogue du Musée du Conservatoire national de musique (page 36).. « La largeur de ses éclisses va toujours en diminuant depuis la partie du fond à laquelle s’adapte le manche divisé en dix-huit touches, jusqu’à l’autre extrémité où s’attache le cordier. Les cordes sont généralement en laiton et se pincent avec un petit bout de plume, comme celles de la mandore et de la mandoline. Le nombre en a varié on en mettait d’ordinaire quatre rangs aux cistres français et trois de ces rangs avaient chacun trois cordes à unisson, tandis que l’autre rang n’en avait que deux. Ces quatre chœurs de cordes s’accordaient ainsi : ré (clef de sol, deuxième, ligne), qui était la chanterelle ut, sol, la. Les Italiens mettaient le plus souvent six doubles cordes à leurs cistres ; quelquefois aussi ils montaient cet instrument de neuf ou dix rangs de cordes doubles, Voici, (d’après le- P. Mersenne, l’accord du cistre à six rang de cordes : la (clef d’ut, deuxième ligne) sol,- ut mi fa, ré. L’instrument avait toujours une étendue de trois octaves. La largeur des éclisses allait en diminuant depuis le manche, partagé en dix-huit cases, jusqu’au bas de l’instrument. On peut voir au Musée du Conservatoire de Paris, des cistres fort curieux, catalogués aux numéros 250 à 261. CISTRE A CLAVIER. Instrument bâtard du milieu du XVIIIe siècle, imaginé en Angleterre et en Allemagne. Au dessus des cordes se trouvait un clavier de six touches. CISTRE-THÉORBE. Instruments à cordes du XVIIIe siècle. à fond plat, ayant deux chevillers, l’un de onze et l’autre de cinq chevilles. CITHARA. Instrument à cordes ressemblant, par la forme, au cou et à la poitrine de l’homme (Isidor, Orig. II, 3, 22) et correspondant à la guitare italienne : Chitarra ; nous croyons que le mot chitarra (poitrine) venait de ce que cet instrument était appuyé sur cette partie du corps. CITHARE (ancienne). Lyre grecque, Cithara, s’appuyant sur la poitrine et se jouant avec les deux mains, tandis que la lyre ne se jouait que d’une main ; la cithare a, de plus, un tire-cordes en forme de boite sonore pour renforcer le son ; elle a cinq, six et jusqu’à sept cordes. Au VIIe siècle, différents auteurs confondirent la cithare alors en usage avec la rote ou avec le psaltérion avant la forme du delta grec. A cette époque Isidore de Séville assure que la seule différence existait dans le corps sonore qui se trouvait au pied des cordes dans la cithare. A vrai dire, la cithare n’était qu’un jeu de cordes placées sur un châssis avec ou sans corps sonore ; tandis que le psaltérion possédait des cordes métalliques placées sur une table creuse, percée souvent d’ouïes. La cithare était touchée par le plectum ou simplement pincée par les doigts. Il ne faut pas la confondre avec la cithare moderne (Voyez ce mot).
JOUEUSES DE CITHARE Bas relief de L. della Robbia, à Florence (Xve Siècle)
CITHARE A ARCHET. Grande Cithare usitée de nos jours en Autriche et connue sous le nom de Streich-Cither. D’une main on passe l’archet sur les cordes qui sont supportées par un chevalet, et de la main gauche on appuie sur les cases de l’instrument. CITHARE MODERNE ou CITHARE HORIZONTALE. Instrument horizontal avec table d’harmonie arrondie à deux de ses coins. Les Allemands et les Anglais, l’appellent Cither. Une ouverture circulaire laisse échapper le son qui est produit par trente à trente deux cordes, dont quatre, placée, sur la touche, servent pour la mélodie, et les autres pour l’accompagnement. Des cases métalliques sont disposées sur la table d’harmonie de demi-tons en demi-tons. Les doigts de la main gauche appuient sur l’espace existant entre ces cases, tandis que le pouce de la main droite, armé d’une bague à pointe, effleure les cordes. Les Autrichiens la nomment Schlagzither ; dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, on en modifia la construction. CITHARE A CLAVIER. (Voyez Clavicitherium). CITHARE. ALLEMANDE. Sorte. de cithare, ressemblent à la Pandure, en usage, en Allemagne, au XVIIe siècle,. Cet instrument était monté de dix cordes métalliques. CITHARISTE. Celui qui joue de la Cithara ou guitare ; cet instrument se tenait sur le bras et sur une partie de la poitrine ; on le portait encore en bandoulière ; dans ce cas, on se servait souvent du plectre. CITHARISTRIA. Musicienne qui, chez les Grecs, jouait de la cithare ou guitare. CITHARISTRIES. Flûtes grecques qui accompagnaient les cithares. CITHARŒDA. Femme chantant, chez les Grecs, en s’accompagnant sur la cithare. CITHARŒDUS. Musicien qui, chez les Grecs, chantait en s’accompagnant de la cithare. CITHER. Nom du cistre anglais (Voyez cistre). CITOLE on CITHOLLE. Instrument à cordes pincées, diminutif de la Cithare et du Cistre du Moyen Âge. La citole avait cependant une assez grande ressemblance avec la Guiterne ; mais son corps, très allongé, avait un manche fort court, le son était doux et les cordes pincées avec le plectre servaient bien à accompagner le chant. Au XIIIe siècle, les luthiers se nommaient Citoleurs. CITRE. Nom donné autrefois à la Cithare dans certains cas (Voyez ce mot). CLAIR-ACCORD. Instrument à lames et à vent construit en 1855 par Gavioli, de Paris. CLAIRON. Cet instrument, essentiellement militaire, a eu aussi les dénominations suivantes : Clairin, Clarion, Clario, Clara. Claronceau, Claironceau, Clairains, Clareta, Cornix, Cornu. Claro, Classica. C’était, au Moyen Âge, une sorte de trompette, d’un diapason plus élevé que la trompette ordinaire ; le tube était droit et le son strident., Les claire ns de Nuremberg, justement renommés, avaient, jusqu’au XVIIIe siècle, les deux courbes rapportées et réunies au corps de l’instrument par quatre viroles torses et gravées. Le clairon actuel, sorte de bugle sans clef, n’existe que depuis 1823 ; Il est en si bémol. MM. Courtois, frères, en fournirent le modèle. Il donne cinq notes facilement. On désigne aussi sous ce nom, un jeu d’orgue rappelant un eu son timbre éclatant. CLAIRON-BASSE. Clairon gros modèle, sans piston, en si bémol, qui se voit au musée du Conservatoire de musique de Paris, sous le numéro 591. CLAIRON CHROMATIQUE. Instrument de musique moderne à pistons, de six différentes dimensions : le soprano, le contre-alto, l’alto, le baryton, la basse et la contrebasse. Il ne faut pas confondre cet instrument avec le clairon sans pistons, usité dans l’infanterie, et inventé en 1823. CLAIRON MÈTALLIQUE. Instrument imaginé par Aste, dit Hallary, en 1817 ; c’était une sorte de clarinette en cuivre. CLAIRON SCOLAIRE. Petit clairon moderne, intermédiaire entre celui de la troupe et celui des postillons, employé dans les nouveaux bataillons scolaires. Cet instrument est en si bémol. CLAQUEBOIS. Instrument de percussion, composé de dix-sept bâtons de différentes grandeurs, placés en gradation ; ces bâtons sont fixés, au-dessus d’une boite, carrée, par des fils et séparés par des petites boules percées, en bois, et ont chacun une fourche et un mécanisme semblable au clavecin et à l’épinette. Il fut longtemps en usage chez les Flamands. On l’appela aussi : Patouille, Xilophone, Régale et Echelettes. Deux petits marteaux de bois servent à frapper le claquebois. Les Italiens l’appellent Tricca-ballacca. CLAQUETTE. Instrument imitant le fouet des postillons. (Voyez Fouet). CLARABELLA. Sorte de jeu d’orgues. CLARAIN ou CLARIN. Sonnette ou grelot suspendu au cou des animaux de pâtures. Ce nom est mentionné. dès le XIVe siècle, dans les chroniques de saint Denis (T. 1. p. 267-8). CLARIN. Instrument péruvien, formé de roseaux assemblés, de la longueur de lm,50 cent., dont l’extrémité est masquée par une gourde donnant la libre circulation de l’air , il produit les notes : ré, mi, sol et fa. CLARINETTE OMNITONIQUE. Clarinette inventée par Sax. CLARINETTE. En anglais : Clarionet ; allemand : Clarinette ; italien : Chiarina. En perfectionnant le chalumeau et en le combinant avec la bombarde, Jean-Christophe Denner, facteur d’instruments à vent, à Nuremberg, fit, vers 1690, la clarinette. Dans le principe, elle n’avait qu’une étendue de trois octaves et d’une sixte. Lefebvre y ajouta la sixième clef, et, en 1811, Ivan Muller la compléta en y plaçant sept autres clefs. Elle ne fut introduite dans les orchestres que vers le milieu du XVIIIe siècle. Il y a quatre principales sortes de clarinettes, en ut, en si bémol, en mi bémol et en la. Celle en ut est brillante, mais d’un son vulgaire ; celle en si est employée pour les morceaux armés de bémols ; celle en mi est d’un timbre plus aigu et, enfin, celle en la, d’un timbre doux, convient aux morceaux diésés. Sur la fin du règne de Louis XV. plusieurs régiments français les admirent dans leurs musiques. Au théâtre, de nos jours, on se sert quelquefois de la clarinette en fa et de la clarinette -basse (voyez ce mot). Les clarinettes sont en buis, en ébène ou en grenadille, Il y a des clarinettes de six à treize clés, puis viennent les clarinettes Bœhm, à anneaux, qui sont recherchées par tous les amateurs et artistes sérieux. Les principaux clarinettistes furent : Fuchs, Lefebvre, Beer, Klosé. On a fait des clarinettes en ivoire, en faïence et en cuivre. CLARINETTIE-ALTO. Instrument à vent et à anche battante, d’une quinte au-dessous des clarinettes ut et si bémol. C’est le cor de basset, terminé par un pavillon de cuivre et muni de sept clefs. Buhner et Keller, de Strasbourg, fabriquèrent beaucoup de ces instruments. On croit qu’il fut inventé à Passau, vers 1770. CLARINETTE-BASSE. Instrument à vent et à anche, à l’octave de la clarinette en si bémol. Le bec est recourbé et les tubes garnis de onze clefs. Les sons de la clarinette basse sont très beaux et font beaucoup d’effet dans certains morceaux symphoniques. Sax l’inventa en 1838. CLARINETTE-COURBE. Essai de clarinettes fait eu Allemagne vers la fin du XVIIIe siècle. Cet instrument était muni de six clefs. CLARINETTE D’AMOUR. Instrument à anche battante, à cinq et à sept clefs, sonnant une tierce plus bas que la, clarinette ordinaire. Le tube, très tong, est recourbé. Un spécimen curieux se voyait à l’exposition universelle de 1878, à Paris, dans la section belge ; cet instrument était du XVIIIe siècle et fait par P. Piana, à Milan. Un autre peut se voir au Musée du Conservatoire de musique de Paris, sous les numéros 543-544. Cette clarinette est en la bémol. CLARJON. Genre de hautbois à deux clefs, usité en Italie, au XVIIe siècle. CLARONCEAU. Voyez CLAIRON CLARSEACH. Harpe irlandaise de la plus grande dimension ; c’est aussi la plus ancienne harpe de ce pays. CLASSICUM-CLASSICI. Signal donné, avec la trompette chez les Romains ; peu à peu cette dénomination devint celle de l’instrument. Les Classici étaient ceux qui sonnaient du cor pour appeler les classes à Rome aux Comitia, au son du Classicum, du Lituus ou du Cornu. CLAVECIN. Instrument à corde et à clavier, qui avait trois octaves au XVe siècle, quatre et six octaves au XVIe et au XVIIe siècle, et qui fut surtout amélioré au XVIIIe siècle. Le Père Bonnani dit que Douni, dans son Livre sur la musique (page 4), assure que le Clavecin fut inventé par un certain Nicolas Vicentini, qui vivait du temps du cardinal Hippolyte d’Este, son protecteur, l’an 1492, sous le pontificat d’Alexandre VI. Les cordes du clavecin avaient la même disposition que celles du piano à queue. Les notes blanches du clavier correspondaient au mode lydien grec. Le mécanisme de cet instrument consistait en une tige attachée verticalement au bout de chaque touche et portant à l’extrémité supérieure une languette à bascule terminée par une pointe de plume de corbeau. En abaissant la touche, la corde était pressée et la pointe de la plume la faisait résonner en s’échappant comme un ressort. Dom Bedos, le fameux facteur d’orgues du XVIIIe siècle, affirme que les cinq touches noires n’ont été ajoutées qu’au commencement du XIVe siècle. Dans l’Orféo de Montéverde, en 1607, deux clavecins soutenaient les récitatifs, et depuis ce moment tous les orchestres en étaient munis. Hans Ruckers, d’Anvers, fut le plus célèbre facteur de clavecins du XVIe siècle, et, avant lui, on ne connaît pas de clavecinistes solistes. Ce facteur avait d’abord été menuisier, mais il quitta ce métier pour s’adonner complètement à celui de facteur de clavecins. Cet instrument n’était pas assez perfectionné pour servir de clavecin solo ; mais lorsque Ruckers eut ajouté un troisième rang de cordes correspondant à un deuxième clavier et qui était accordé à l’octave au-dessus des deux autres le son fut dès lors beaucoup plus soutenu. Les cordes étaient au nombre de cent. Ruckers eut deux fils : Jean et André, qui excellèrent aussi dans la fabrication de cet instrument. Le Clavecin vertical est de l’invention du florentin Rigoli, qui, vers 1620, garnit de drap les sautereaux, afin d’en rendre le son plus doux. À la même époque, le français Richart, remplaçait les plumes de corbeau par de petites bandes de drap. Farini imaginait aussi démonter les clavecins avec des cordes de boyau ; cet essai fut bientôt abandonné. Vers la fin du XVIIIe siècle, trois inventeurs produisirent en même temps une amélioration qui décida de l’avenir du clavecin, consistant à substituer des marteaux aux sautereaux ; ce furent Critofori, à Florence, en 1711 ; Marius, à Paris, en 1716 et Schrœder, en Allemagne, en 1717. Enfin, en 1768, Sébastien Erard, l’homme de génie dont il est tant parlé quand il s’agit de la construction du Piano (Voir ce mot), vint, de Strasbourg où il était né en 1752, à Paris. Il commença sa réputation par un clavecin mécanique, construit spécialement pour le cabinet de curiosité de M. de la Blancherie les dispositions de cet instrument méritent d’être citées ici, et produisirent à cet époque la plus vive sensation dans le monde musical de la capitale. Ce Clavecin était remarquable par plusieurs inventions : on y trouvait trois registres de plume et un de buffle ; une pédale y faisait jouer un chevalet mobile qui, s’interposait sur les cordes à la moitié de leur longueur, les montait tout à coup d’une octave ; invention qu’un facteur de Paris, nommé Schmidt, a renouvelée dans le piano à l’Exposition des produits de l’industrie, en 1806, c’est-à-dire trente ans après qu’Erard l’eut trouvée. En appuyant par degrés le pied sur une pédale attachée au côté gauche du clavecin, on retirait le registre de l’octave aiguë, celui du petit clavier, celui du grand clavier, et l’on faisait avancer le registre de buffle. En diminuant la pression du pied sur la pédale, on avançait le registre de l’octave aiguë, celui du petit clavier, et l’on retirait le jeu de buffle. Enfin, lorsqu’on voulait faire parler à la fois tous les jeux, on se servait d’une pédale attachée au pied droit du clavecin, sans être obligé d’attirer le petit clavier au-dessus du grand, et conséquemment sans interrompre l’exécution, comme cela se faisait aux autres clavecins. Le clavecin est composé d’une caisse et d’une table d’harmonie sur laquelle des cordes sont tendues. Une barre règle l’élévation des sautereaux et, par contre, le degré d’abaissement du clavier ; cette barre est étroite et de bois de tilleul ; le dessous est garni de drap, pour empêcher d’entendre le bruit des sautereaux. Le gabarit du clavecin est tout entier en sapin ou en tilleul, excepté les deux chevalets du diapason et ceux situés près des leviers, qui sont en- chêne ; le chevalet de l’octave étant plus bas et, plus rapproché des leviers que l’autre. Le sommier est aussi en bois dur et se trouve fixé très solidement, afin de résister à la tension des cordes. Les sautereaux sont en poirier. Les cordes résonnent à l’aide des petits becs de plume de corbeau dont il est parlé plus haut. Les registres et les guides intérieurs sont en tilleul et ces mêmes registres sont garnis de peau. On peut dire généralement que Mozart et Haydn furent encore, des clavecinistes, mais qu’avec Beethoven commence le règne du piano. CLAVECIN A ARCHET. Clavecin muni de cordes de boyau attaquées par un archet fonctionnant à l’aide d’une roue (voyez CLAVECIN A ROUE). C’est le mécanicien berlinois Johann Hohfeld (1751), qui l’inventa- on l’appelait Bogen-clavier. CLAVECIN A DEUX CLAVIERS. Cet instrument appelé aussi Clavecin double, existait déjà en 1590 ; Hans Ruckers, d’Anvers, en fut l’inventeur. On en voit un au musée du Conservatoire national de musique, à Paris, sous le numéro 221. Les clavecins avaient de quatre à cinq octaves. CLAVECIN A GRAND RAVALEMENT. On appelait ainsi les clavecins de la fin du XVIIIe siècle ; ils avaient soixante et une touches au lieu de cinquante que Ruckers leur avait donné dans les siens. Ils étaient montés de cent quatre vingt trois cordes au lieu de cent, et on y ajoutait encore un grand unisson au moyen duquel l’harmonie était plus forte. On lit, autrefois les touches de clavier en os de bœuf , préférant cette matière à l’ivoire, qui a, il est vrai, le défaut de jaunir avec le temps. Actuellement, pour le piano et l’orgue, on est revenu à l’emploi de l’ivoire, en utilisant de préférence l’ivoire vert. c’est-à-dire celui qui n’est pas trouvé sur des animaux morts depuis des siècles. CLAVECIN A MAILLETS. On nommait ainsi, au début, les clavecins munis, de marteaux, qui furent inventés vers 1765, par Silbermann, à Freyberg (Saxe). CLAVECIN A MARTEAUX. C’est le forte-piano, inventé, vers 1765. par Silbermann, à Freyberg (Saxe). Cependant, en 1754, un facteur de Catane, en Cicile, inventa un clavecin de ce genre qu’il nomma ainsi, mais qui était encore muni de sautereaux. CLAVECIN A ORCHESTRE. Clavecin auquel on avait adapté une mousqueterie, tambourin, triangle, sonnettes, cymbales, un registre de flûte, muni d’un clavier spécial, un tambour et un fifre, une imitation de cornemuse, des castagnettes, etc. Ce singulier instrument fut inventé en 1780, par Blaha, de Prague. CLAVECIN A PEAU DE BUFFLE. Ce sont les perfectionnements de Taskin, vers 1773, qui produisirent ce genre de clavecin. (voyez Clavecin.) CLAVECIN A ROUE ou CLAVECIN-VIELLE. Instrument dont l’inventeur a tiré son idée de la Vielle à roue ou Rota, afin de donner au clavecin une tenue de son. En 1708, Cuisinié inventa le Clavecin- vielle, différent de celui inventé depuis bien longtemps avant, par Jean Heyden, de Nuremberg. Dans cet instrument, au lieu de sautereaux, il y avait cinq ou six roues d’acier, sur chacune desquelles une bande de parchemin enduite de colophane était collée ; ces roues, placées dans l’intérieur de la boîte sonore, se mettaient en mouvement à l’aide de quelques cylindres et d’une grande roue fonctionnant à l’aide du pied ou par l’effort d’une autre personne qui se plaçait à côté de l’exécutant. Les plus grosses cordes, entourées de parchemin, étaient toutes en acier et non en cuivre,. Chacune d’elle passait dans un petit anneau tenant à la touche correspondante, de façon qu’en abaissant cette touche, la corde frottait la roue ; le son était à peu près analogue à celui du Violon et du violoncelle, mais avait un timbre plus métallique. Tant que la touche se trouvait baissée, le son subsistait puisque la corde frottait, et en appuyant plus ou moins on obtenait différentes nuances telles que le forte, le crescendo et le piano. Au siècle dernier, un facteur d’instruments de Berlin avait aussi inventé un clavecin de ce genre, mais alors les cordes étaient en boyau et les roues remplacées par une bande de crins de cheval, enduite de colophane, qui passait sur un cylindre et faisait fonction d’archet ; les sons étaient durs , et les cordes devaient être constamment mises d’accord, c’est ce qui fit abandonner cette invention. De nos jours, M. Baudet, de Paris, a inventé un piano quatuor, imitant le timbre des quatre instruments à cordes. (Voyez Piano-Quatuor). CLAVECIN A TOUCHES BRISÉES. Le Père Mersenne parle de cet instrument et assure qu’il pouvait s’accorder d’une façon très juste ; il dit que c’est un facteur toscan, Bonis, qui l’inventa. CLAVECIN ACOUSTIQUE. Instrument perfectionné par Verber, à Paris, vers 1750 ; il avait beaucoup de ressemblance avec le piano quatuor moderne de Baudet. CLAVECIN ANGÉLIQUE. Premier acheminement vers le piano ; c’est la première application des marteaux garnis de cuir remplaçant les becs de plume de corbeau. CLAVECIN BONACORDO. Bonis, facteur toscan, inventa, dit-on. vers 1661, un clavecin sur lequel l’intervalle des octaves pouvait s’adapter aux petits doigts des enfants. CLAVECIN BRISÉ. Cet instrument, divisé en trois sections se repliant l’une sur l’autre, avait quatre octaves et pouvait se mettre, en le démontant, dans un coffret de voyage. C’est en 1700 que Marins l’inventa. CLAVECIN CELESTINO. Sorte de clavecin à archet, inventé par Walker, en Allemagne, vers 1784. Un cordon de soie, placé sous les cordes, se mouvait à l’aide d’une roue ; des petites poulies, placées au bout de chaque touche, amenaient le cordon près des cordes et les faisaient vibrer. CLAVECIN CONSTANT-ACCORD. J.-Daniel Bertin, de Mémel crut, en 1756, avoir inventé un clavecin sur lequel les changements de température n’exerçaient aucune influence. Il nomma son clavecin constant - accord ; mais il s’aperçut plus tard que le but n’avait pas été atteint. CLAVECIN DAMOUR. Daniel Bertin, de Mémel, inventa le clavecin d’amour, vers 1757 ; les cordes étaient du double plus longues, que celles du clavecin ordinaire. CLAVECIN DIVISEUR. Les sons de, cet instrument, construit par Pesaro, à Venise, en 1561, sur la demande de Zerlino, se trouvaient partagés en cinq parties, de la façon dont les touches étaient divisées. CLAVECIN DOUBLE. Instrument composé de deux claviers placé s l’un à côté, de l’autre et joué par deux personnes en même temps (Voyez CLAVECIN A DIEUX CLAVIERS). CLAVECIN DOUBLE (Voyez CLAVECIN A DEUX CLAVIERS). CLAVECIN DOUBLE RÉSONNANTE. Un mécanisme spécial faisait donner à chaque corde une double résonance harmonique, où effleuraient, à volonté, les cordes. C’est Frédéric de Méroma qui l’inventa, en 1770. CLAVECIN ÉLECTRIQUE. Essai de l’application de l’électricité, faisant agir certains marteaux correspondants, aux cordes ; lorsque le clavier était touché dans l’obscurité, les sons étaient suivis d’étincelles de feu. Le Père de la Borde en eût le premier ridée, vers 1’761 ; de nos jours, M. de la Rive a fait quelques essais qui n’ont pas eu le résultat désiré, le son n’étant pas continu. On pourrait cependant arriver à de sérieux résultats, grâce aux découvertes récentes concernant l’électricité. CLAVECIN HARMONIEUX. Système inventé en 1842, par Gomel, pour déplacer le même clavier, afin de jouer dans tous les tons. C’est le précurseur du piano transpositeur. , CLAVECIN HARMONIQUE. Verbés, facteur de Paris, invente en 1798, un clavecin imitant, sans le secours de tuyaux, de marteaux et de pédales, certains instruments à vent et à percussion. CLAVECIN-LUTH. Sébastien Bach en conçut l’idée, et ce fut un Saxon, Hilebrand qui, en 1785, exécuta cet instrument. Fleicher, facteur à Hambourg, avait déjà donné, en 1715, le nom de clavecin - luth à celui qu’il avait construit et qui était garni d’un double rang de cordes en boyau. CLAVECIN OCULAIRE. On dit que cet instrument fut inventé, au XVIIIe siècle, par le Père Castel, qui l’apporta en France à cette époque. Les sept couleurs primitives correspondaient, d’après lui, aux sept notes de la gamme ; lorsque les touches du clavier étaient abaissées, elles découvraient, sur une sorte de clavier, certaines couleurs. On l’appelait aussi Clavecin des couleurs. CLAVECIN ORGANISÉ. Un jeu de flûte et diverses améliorations, ajoutées par Delitz, de Dantzig, firent donner ce nom à ce clavecin. CLAVECIN PARFAIT-ACCORD. Luzzasco Luzzaschi, de Ferrare, fit, en 1557, un instrument à clavier dont les touches permettaient, par leur disposition, d’exécuter de la musique dans les trois genres : diatonique, harmonique et chromatique. Plus tard, en 1606, Transuntino, de Venise, construisit, pour le comte de Novellara, un clavecin portant le même nom, qui avait quatre octaves et jouait aussi dans les trois genres. Chaque octave comprenait trente et une touches. CLAVECIN ROYAL. Wagner, de Dresde, perfectionna l’idée de Delitz en ajoutant, en 1786, un jeu de flûte au clavecin. CLAVECINS SINGULIERS. Sous ce nom, l’encyclopédie de Diderot et F’Alembert, donne la description de deux genres de clavecin qui, vers la fin du XVIIIe siècle. marquent une progression certaine dans la facture de ces instruments. Un des deux, inventé par un prêtre napolitain, avait ses sautereaux munis d’une sorte d’échappement. L’autre portait un appareil transposant le clavier d’une quarte. CLAVECIN TRANSPOSITEUR. Des chevalets mobiles, exhaussés par une pédale, faisaient changer, selon la place, qu’ils occupaient, tout le diapason du clavecin à la fois. C’est à Catane, vers 1750, que ce clavecin fut inventé, mais on n’a pas conservé le nom du facteur qui eut l’idée de le construire. CLAVECIN VERTICAL. Instrument à clavier et à cordes métalliques placées verticalement, en usage en Italie, au XVIIe siècle. On imagina le clavecin vertical afin de tenir moins de place dans les appartements ; habituellement, il n’avait que quatre octaves et demie d’étendue. CLAVECIN-VIELLE. Instrument dont les cordes sont mises en vibration, par le frottement d’une roue fonctionnant à l’aidé du pied de l’exécutant. Cuisinié en fut l’inventeur, en 1708, et Gerli le perfectionna en 1789. CLAVECIN-VIOLE. Instrument dont les cordes, mises en vibration par une roue faisant fonction d’archet, était appelé Geigenwerk ou Gambenwerk, et fut imaginé par Hans Heyden, à Nuremberg vers 1600. CLAVECIN VIOLLE. Instrument formé de cordes de boyau, mises en vibration par de petites roues frottées de colophane. C’est Risch, à Weimar, qui l’inventa en 1710. CLAVI-ACCORD. Lebeau d’Aubel imagina, en 1857, un appareil ainsi nommé et s’appliquer sur l’orgue pour, en simplifier les accords. On l’appela aussi l’organiste du village. CLAVICEMBALUM. Nom donné au clavecin primitif, au moyen âge. CLAVICOR. Cor à pistons, propagé en France en 1838, par Guichard et par Danays de Paris. C’est aussi le nom primitif du Saxhorn baryton. Il y en eut en mi bémol, en ré, en ut et en si bémol. Cet instrument était destiné à remplacer l’Ophicleïde Alto. CLAVICORDE. On a donné quelquefois ce nom à l’ancien Manichordion ou épinette primitive Voyez MANICHORDION). CLAVICORDE (Clavtcordium). Clavecin perfectionné à l’aide de baguettes de laiton, substituées aux becs de plume, afin de frapper les cordes. Cet instrument est d’origine allemande. Un autre genre de clavicorde, produisant des sons filés. fut inventé par Kaufmann, de Dresde. Le nom du Clavicorde, en latin, est Clavicordium. C’est sous ce nom qu’il fut connu au XVe siècle. Au XVIe siècle, il se composait d’une caisse carrée, oblongue, à clavier de trente-huit touches. Le Manicordion était une amélioration du Clavicorde. Le Clavicorde a précédé l’Épinette. CLAVICORDE VERTICAL. C’est l’arpanetta qui, certainement, a donné l’idée de construire le Clavicorde Vertical, vers 1525. CLAVICITHERIUM. Instrument à cordes verticales du XVe siècle ; les cordes les plus longues se trouvaient à droite, et les plus courtes à gauche. On l’appelait aussi Cithare, à clavier ; c’est la combinaison du Psaltérion, du Tympanon et de l’antique Monocorde, qui donna naissance au Clavicitherium. CLAVI-CYLINDRE. Cylindre en verre, tournant sur des cordes et produisant des sons, par un mouvement de rotation il fut inventé, en 1808, par Chladni de Wittemberg et perfectionné en 1819. CLAVICYLINDRE. Sorte d’harmonica à gobelets, imaginé par Chladni. CLAVIER. Rangée de touches de bois recouvertes de plaquettes d’os ou d’ivoire, représentant les notes naturelles de la gamme et d’autres en bois noir ou en ébène pour les notes diésées ou bémolisées. Ces touches ont une échancrure en dessous et en dessus, dans laquelle glisse une pointe qui les maintient. Les pianos, les orgues, les épinettes, les clavecins, etc., sont munis de claviers. Les claviers ont été primitivement d’une octave. Les claviers des pianos modernes en ont sept et quelquefois huit. CLAVIER DE POCHE. Sorte de clavier muet portatif., inventé en 1856, par Philcox, pour développer l’agilité des doigts. CLAVIER GÉOMÉTRIQUE. Folly inventa, en 1845, cet instrument original, mais non pratique. CLAVIER HARMONIQUE TRANSPOSITEUR. Clavier se déplaçant, afin de jouer dans tous les tons sur l’orgue. C’est Masson qui l’appliqua à cet instrument, en 1846. CLAVIER MIL-ACCORDO. Système appliqué à l’orgue, par l’abbé Laroque, en 1844, afin de faire résonner plusieurs tuyaux en n’abaissant qu’une touche. CLAVIER PNEUMATIQUE. Talon, en 1855, appliqua ce système aux claviers en général, et principalement pour les orgues. CLAVIER-TRANSPOSITEUR. Clavier supplémentaire, placé sur celui d’un piano, ou glissant seulement de demi-tons en demi-tons, dans l’harmonium, ce qui permet de jouer dans différents tons, certains morceaux, tout en les lisant dans le ton écrit. Pleyel-Volff, sont les inventeurs du clavier transpositeur pour pianos. CLAVIER TRANSPOSITEUR A PISTONS. Darche, de Paris, inventa, en 1845, une boite contenant deux rangs de pistons, dont la moitié était destinée aux morceaux dans des tonalités majeures, et les autres pour les tons mineurs. Lorsque l’exécutant appuyait sur un des pistons, la note et l’accompagnement sortaient simultanément. Les pistons transmettaient le mouvement à des rouleaux de bois qui faisaient manœuvrer des baguettes ; celles-ci agissaient sur des pelotes de bois appuyant sur le clavier. Le mécanisme posait directement sur l’instrument. CLAVI-GRADE. C’est un système destiné à délier les doigts des pianistes, inventé par Lahausse, en 1855. Cinq touches se raidissent en vissant plus ou moins un ressort à boudin. CLAVI-HARPE. Genre de harpe à clavier, inventé en 1819 par Dietz et Second. CLAVI-LYRA. Instrument à clavier, mais ayant comme forme une harpe garnie de touches agissant sur la cercle comme un plectre. C’est Jos. Bateman qui l’imagina, en 1814. CLAVI-MANDORE. Mahr, de Wiesbaden, construisit, en 1788, cet instrument à clavier, qui rappelait la mandore par le son aigrelet. CLAVIORGANUM. Sorte de piano carré ajusté au-dessus d’un orgue, et dont les pédales peuvent séparer ou assembler les effets. L’instrument est dû à Zumpe et à Buntebart, qui l’exécutèrent, en 1774, à Londres. CLAVI-ORGUE, Clavecin muni d’un ou de plusieurs jeux d’orgues. CLAVIPHONE. Genre d’orgue portatif, inventé par Le Toulat, en 1847. Cet appareil était muni d’une soufflerie et d’un double clavier. CLAVI-TUBE. Instrument de cuivre, inventé, en 1817, par Hallary. Il est composé d’un tube recourbé et allongé. en trois parties. L’étendue comprend, du si bémol au-dessus de, la clef de sol, jusqu’au sol au-dessus des cinq lignes. CLA-VIOLA. En 1847, Papelard imagina cet instrument à clavier, sans corde, qui consistait en un sautereau armé d’un bec d’acier, placé au bout de chaque touche et pinçant une lame vibrante. CLA-VIOLIN. Ch. Schmidt, en 1824 construisit cet instrument à clavier, qui imitait les sons d’un instrument à archet. CLEF. Pièce métallique formée d’une tige portant une, goupille jouant dans deux supports et terminée par une surface plate où légèrement creuse, sur laquelle est placé un tampon de peau. Ce tampon vient boucher hermétiquement l’orifice creusé sur un tube cylindrique. En appuyant le doigt sur la tige de la clef, le tampon se soulève et livre passage au souffle de l’exécutant pour produire un son différent. Les Instruments à vent, en bois ou en métal, sont généralement munis de clefs. CLEF A ACCORDER. Sorte de tige de fer, portant à la base un trou carré ou hexagonal qui entre dans la tête des chevilles des pianos, des harpes, des cithares, etc., pour monter ou descendre les cordes. La partie supérieure des clefs se termine par une tige transversale ou en queue, munie d’un manche, afin de former levier dans l’effort nécessaire à la tension des cordes. CLEPSIAMBE. Sorte de cithare grecque. CLEPSYDRE. Genre d’orgue hydraulique des Grecs, appelé aussi Hydraulicon. L’invention est due à Clepsydius. CLIQUETTES DE LA GUINÉE. Sorte de castagnettes enveloppées dans une carapace de tortue. CLIQUETTES. Castagnettes primitives, formées de deux ou de trois morceaux d’os ou de bois, placées entre les doigts et dont on fait frapper les deux extrémités l’une contre l’autre. Ces cliquettes étaient souvent montées sur, des charnières. Au XVIe siècle, on ajouta un grelot sur leur partie supérieure et on les considéra dès lors comme un instrument. Les lépreux étaient obligés de signaler leur présence, au Moyen Age, à l’aide de cliquettes. CLOCHE. En allemand, Glocke ; en anglais, Bell ; italien ; Campana. Instrument d’airain utilisé dans la Campanie dès les premières années du Ve siècle, mais connu en Chine depuis les temps les plus reculés. Les différentes parties de la cloche sont les anses ou anseaux, le cerveau ou sommet, le battant ; lé gros rebord se nomme panse ou patte ; le bord aigu, recouvert par une sorte de tore, est appelé faussures. Le bronze, l’airain, rarement l’argent, sont les métaux employés ; un battant ou battail sert à frapper les parois intérieures et les fait vibrer. Les cloches, assemblées, en nombre assez considérable et correspondant à un clavier ou à un mécanisme spécial, s’appellent Carillon (Voyez ce mot). Selon le Père Bonanni, celle de Notre-Dame de Paris pesait quarante mille livres et nécessitait l’effort de vingt quatre hommes pour la mettre en mouvement. Celle de Moscou pèse trois cent quatre-vingt-quatorze mille livres, et, lorsqu’on voulait la sonner, avant l’accident qui la brisa, il fallait l’effort de cent hommes. Pline assure qu’on mit des clochettes dans le tombeau de Porsenna. Baronius prétend que les cloches furent ainsi nommées au VIIIe siècle. Les criminels des Turcs portaient au cou (XVIIe siècle), une petite clochette qui avertissait le peuple de s’éloigner d’eux. La clochette était connue dès l’antiquité ; dès le VIe siècle, Grégoire de Tours parle de l’usage de la cloche de dimensions agrandies et différentes de la clochette. Les mahométans ont horreur de la cloche. Ils détruisirent, dans leurs conquêtes, toutes celles qu’ils rencontrèrent. CLOCHETTE. Petite cloche. En allemand Glockchen ; en vieux français Clokete, clocète. Au Moyen Âge, on s’en servait pour les concerts d’instruments, on en mettait aux habits, aux harnais et même aux toitures de maisons. Au Xe siècle, certaines danses ne se faisaient qu’au bruit des clochettes. Le Bombulum (Chapeau chinois), du XIIe siècle, était garni de sonnettes. Les gentilshommes du XIVe et du XVe siècle portaient au cou de grosses chaînes d’or souvent terminées par une clochette ou un grelot. À la fin du XVe, les bouffons de Cour avaient seuls des clochettes ou grelots suspendus à leurs costumes. CLOCHETTES D’ORCHESTRE. Petites cloches usitées dans les orchestres bruyants du Dahomey (Afrique). CLOCHE DE FER. Cette cloche est surtout utilisée pour la danse, dans le Soudan. CLOCHE DU CLERGÉ. La cloche du clergé était en usage en Italie, depuis 1350, principalement dans les processions solennelles ; c’était un clerc qui la portait à l’extrémité d’un long bâton surmonté d’un ornement pontifical. La clochette était mise en vibration par une tige mobile à laquelle une corde était fixée. CODOU. Mot désignant la partie inférieure des flûtes, anciennes faites d’une corne de veau et, par la forme évasée, ressemblant à une cloche. COLACHON. Selon les uns, c’était une sorte de, luth à trois cordes, dont on faisait usage. en Italie, aux XVIe et XVIIe siècles, suivant d’autres, c’était une mandoline à long manche, montée de six cordes. Il est probable, que ces deux instruments furent nommés Colachon ; ce n’est que par le temps, que de trois cordes on arriva à en mettre six et à en varier un peu là forme. Le Colachon avait de quatre à cinq pieds de long ; l’accord à vide était d’octave en quinte. La table était, soit en bois de sapin, soit en parchemin, soit en verre. COLASCIONE. Genre de luth, encore employé en Sicile. Au dire de Micali, une peinture de l’antique Tarquinies en, donnait déjà la reproduction. COLISON ou COLISSON. Instrument à percussion, inventé en Pologne, vers 1780., Ce sont des baguettes de bois dur frappant sur des cordes. COLOPHANE. Sorte de résine distillée, mélangée l’essence de térébenthine, formant un mélange servant à frotter les crins de l’archet pour mieux gripper sur les cordes. Cette composition fut inventée à Colophon, en Ionie. Jean-Baptiste Vuillaume, de Paris, fabriquait une colophane spéciale, très appréciée des artistes. COMBOU. Trompette indienne ayant un son aigu. COMPENSATEUR. Appareil inventé par Ad. Sax, et appliqué aux instruments de cuivre pour modifier le son à volonté par la longueur du tube. COMPONIUM. Instrument adapté à l’orgue, et inventé par Vinkler, d’Amsterdam, vers 1820. Il servait à improviser des variations, et le rapport qu’en firent MM. Blot et Catel, à l’Institut, est tout à fait élogieux. Les secrets de combinaison de cet instrument sont morts avec l’auteur. CONCERTINA. Accordéon hexagone, usité principalement en Angleterre et en Allemagne. CONGERTINA. Système d’Orgue expressif ; une des combinaisons les plus ingénieuses, dues à l’imagination créative de M.. Debain, de Paris. La soufflerie se composait de deux boîtes semblables aux plateaux d’une balance ; celle de gauche servait à l’accompagnement, celle de droite au chant. Cette invention fut cédée, en 1839, à MM. Alexandre Jacob. Il ne faut pas confondre cet instrument avec l’Accordéon Concertina. CONQUE MARINE. Instrument primitif, représenté souvent dans la mythologie, et formé d’une corne d’animal : on l’appelle Sankha, Gomukha, Barasaka, Sughosa, Ananta Vijaya ou Sringa chez les Indiens. CONSONNANTE. Genre de Clavecin Harpe, inventé au XVIIIe siècle, par l’abbé Du Mont. C’était un grand piano dont les cordes étaient placées des deux côtés de la table, on les touchait comme celles de la harpe. CONTRA-HORNE. Genre de sax-horn alto, construit par Lamferhoff, de Berlin, en 1845. CONTRALTO (en bois). Forme d’Alto, imaginée, en 1855, par J.-B. Vuillaume, luthier de Paris ; les éclisses sont plus élevées et par conséquent plus fortes que dans les Altos ordinaires. CONTRAVIOLONE. Nom donné en Italie, au XVIIe siècle, à la contrebasse. CONTREBASSE A CORDES. En anglais : Double-base. En allemand : Grosse-baszgeige. En italien : Contrabasso. Ancien Violone ; le plus grand instrument de la famille des Violons. La Contrebase , résonne à l’octave basse du violoncelle ; elle est à trois, à quatre, et même à cinq cordes. Celle à trois corde donne les notes la, ré, sol, celle à quatre donne sol, ré, la, mi, et sonne par quinte à partir du sol grave ; étant accordée en quartes, il est facile de faire une gamme entière sans démancher ; elle est surtout employée en Allemagne ; celle à cinq cordes donne : fa grave, la, ré, fa dièse, la. L’étendue de la contrebasse est de deux octaves au moins, de mi grave à sol, pour celle à quatre cordes, et de sol à sol, pour celle à trois cordes. Dragonetti et Bottesini sont les virtuoses de la contrebasse. . CONTREBASSE D’ORGUE. Jeu d’orgue renfermant des tuyaux de seize ou de trente-deux pieds, ouverts ou fermés, selon la puissance de l’orgue. CONTRE-BASSE EN CUIVRE. Appelée aussi basse monstre. C’est un instrument à quatre pistons et le plus volumineux de tous ceux employés dans les musiques militaires ; il y en a en si bémol, en mi bémol. CONTRE-BASSON. Instrument en bois, à anche, semblable au Basson, mais plus grand, et sonnant à une octave plus bas, du ré grave au la ; il est muni de six ou de quinze clefs, et a remplacé dans l’orchestre moderne la Contre Basse de Bombarde, appelée en Italie, Bombardone. CONTRE-FLUTE. Flûte large par le milieu, dont parle Eutiapel dans ses Contes. CONYVI. Flageolet péruvien à cinq trous. COR. En allemand et en anglais Horn, en italien Corno. Instrument à vent et à embouchure, usité surtout pour la chasse, depuis les temps les plus reculés. Il est formé d’un tube métallique, de cuivre, de laiton ou de bronze, ouvert des deux bouts ; c’est à l’aide des lèvres, qui sont plus ou moins pressées, que l’on rend les différents sons ; avec les tons de rechange, pour le cor d’harmonie (Voyez ce mot), on en abaisse ou on en élève la tonalité. La musique de cor est presque toujours en ut, excepté pour certains solos ; cet ut devient un ré, mi ou fa, et tout le système des aliquotes change en même temps que la tonique. L’exécutant voit ut, mi, sol, etc., sur le papier, et l’oreille entend ré, fa, la, etc., selon que l’instrument est disposé d’après le ton indiqué. La main placée dans le pavillon, maîtrise, avec les lèvres, la colonne d’air et fait articuler les sons bouchés. La musique pour cor étant toujours en ut majeur, les morceaux doivent porter l’indication du ton qui doit être ajusté à l’instrument. L’étendue du corps est de trois octaves et plus, à partir du contre-ut au-dessous des lignes, à la clef de fa jusqu’au contre-ut et même au contre-sol au-dessous des lignes de la clef de sol. Il y a dix corps ou tons de rechange, savoir : les tons de si bémol bas, ut, ré, mi bémol, mi, fa, sol, la bémol, la, si bémol haut. Au Moyen Age, les cors pour la chasse étaient en laiton, en corne, en ivoire, en cristal et quelquefois en bois. Le manuscrit anglo-saxon du VIIIe siècle, de la Bibliothèque Cottonienne, mentionne un cor d’une dimension extraordinaire. Au musée du Conservatoire de Paris, celui qui est inscrit sous le n° 412, mesure plus de 1m,25 de longueur ; c’est une énorme défense d’éléphant. Rameau fit entendre le cor pour la première fois., dans un de ses opéras, en 1759, à l’Académie royale de musique ; le cor d’harmonie ne fut connu que bien plus tard., COR-ANGLAIS. (En italien Corno inglese et Voce umana). C’est l’alto du hautbois, nommé Cor Anglais parce que ce furent des musiciens de ce pays qui le propagèrent dans les autres contrées. Il a remplacé le Cromorne dans les orchestres. Primitivement il n’eut, que deux clefs ; ce fut de 1775 à 1780, que Ferlendis de Bergame le perfectionna. Le Cor Anglais moderne sonne à la quinte du hautbois ; le pavillon, un peu recourbé, a la forme d’une boule, et son étendue est un peu plus de deux octaves, du fa, au-dessous des lignes de la clef de sol, au bémol au-dessous des lignes. COR A CYLINDRES. C’est absolument le même instrument que le cor à pistons, mais les cylindres, faisant les fonctions de pistons ont un mouvement de rotation de droite à gauche au lieu de s’affaisser de haut en bas comme les pistons. COR A PISTONS ou COR CHROMATIQUE. (En allemand Ventil-Horn). Instrument du genre de la trompette ; la colonne d’air, à l’aide des pistons, est raccourcie dans des proportions donnant des demi-tons, ce- que le corps d’harmonie ne pro duit que par des sons bouchés. C’est Jean Henri Stœlzel de Scheilbemberg, qui l’inventa et le perfectionna en 1814. COR D’APPEL. Ancienne corne de chasse ou cornet. COR DES ALPES. Instrument pastoral appelé aussi Alphorn et employé surtout dans les montagnes, de la Suisse. C’est une trompe en bois entourée de bandelettes en écorce d’arbre. COR DE BASSET. Variété de la clarinette primitive ressemblant au Cor-Anglais, appelée aussi Clarinette-alto et Cornetto-bassetto en Italien. Le tube du pavillon est recourbé. Voyez BASSET- HORN). Cet instrument sonne une quinte plus bas que la clarinette en ut, et s’étend, du fa, au-dessous des lignes de la clef de Fa, au sol au-dessus des lignes de la clef de sol. On pense qu’il fut inventé à Passau, en Bavière, vers 1770. COR DES TURCS. Petit cornet peu usité, qui avait six trous en dessus et un en bas. CORDE. En allemand, Seite ; italien, Corda ; anglais, Cord. Fil cylindrique ayant plus ou moins de diamètre et fait, soit de métal, soit de substances, telle que le lin, la soie ou le boyau. Plus la corde est grosse, plus les vibrations qui lui sont imprimées sont lentes, par conséquent le timbre grave et réciproquement. Les lyres grecques et les harpes égyptiennes étaient primitivement munies de cordes de lin ; Linuus les inventa, dit-on ainsi que l’art de filer les boyaux des animaux. Actuellement, elles sont en boyau ou en soie filée pour les violons altos, violoncelles, contrebasses, guitares et les harpes ; en acier pour les pianos, les cithares, les psaltérions, etc. Afin de donner un timbre plus bas aux cordes basses, on les entoure d’un trait métallique de cuivre, retardant les vibrations, et donnant ainsi un timbre plus grave pour éviter de leur donner une trop grande dimension. COR DE CHASSE. Instrument à vent et à embouchure en usage depuis les temps les plus anciens et appelé souvent Trompe de chasse (Voyez ce mot), parce qu’il était surtout employé pour la chasse. Il a la forme circulaire et fut aussi nommé Cor redoublé. En Italie on fit des cors en verre ; au XVIe siècle, ils étaient très petits, et au XVIIe siècle, ils étaient, au contraire, très grands. C’est de cette époque que datent les Trompes-basses. On introduisit pour la première fois cet instrument, à l’Opéra, en 1735. De nos jours, certaines fanfares militaires sont pourvues de trompes de chasse ; l’effet produit est très agréable. Un large pavillon termine les tubes en spirales. La longueur totale du cor de chasse ordinaire est de trois mètres. En Allemand, Wald-horn ; Italien, corno da caccia ; Anglais, hunting-horn. COR D’HARMONIE. Instrument du genre du cor de chasse. mais perfectionné à l’aide de pompes de rechange et à l’aide de notes bouchées à la main. On s’en servit d’abord en Allemagne, dans les orchestres, au milieu du XVIIe siècle et à l’Opéra de Paris, en 1735. En 1750, Hampl fut le premier qui employa les notes bouchées à la main. Les musiques militaires furent pourvues de cors d’harmonies jusqu’à ce qu’on le remplaça par l’alto. Un allemand, Haltenhorf, inventa le cor à coulisse et Stœlzel, en 1814, le, cor chromatique à trois pistons. Les plus célèbres cornistes furent : Duvernoy, Kinn, Domnich, Meifred, Gallay et Mohr. Besson, l’éminent facteur d’instruments de cuivre, a construit des cors avec différents métaux. et même avec du carton ; la colonne d’air étant bien conditionnée, l’instrument était parfait de son. Ce même facteur fit une application perfectionnée au cor d’harmonie, du barillet simple ou double pour transpositeur. Il y a aussi, des cors d’harmonie à pistons facilitant l’exécution. CORDIER. Queue, en bois de buis ou d’ébène, servant à attacher les cordes à la partie inférieure des violes, des violons, des altos, des violoncelles et des contrebasses. Ce cordier est maintenu à un bouton par un lien de boyau passant dans deux trous en dessous du cordier. CORDOLOLIOU. Genre d’harmonicorde de la forme d’un piano vertical, avec frottement de roues sur des cordes métalliques ; ces roues fonctionnent à l’aide des pieds. CORDOMÈTRE. Instrument servant à mesurer la grosseur axes cordes, afin de maintenir l’accord dans un degré égal de force. COR OMNITONIQUE. Sax père, inventa, vers 1825, cet instrument, qui est garni de tous les tons usités en musique. COR RUSSE. Instrument de cuivre muni d’une embouchure et formé d’un tube terminé par un pavillon. Le cor Russe ne donne qu’une seule note. Des orchestres complets formés de ces instruments sont parvenus, en comptant les mesures et en jouant les notes au tour venu, à exécuter automatiquement des symphonies. CORISTA. Nom italien du diapason. CORN BUELIN (Corne de bœuf ). Instrument favori des anciens Kymris ; il était fait en métal ou en ivoire et s’appelait aussi Corn hirlas, (cor bleu), Corn cyweithas, (cor de la maison) et Corn chychwin (cor de guerre). On s’en servait aussi pour boire l’hydromel. C’est surtout au pays des Galles qu’il fut usité. CORNEMUSE. En anglais : Bay-Pipe ; en allemand Sackpfeife, en italien : Cornamusa. Instrument pastoral produisant des sons nasillards. Une outre remplie. d’air alimente trois chalumeaux, dont le plus gros ne fait entendre qu’une note et s’appelle bourdon ; l’autre, donnant la dominante, est nommé petit bourdon ; le troisième est percé de trois trous, pour servir à moduler. On appelle aussi cet instrument Musette ; les Romains, qui l’avaient reçu de Syrie, le désignaient sous le nom de Tibia Utricularis, ou Utricularium ; les Grecs, Symphonia. les Hébreux, Soumponiah ; en langue romane, Chiffonie et Symphonie ; les Indiens, Tourti et Magoudi ; les Arabes, enfin, l’appellent Souggarah et Arghoul. CORNEMUSE DE POITOU. Cornemuse en usage autrefois dans le Poitou ; elle n’avait pas de petit bourdon ; c’est ce qui la distingue des autres instruments de ce genre. CORNE et CORNE D’APPEL. En allemand Horn ; en anglais Corn ; en italien, Corno. Instrument fait avec la corne de bœuf, appelée aussi corne de signal ; celle-ci est souvent en cuivre et sert pour la chasse, pour les chemins de fer, etc. CORNET. Instrument fait de corne d’animaux et muni d’une embouchure. Au Moyen Âge, les cornets étaient en bois de poirier ou de cormier, recouvert de cuir noir. Les dessus ou discant avaient six trous ; les ténors en avaient sept, dont une clef pour boucher le septième. Ces instruments avaient deux octaves chromatiques. Le cor circulaire ne fut connu qu’à la fin du XVIe siècle. Le cor de pin était fait d’un morceau de ce bois ; les pâtres de la Suisse s’en servaient depuis le XIIIe siècle ; il est aussi appelé cor des Alpes ou Alp-Horn. Le cornet des troupes russes est en ré. CORNET. Le plus ancien des instruments qui soient encore usités. Il est en corne et percé de sept trous, dont l’un sert au pouce de la main gauche, de la longueur de deux pieds. Son étendue est du la, clef de violon au dessous des lignes, jusqu’au mi au-dessus des lignes. CORNET A PISTONS. En allemand : Ventil horn. En anglais, Cornet ; en italien, Cornetta. Instrument de cuivre, de nickel ou de cuivre argenté, à trois pistons, remplaçant avantageusement la trompette. donnant toutes les notes chromatiques. A son origine, il n’avait que deux pistons ; c’est Halary, de Paris, qui en fit les premiers essais, mais il était impossible de donner toute la gamme chromatique ; on en ajouta alors un troisième. Sept tons accompagnaient cet instrument ; on ne se sert presque plus, actuellement, que de ceux de si bémol et de la. Une embouchure métallique, de cuivre, de nickel, de cuivre argenté, et même de cristal se place à la partie supérieure d’un des tons qui s’adaptent au tube d’embouchure. Ce tube aboutit au premier piston et, après plusieurs circuits. se termine par un pavillon qui est tenu parallèlement à-la bouche de l’exécutant. Quatre pompes servent à accorder le cornet à pistons et à vider l’eau qui pourrait atténuer le son. Les tons du cornet à pistons sont ceux de si bémol, la, ré bémol, mi naturel, fa, sol, la bémol. La musique pour cornet à pistons s’écrit à la clef de sol ; son étendue est de deux octaves et demie, du fa dièse au-dessous des lignes jusqu’à l’ut au-dessus des lignes. Sax fit des cornets à cinq et à six pistons. Les cornets à pistons, de Besson, de Paris, sont, à juste titre, les plus renommés. Depuis 1854, cet intelligent artiste, cet inventeur distingué, ne cessa de perfectionner tous les instruments de cuivre et particulièrement le cornet à pistons, qui porte son nom. En 1854, il obtint un brevet pour le deuxième perfectionnement apporté à la perce des pistons ; l’année suivante il fit usage de la perce pleine, ainsi qu’en 1867 et en 1875. On lui doit aussi un système de transposition appelé Transpositeur Besson-Girardin, un système à quatre pistons, dont un à registre, produisant huit positions indépendantes ; une nouvelle forme Besson, à pavillon mobile, et enfin une application perfectionnée du Barillet simple ou double pour transpositeur, adapté spécialement. avec beaucoup de succès, aux cornets à pistons et aux, cors d’harmonie. En rejetant toute idée de réclame, incompatible avec le but de notre travail, il nous semble convenable de rendre un hommage mérité à la mémoire de Besson et à sa famille, qui continue la fabrication artistique et vraiment supérieure des instruments de cuivre, fabrication faisant honneur à, notre pays. Besson, ayant reconnu que, dans la production des sons, la matière n’est rien, mais que les proportions seules influent sur la résonance, fit de nombreuses expériences et créa des instruments en plâtre, en carton, en gutta-percha même, qui donnèrent des sons surprenants. Par sa persévérance, Besson n’a pas peu contribué au développement de la facture instrumentale. CORNET A BOCAL. Genre de serpent, très petit, à six trous et à une clef ; on l’appelle aussi basse de cornet. CORNET A BOUQUIN. Italien Cornetto eurvo ou Cor nettino ; allemand et anglais Zinke. Instrument à vent primitif dont se servirent les pâtres et employé ensuite dans les. Orchestres ; sa forme a beaucoup varié, tantôt cylindrique, tantôt hexagone, le cornet à bouquin, était soit en bois recouvert de cuir noir, soit en ivoire. Son étendue était d’une seizième ; il était percé de sept trous dont le dernier se trouvait bouché à l’aide d’une, clef. C’est surtout au XVIe et au XVIIe siècles qu’il fut le plus en vogue. CORNET ACOUSTIQUE. Instrument s’introduisant dans l’oreille et ayant la propriété de transmettre les sons à l’organe auditif des personnes sourdes. Ce n’est pas comme instrument de musique que le cornet acoustique est mentionné ici, mais, comme appareil transmetteur du son. CORNET DE CHASSE. Instrument en bronze, tenant le milieu entre la trompe de chasse et le cornet à bouquin, en usage en Italie vers le commencement du XVIe siècle. Le pavillon, le plus souvent hexagonal jusqu’au milieu, portait à cet endroit un renflement muni d’un anneau et se terminait dans sa partie supérieure par un tube rond et par une embouchure. Il y eut aussi des cornets de chasse en corne et en fer. CORNET D’ALEXANDRE. Cornet monstre, soutenu par des chaînes et des pieux, que le manuscrit Secreta Aristotelis ad Alexandrum, de la Bibliothèque du Vatican, indique en l’accompagnant d’un dessin. Ce cornet, avait, parait-il, un diamètre de cinq coudées. CORNET-DE-POCHE (en anglais pocketcornet), petit cornet en cuivre en si bémol. CORNET DE POSTILLON, Petit cornet de cuivre dont se servait les postillons ; au XVe siècle, il y en eut en fer. CORNET DE RÉCIT ou CORNET D’ÉCHO. Jeu d’orgue. CORNET MODÉRATEUR. Instrument de cuivre moderne, système Gautrot, à perce oblique, donnant une parfaite régularité de sons, qui ne diffèrent pas d’intensité lorsque les pistons sont levés ou abaissés. CORNET SOLO TRANSPOSITEUR. Instrument de cuivre à trois pistons, ayant un cylindre qui, en se mouvant à droite ou à gauche, transpose par demi tons. CORNETTINO. Petit cornet à bouquin, employé en Italie au XVIIe siècle. CORNETTO CURVO. Nom italien du cornet à bouquin.. CORNET-TROMPE. Instrument inventé par Sax, ayant la forme d’une très grosse corne de chasse en cuivre autour de laquelle s’enroule extérieurement un tube en spirale. C’est le premier essai de réduction de la trompe de chasse. M. Théodore Grégoire, de Nancy a perfectionné ce système en mettant tubes à l’intérieur (Voyez TROMPE D LORRAINE). CORNICEN. C’était, chez les Romains, le nom donné à celui qui sonnait du grand cor circulaire. La barre transversale servait à deux fins : pour lui conserver sa forme et pour aider le trompette à la tenir solidement, en s’en servant. CORNIEYLL. Chalumeau du pays de Galle, ainsi appelé en Anglais ; l’anche à simple languette est battante sur une embouchure se vissant à la tête du tube de l’instrument qui était terminé par une corne CORNO BASSO. Instrument en cuivre ou en bois, à six trous et à clefs, ayant la forme du basson (voyez BASSET HORN). CORNONE. Grand cor en fa grave, servant de basse d’orchestre. C’est Serveny’s, de Kenecgsgroff, qui le fit construire. CORNOON. Serveny’s donna ce nom à un cor qu’il était parvenu, à l’aide d’un système spécial, à rendre chromatique. CORNU ROMAINE. Cor recourbé des Romains. Terminée par un pavillon qui se tenait en l’air, la cornu était maintenue dans sa forme circulaire par une tige de cuivre ayant quelquefois de la ressemblance avec un javelot ? Le corps de l’exécutant était entouré par l’instrument. Un spécimen, provenant de Pompéi, se trouve au musée de Naples ; il donne les harmoniques 3 à 12 ; sa note fondamentale est sol. CORPS DE RECHANGE. Pièce mobile, se plaçant à volonté dans certains instruments pour en baisser ou en hausser la tonalité. COULISSE. Système adapté à des instruments simples afin d’in augmenter la longueur ou l’échelle musicale. La coulisse est d’invention européenne. COURTAUD. Petit basson qui se nommait aussi Cervelas, selon la forme qu’il affectait. Le courtaud fut surtout employé au XVIe siècle ; il n’était à vrai dire qu’un basson raccourci. L’intérieur de cet instrument renfermait six tubes destinés à conduire l’air ; le bois cylindrique, recouvert de cuir noirci, était percé de six trous et muni de trois clefs. L’étendu était de trois octaves. CQUEPPA. Trompette péruvienne militaire. CRAB. Genre de castagnettes des Siamois ; ce sont deux bâtons courts que l’on frappe l’un contre l’autre. CREAMTINE-CRUIT. Harpe mixte irlandaise. CRÉCELLE. Instrument à percussion, en bois, à manche, muni d’une roue à crans, également en bois. Par un mouvement de rotation, un ressort pose dans chaque cran, en faisant entendre un bruit sonore. Autrefois, pendant la Semaine Sainte, les offices étaient annoncés, surtout en Espagne et en Italie, à l’ide de forte crécelles ; c’est aussi un jouet d’enfant. CREMBALE , CREMBALA, CREMBALUM. Instrument de percussion des Romains, ressemblant à la Rababa des indiens. Ce sont des castagnettes métalliques. CRÉPITACULUM. Instrument à percussion des anciens grecs ; c’était une sorte de hochet en métal, dans le genre du sistre, garni de sonnettes, produisant un son métallique à chaque mouvement qu’on lui imprimait. CRIBLE. Tambour à main ; C’est le tambour basque des anciens. CRINGA. Trompette indienne. CRISHMA. Flageolet indien, se jouant par les narines. CRISTALLOCORDE. Clavecin construit à Paris, en 1781, par un allemand nommé BOYER ; il remplaça pendant un certain temps le jeu des clochettes introduit par Mozart, dans la Flûte enchantée. Les cordes étaient en cristal. CRODIAS. Nom des flûtes grecques. CROMAMÈTRE. Rollès imagina, en 1827, cet instrument pour accorder un piano sans être obligé de faire une partition. CROMORNE ou KRUMHORN. Grand hautbois courbé, originaire d’Allemagne ; le nom Krumhorn (cor courbé) francisé en celui de cromorne, l’indique. A mon avis, on peut le considérer comme une transformation du lituus pastoral des anciens. Le cromorne était un chalumeau recourbé par le bas en forme de crosse ; c’est pourquoi, en France, au commencement du XVIe siècle, on lui donnait le nom de Tournebout. Dès le XVe siècle, il était très répandu ; Fétis pense qu’il existait déjà au XIIIe siècle. On faisait usage de la famille complète de ces instruments, qui se composaient d’un tube courbé en bas et en haut, comme le saxophone moderne, percé de six trous. À la fin du XVe siècle, on l’agrandit considérablement, et on obtint quatre notes de plus ; ce fut le cromorne-basse. Au. XVIIe siècle il fut remplacé par le basson. CHRONOMÈTRE. Terme employé en musique pour désigner les instruments destinés à battre la mesure. CROTALE. Instrument de percussion, employé dans le culte de Cybèle, servant à accompagner a danse ; c’était toujours accouplées que l’on s’en servait. Les crotales étaient formées souvent de deux cannes très courtes et fendues, ou de deux pièces creuses de métal réunies ensemble par une poignée droite ; on tenait une de ces crotales dans chaque main et on les faisait claquer, produisant ainsi un bruit rapide et vif comme les castagnettes. CROUMA. Sorte de crotales dont on se servait en Espagne et appelées maintenant castagnettes. CROUSMATA ou, CAUSMATA. Castagnettes primitives des peuples de l’ancienne Bétique. CROWTH ou CRWTH. Premier des instruments à cordes et à archet connus. La plus ancienne variété est le Trithant ou Crwth à trois cordes. On pense que celui qui était muni de six cordes fut usité depuis le XIIe siècle ; la caisse était plus longue que large ; elle avait cinquante-sept centimètres de longueur, sa largeur inférieure avait vingt-huit centimètres et sa largeur supérieure en avait vingt-sept. La touche mesurait vingt-neuf centimètres ; le manche, isolé au milieu, se trouvait rattaché aux deux montants du haut. On posait l’instrument sur le genou et contre l’épaule. L’archet était semblable à celui du violoncelle. le chevalet., placé obliquement vers la droite, avait son pied gauche, long, de sept centimètres, qui entrait dans la caisse sonore par l’ouïe gauche et s’appuyait sur le fond, tandis que le pied droit, haut seulement de deux centimètres, reposait sur la table, près de l’ouïe droite. Le pied gauche faisait ainsi fonction d’âme. Un cordier large tenait les cordes qui s’ajustaient à l’aide de chevilles fixées derrière et manœuvrant avec une clef. Les deux cordes basses passaient en dehors de la touche et se pinçaient avec le pouce. Le crovth trithant servait aux ménétriers ; celui à six cordes fut en usage dans les Galles. jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. CRUCHE. On s’est servi longtemps, dans les campagnes d’Italie, d’une cruche en terre, munie d’un goulot, dans lequel on chantait des airs, en fermant plus ou moins l’ouverture de ce vase, à l’aide de la main. CUISLEY-CUIL. Ancienne cornemuse irlandaise. CUNO. Tambour colombien, très long de fût, et se frappant avec une mailloche. CUVETTTE. Partie de la harpe lui servant de base et contenant le mouvement des pédales attenantes aux triangles qui communiquent le mouvement au mécanisme de transposition. CUYVI. Fifre du Mexique, à cinq sons différents. CYLINDRE. Rouleau de bois ou de métal, muni de petites pointes de cuivre ou d’acier correspondant pour les orgues de Barbarie, à un mécanisme ouvrant certains tuyaux, et pour les boîtes à musique, à certaines dents d’un peigne d’acier. CYLINDRES A ROTATION. Pièces tournantes donnant, dans un sens horizontal, le mouvement des pistons ; c’est principalement dans les instruments allemands que ce système est. employé. CYMBALES. Instrument d’airain ayant la forme d’assiettes, frappant l’une contre l’autre et vibrant séparément par Un mouvement de recul. Suivant la mythologie, les prêtres crétois en auraient fait usage en premier ; mais c’est pour le culte de Cybèle, qu’assurément on les employa. Les cymbales fabriquées par les Turcs et par les Chinois sont martelées ; c’est ce qui leur donne un son si puissant et si pur, qui les faits préférer à celles des autres pays. CYMBALE DES ARMÉNIENS. Sorte de disque métallique muni de sonnettes placées sur les rebords de ce disque et attachées par des tringles, qui à l’exemple de celles du sistre glissent dans les rainures. Cet instrument est fixé au bout d’un long manche. CYMBALISTA. Homme grec jouant des cymbales. CYMBALISTRIA. Femme grecque jouant des cymbales CYMBALIONS. Castagnettes métalliques des Grecs, ayant la forme de petites coquilles creuses munies d’un rebord percé de trois trous pour passer un cordonnet qui s’attachait au pouce et au troisième doigt. Les cymballions furent importés d’Orient et sont appelées aussi Crembales ; c’est en réalité, un genre de crotale. CYNNIRA ou CYNURA. Variété de la lyre grecque, tirant son nom de Cynuras, roi de Chypre. CZACAN. Flûte-canne très en vogue, vers 1800, en Allemagne ; le son en était très doux. On a écrit beaucoup de musique pour cet instrument. CZACAN. Flûte allemande ayant la forme d’une canne
DAB-DAB. Tambour arabe. DACTYLION. Gymnase pour le doigts, inventé par M. Henri Herz. DACTYLIQUE. Flûte grecque pour la danse. DAF. Instrument à percussion employé dans les Indes. C’est un peu le même genre que le Deff, tambour basque de l’Algérie. DAIREH ou DAIRE. Tambour de basque persan assez semblable à l’ancien tambour de basque français. DAMARU. Tambourin très ancien ressemblant à un sablier. DAMPHA. Tambour octogone indien servant à accompagner les chants religieux. DANDAIN. Grelot du moyen âge. DARA. Sorte de grand tambour de basque des Indiens. DARABOUKA, DARABOOKA ou DARABOUKEH. Tambour égyptien dont le fût, ressemblant à un vase à goulot, est en terre cuite et se tient sous le bras gauche. C’est une feuille de gros parchemin qui, le plus souvent, sert de peau de batterie. DARABOUKKEH Tambour arabe, dont le fût est orné de peintures, d’inscriptions ou d’ornements de nacre. C’est le même instrument que le Daraboukah, à l’exception du fût qui est en bois, au lieu d’être en terre cuite. DARANDA. Tambour indien. DARUBIRI. Sorte de guimbarde des papous. DATYLOGRAPHE. Pienne inventa, en 1827, cet instrument qui, au moyen du toucher, transmet les signes de la parole entre un sourd et un aveugle. DAULD. Cloche d’Ethiopie DAVIDSHARFE. Sorte d’arpanetta ou harpe pointue des Allemands. DÉCACORDE. Harpe à- dix cordes des anciens, appelée aussi Harpe de David. Caron, luthier à Versailles, inventa, en 1785, une sorte de théorbe nommé Décacorde français. Le Décacorde anglais est une sorte de mandore à cinq rangs de doubles cordes. L’abbé Vogler pense que cette harpe s’accordait dans les tons de si, clef de basse, seconde ligne, do, ré, mi, fa, sol, la, si, do, ré. En 1828, Carulli fit construire par Lucoste une sorte de guitares à dix cordes à laquelle il donna ce nom. DEFF. Sorte de tambour de basque arabe, dont les bords sont larges ; une peau est maintenue à l’aide d’une ficelle qui la serre dans une rainure pratiquée sur le petit fût.. DEIOS. Nom d’une flûte grecque DEMBES. Tambour du Loango, formé d’un tronc d’arbre creusé et couvert de cuir ou de peau ; une ouverture large de deux doigts est ménagée au bas de cet instrument. DEMI-CANON. On désignait quelquefois ainsi le psaltérion. DENIS D’OR. Clavecin à pédales, inventé vers le commencement du XVIIIe siècle, et qui, dit-on, imitait le son d’un grand nombre d’instruments à cordes et à vent. DERBOUKA. Petit tambour arabe moderne, c’est aussi le nom d’un petit luth à long manche, en usage au Soudan. DESSUS DE CORNET. Instrument à vent des anciens, à sept trous, formé d’une corne de bœuf. DESSUS DE FLUTE A BEC. Instrument sonnant à l’octave au-dessus de la taille ou flûte à bec, et dont la tablature est la même. DESSUS DE FLUTE TRAVERSIÈRE. Instrument plus petit de moitié que la flûte traversière, dont il a la même tablature. DESSUS DE VIOLE ou PAR-DESSUS DE VIOLE. Instrument à six cordes et en bois, plus petit que l’ancienne viole, assez semblable au violon moderne. On le jouait surtout en Italie, à la façon des pifferari. DGNIRAF. Nom du fouet chez les Éthiopiens. DHAI. Sorte de violon indien. DHAK. Gros tambour indien se jouant avec deux baguettes et se battant du côté droit. DHOLA. Tambour indien, frappé avec une baguette et suspendu au cou de l’exécutant. DHOLARA. Tambour indien avec fût très elliptique, se jouant avec les mains. DHOL. Tambour des Ourias du golfe de Bengale sa longueur est de 0m,48 ; et le diamètre des membranes de 0m,30. DIAPASON. Petit instruments branches en acier que l’on frappe et qui, en résonnant, donne la note la ; il sert à accorder les instruments et à donner le ton aux voix. Des variations constantes dans le nombre de ses vibrations ont obligé l’État à nommer une commission chargée de régler le nombre de ces vibrations, en donnant au type consacré le nom de diapason normal. Ce dernier a 870 vibrations par seconde, à la température de 15°. Selon Hawkins, le diapason fut inventé par l’Anglais John Shore, en 1711, mais un instrument de ce même genre était employé déjà, avant cette époque, en Italie et se nommait Corista. Le diapason normal fut institué en France en 1859. On l’appelle en anglais Tuning-fork, en allemand, Stimgabel. Le mot diapason est le nom grec donné à l’octave. DIAPASON JAULIN. C’est le diapason à bouche ou à anche libre. DIAPASON OMNICORDE. Guichard l’imagina en 1854. Cet instrument donnait exactement le son des quatre cordes da violons sol, ré, la, mi. DIAPASON WOLFSOHN. C’est Woltsohn qui, en 1844, imagina, à Paris, de construire ce diapason, auquel il donna son nom. DIAPAZORAMA. En 1828, Matrol construisit une machine de ce nom qui, donnant un accord invariable et une justesse assez rigoureuse, était composée de seize diapasons, accordés par demi-ton en observant le tempérament. DIAULE. Double flûte grecque. DICHORDON ou DICHORDIUM. Trompette marine à deux cordes, existant au XIVe siècle. DICORDE. Instrument grec à deux cordes, en forme d’un carré long se terminant en pointe. DIGITAL. Magner construisit, en 1845, un petit appareil ainsi nommé, servant à faciliter le travail des doigts pour n’importe quel instrument. DINDIMI. Sorte de tambour de basque indien, muni de petites cimbales résonnant à l’intérieur. DIOPE ou DIOPIE. Flûte grecque, dont les deux trous se trouvaient à l’extrémité du tube. DIRRIDJE. Tambour arabe très allongé. DISCANT-ZINKE. Instrument à embouchure, muni de six trous latéraux, usité en Allemagne au XVIe et au XVIIe siècle. On pouvait voir un de ces instruments à l’exposition de 1878, à Paris, à la section belge de l’Art ancien. DISCORDE. Les peuples anciens possédaient cet instrument, et les Egyptiens l’employaient souvent . Il était dans le genre du luth, mais avec un fond plat, et le manche, très allongé, était muni de deux cordes. DIPAL-HARP. Harpe anglaise à dix neuf cordes possédant treize boutons servant à hausser les cordes d’un demi ton. Elle fut inventée, vers 1816, par Edward Light et perfectionnée par lui. Brinmayer donna ce nom, en 1830, à une petite harpe portative qu’il fit construire. DITTANACLASIS ou DITTONKLASIS. Sorte de piano, construit en 1800 par Muller, de Vienne. Deux claviers étaient superposés l’un sur l’autre, et les cordes accordées à l’octave. Une lyre, munie de cordes de boyau, était également jointe à ce bizarre instrument. DITTONKLAVIR. Clavecin à deux claviers et avec lyre munie de cordes de boyau, inventé par Muller, de Vienne, au commencement du XIXe siècle. DJAOUAK. Petit flûte arabe, formée d’un roseau ouvert percé de six trous, dont six sur le devant. Les sons du djaouak sont semblables à ceux du flageolet (Voir DJOUWAK. DJOUWAK. Flûte arabe, plus petite que la Guesba, c’est à dire longue d’à peu près 25 centimètre très répandue en Algérie. Les Arabes, pour la fabriquer, la taillent dans un tube de roseau. Il y en a qui sont encore de moindre dimension. DJUMPO. Instrument indien, formé d’un cylindre en terre cuite dont le sommet est tendu d’une peau mince, sur laquelle on racle un archet ? On l’appelle aussi Djugo. DODECACHORDON. Lyre ou cithare grecque à douze cordes. DŒFF. Tambour turc. DOLE, DOHLE ou DHOL. Tambour et tambourin des Indiens. DOMBOUR. Violon primitif des Kalmouks, monté de deux cordes en boyau. DORIENNE. Flûte grecque, servant à jouer dans le mode dorien. DOPPIONI. Hautbois primitif, en usage autrefois en Italie. DOUBLE-BASS. Nom anglais de la contrebasse primitive employée en Italie, au XVIe siècle. DOUBLE FLAGEOLET. Appelé aussi flûte d’accord ou flûte harmonique ; c’est ainsi qu son nom l’indique, un flageolet double dans un même corps ; il a deux embouchures et quatre ou six doubles trous. DOUBLES-MAINS. Mécanisme adapté aux orgues et aux harmoniums, au moyen duquel, en abaissant une touche, on fait baisser celle de l’octave au dessus. DOUÇAINE ou DULZAINA (dousaine). Grand hautbois des XVe et XVIe siècles, ayant de huit- à dix-huit trous. Il fut introduit en Espagne par les Maures. C’est aussi le nom d’un instrument lorrain, appelé au XVIe siècle, dans ce pays, grand hautbois, et qui figurait dans la pompe funèbre du duc Charles III.
DOUÇAINE OU GRAND HAUTBOIS Pompe funèbre du duc de Lorraine Charles III, à Nancy (1603)
DOUBLETTE. Jeu d’orgue placé dans les jeux mutations ; il sonne à l’octave du prestant, et n’est lui-même que d’une octave. Ce tube est en étain. DOUCINE on DULCIAN. Basson du moyen âge. DOUF Tambour arabe ; le véritable nom est Deff (Voir ce mot). DOUTARE. Sorte de luth à deux cordes et à chevalet, du Turkestan. DOUT-KA on DUTKA. - Flûte double, formée de deux roseaux, dont un est plus court que l’autre, percés de trois trous. Elle parait être l’instrument le plus ancien des paysans russes. DSANADSEL. Sistre abyssin. DUDAG. Trompette aiguë des anciens Irlandais. DUDUX. Flageolet turc. DULCE MELOS. Nom donné, au moyen âge, à un instrument à clavier de quatre octaves, appelé aussi Doulcemer, en France, et Dulcimer, en Angleterre. DULCIAN. Le basson, au XVIe et au XVIIe siècles, se nommait ainsi, il n’était formé que de quatre pièces garnies de deux clefs seulement, et avait quatre grandeurs différentes. DULCIMER. Tympanon anglais, ayant ordinairement trois octaves, mais n’offrant que les intervalles de la gamme diatonique. DURANDA. Tambour indien. DURBEKKE. Tambour arabe, formé d’un vase de terre ou d’un tronc d’arbre évidé, terminé d’un côté par un goulot qui sert à tenir l’instrument, tandis que l’autre côté est recouvert d’une peau tendue par des cordeaux. DUPLEX. En 1855, Pelitti, de Milan, donna ce nom à un instrument de cuivre, n’ayant qu’une seule embouchure, double pavillon et double combinaison. DUTKA. Double flûte employée par les paysans russes ; elle est formée de deux roseaux inégaux, percés chacun de trois trous.
ÊCHAPPEMENT. Pièce de la mécanique du piano réglant la distance à laquelle le marteau doit revenir en arrière après avoir frappé la corde. Cet effet empêche le marteau d’étouffer le son. Sébastien Erard est l’inventeur de l’échappement. ÉCHELETTES. Sorte d’harmonica, à lames de bois, d’origine asiatique, se composant d’un certain nombre de lames se frappant avec une baguette terminée par une boule. ÉCHOMÈTRE. Instrument inventé en 1701, par Sauveur, et consistant en une sorte de règle ou d’échelle croisée servant à mesurer la durée des tons et à déterminer leurs intervalles comme leurs rapports. ÉCLISSE. Pièce cintrée au feu. en bois d’érable ou de plaine, servant à relier le fond et la table d’un instrument à cordes, tel qu’un violon, etc., et donnant en même temps la hauteur à la caisse sonore. ÉCOUVILLON. Petite tige de bois ou de baleine, garnie de fils de soie, ou de bourre de laine, destinée à nettoyer l’intérieur des instruments à vent en bois tels que la flûte, le hautbois, la clarinette, etc. ÉGUEPPA. Petite trompette aiguë mexicaine. EGYPTIENNE. Flûte employée en Grèce, connue aussi sous le nom de plagiaule ou oblique. EKTARA. Monocorde indien se jouant avec les doigts. EKULTARO. Instrument à cordes, de l’Inde. ÉLÉPHANTINE. Flûte d’ivoire usitée, chez les Phéniciens, et ainsi nommée à cause de la matière tirée des défenses d’éléphant dont elle était formée. ÉLICON. - Nom donné quelquefois au monocorde grec. Ce mot désigne aussi un instrument circulaire à vent et en cuivre (Voir HELICON). ÉLODICON. Instrument à soufflerie et à lames métalliques, inventé par Eschenbach, en 1820, et perfectionné par Voigt, à Schweinfurt. L’harmonium en est la progression, et on lui a souvent donné ce nom. EL’OUD ou EOUD.- Nom arabe du luth (Voyez ce mot ÉLYME. - Grosse flûte phrygienne en bois de buis recourbée à l’extrémité inférieure, où l’on attachait une corde de veau. EMBANKIS. Nom des principaux instruments du Congo, usités seulement par le roi et par les princes. EMBARATÈRES. Flûtes grecques, pour la marche lente des cortèges. EMBATÉRIENNE. Nom de la flûte employée dans les marches militaires des Lacédémoniens. EMBILTA. Flûte à bec d’Ethiopie, à sept trous sur le devant. EMBOUCHURE. Pièce hémisphérique ou concave, en cuivre, en os, en ivoire, se plaçant à l’extrémité du tube d’insufflation de certains instruments à vent, et sur les bords de laquelle s’appuient les lèvres de l’exécutant. L’usage de l’embouchure est aussi ancien que celui des instruments à vent ? Les Romains l’employaient. Une embouchure de ce genre fut trouvée dans les environs du château de Pierrefond. ENCHOMBRE. Instrument particulier aux habitants d’Empoongwa (centre de l’Afrique), et ressemblant assez à la mandoline. Le manche, formé de cinq morceaux de bambou, est garni de cinq cordes en fil de palmier. On le joue avec les deux mains. ENGLISH-HORN. Nom anglais du Cor anglais, en italien, Oboé da Caccia. ENMORACHE. Guitare mauresque du Moyen âge, citée par Guillaume de Machau (XIXe siècle). ENNÉACORDE. Cithare lyre grecque, à neuf cordes inventée par les Assyriens. EOLI-COURTIER. Courtier, de Paris, inventa cet instrument en 1844. C’est un double clavier muni de soufflet et de lames vibrantes. EOLINE ou ELODION. Nom primitif du mélodium ou harmonium, inventé en 1816, par Schlimbach, facteur à Ohrdruff. EOLODION. Genre de physharmonica à clavier avec six octaves, timbres variés, inventé, en 1821 par Reich à Furth, près Nuremberg (Bavière). EPANDORON. Sorte de lyre grecque. ÉPÉE-FRAPPÉE. Vers le XVIIe siècle, les soldats napolitains armaient leurs doigts et faisaient résonner la lame de l’épée dans le silence de la nuit. ÉPIGONION, ou ÉPICONION ou ÉPIGONIUM. Cithare grecque à quarante cordes accouplées à l’unisson, produisant vingt notes, formant une échelle chromatique, permettant de jouer dans tous les modes ? Cet instrument fut inventé, dit-on par Epigone de Millet ou par Epigonius d’Alexandrie.
(XVIe SIECLE) ÉPINETTE VIRGINALE. De la Reine Elisabeth d’Angleterre (Musée de Kensiagoa)
ÉPINETTE. Instrument à percussion, mentionné dans le Décaméron, dès 1350 ; il avait la forme d’une harpe placée horizontalement, tantôt celle d’un parallélogramme ; d’autres, à l’italienne, avaient à peu près celle du Clavecin. L’Épinette n’avait qu’une corde par note, correspondant par une touche et un rang de sautereaux. La corde était accrochée en passant par un petit bec de plume de corbeau ; lorsque le sautereau retombait, un petit morceau de drap, ajusté sur le dessus du bec de plume s’appuyait sur la corde et arrêtait la vibration. Dans sa plus grande perfection, l’Épinette n’eut que de trois à quatre octaves et ressemblait à un piano carré ; Henri VIII, roi d’Angleterre, et la reine Elisabeth en jouaient fort agréablement. Pendant la Réforme, les protestants chantaient des cantiques, en s’accompagnant sur cet instrument. Au XVIIIe siècle, l’Épinette avait deux claviers ; celui de dessus était garni d’un sautereau sur chaque touche, celui de dessous en avait deux ; le premier donnait les cordes à l’unisson, l’autre les cordes à l’octave. Le nom d’épinette vient de ce qu’on avait armé les sautereaux d’un petit morceau de plume, taillé comme un e épine. Les Ruckers, d’Anvers, et Jean Denis, de Paris, fabriquèrent des Épinettes et des Clavecins remarquables. Les Épinettes avaient primitivement des cordes de boyau ; ce n’est que vers le commencement du XVIIIe siècle qu’on les remplaça par des Cor des d’acier. ÉPINETTE A ARCHET. Un tissu de crins, formant courroie, était placé sur une roue mise en mouvement par une pédale. Les touches, par la pression des doigts, faisaient baisser les cordes sur l’archet, à l’aide d’un pilote fixé à ces touches. Le pilote saisissait le dessus de la corde et le rapprochait de l’archet, circulant sous toutes les cordes. Cet instrument fut construit par Renaud, artiste d’Orléans, qui habitait Paris vers 1770, mais deux défauts l’empêchèrent de se propager : les cordes de boyau se désaccordaient très fréquemment, de plus, si l’on baissait plusieurs touches en même. temps, elles pressaient trop fort l’archet, qui restait immobile. Un autre essai fut fait avec des cordes métalliques, mais sans grand succès. De nos jours, M. Baudet, de Paris, a inventé un instrument de ce genre : le Piano-Quatuor (Voyez ce mot). ÉPINETTE A MARTEAUX DE BOIS DUR. Variété du Manicordion ; on avait ajusté ; une bande de peau, qui, par une pédale poussée à l’aide du genou, se substituait à volonté entre les marteaux de bois et les cordes. Cet instrument fut inventé par les Allemands, vers la fin du XVIIIe siècle. ÉPINETTE A ORCHESTRE. Mécanisme appliqué Vers 1750 aux instruments du quatuor ; deux violons. un alto, un violoncelle ; les touches étaient plates et très allongées quatorze cordes étaient tendues sur chaque, instrument, qui possédaient chacun un grand archet ; une pédale faisait tourner une roue et mettait une autre roue en mouvement. Cette seconde roue faisait fonctionner les archets à une certaine distance du sillet. En mettant le doigt sur une touche du clavier, la touche s’élevait et allait s’appuyer plus ou moins fort contre l’archet. Afin d’allonger les cordes du côté du sillet, elles étaient doubles, Ce mécanisme avait coûté quinze cents livres à son inventeur. ÉPINETTE A SAUTEREAUX EXMPLUMÈS ET A MARTEAUX. En 1758, un facteur anglais, ajouta, dit-on, à l’Épi nette ordinaire, six rangs de sautereaux emplumés et un rang de sautereaux à marteaux. Les sautereaux emplumés heurtaient la même corde, les uns près du chevalet, les autres, plus ou moins loin ; c’est pourquoi la corde rendait six sons différents. Un musicien parisien, nommé Virbes, fit entendre cet instrument avec succès, en France, vers 1780. ÉPINETTE DÈS VOSGES. Instrument fabriqué au Val d’Ajol, ressemblant à une bûche. Autrefois, on se servait du pouce de la main droite pour faite résonner les cordes graves et de la main gauche, on frappait la corde supérieure ; actuellement, on les pince avec une plume. ÉPINETTE EN CRESCENDO. Mécanisme adapté aux Épinettes par un musicien de Grenoble, nommé Berger. Ce mécanisme augmentait le son à volonté. ÉPINETTE EN PLUSIEURS PARTIES. Cet instrument se démontait en plusieurs parties et servait pour voyager. ; on l’employait beaucoup, dans ce cas, au XVIIIe siècle. ÉPINETTE EXPRESSIVE. Berger, de Grenoble, l’imagina en 1740, et soumise à l’académie l’essai de cet instrument. EPTACORDE. Lyre grecque à sept cordes. EQLIGH. Castagnette en bois des Arabes. ERAGYEH. Hautbois arabe à sept trous devant et un derrière ; il est d’une seule pièce, en buis et muni d’une anche faite d’un jonc marin. L’Eragyeh est le plus bas, comme tonalité, des hautbois arabes. ESRAR. Instrument moderne à archet, de l’Inde, tenant de la Sitar et de la Sarungie, monté de cinq cordes et de onze sympathique, son accord est : fa des lignes, ut au-dessous des lignes, sol des lignes de la clef le sol et ut de la ligne de la clef de fa. Le manche est long et garni de seize cases, la caisse ressemble à celle de la Chikara ESTIVE. Nom donné à la Musette, au Moyen âge. ETINÇON. Ou ETEINSON. Petite tige de bois dur, dont les deux extrémités amincies et plus larges, sont garnies de peau et servent aux accordeurs de pianos, à placer entre les cordes afin de les isoler en accordant, pour n’entendre qu’un son à la foi. ETOUFFOIR. Pièce de feutre d’un piano, destinée lorsque le mécanisme se lève, à laisser vibrer les cordes et, aussitôt abaissée à en étouffer le son. ETUI. Enveloppe servant à garantir un grand nombre d’instruments. Il y a des genres d’étuis différents et en différentes matières ; tel que bois, cuir bouilli, etc. Plusieurs affectent la forme de l’instrument qu’ils contiennent. EUMATIA. Harmonica de verre, construit vers la fin du XVIIIe siècle, et possédant deux octaves avec les demi tons. EUPHONE. Sorte d’harmonica de quarante-deux , verres inventé par Chladni à Wittemberg, en 1790. Un cylindre frottant sur ces verres, en produit le son. EUPHONICON. Beâle, associé de Cramer, imagina en 1842 , à Londres, l’Euphonicon, qui réunissait les avantages de la harpe et du piano. Ce nom fut aussi donné, en 1850, par Vallez, à une sorte d’orgues à lames sonores. EUPHONIUM. Sorte d’Octaveophicléide à ventilles, de trois mètre de long, en cuivre, construit par Serveny’s, en 1813. Ce nom fut aussi appliqué à l’instrument à lames sonores inventé par Vallez en 1850. EUPHOTINE. Instrument composé de diapasons de grandeurs différentes, mis en vibration par un clavier et une soufflerie. C’est Petit qui l’imagina, en 1852. EXACORDE. Lyre grecque à six cordes.
FAGOTTINO. Petit basson italien ; c’est le courtaud français qui était sans clefs ou à quatre clefs : il fut employé jusqu’au XVIIIe siècle. Un instrument semblable se voyait à la section belge à l’exposition de l’Art ancien, à Paris, en 1878. FAGOTTO, FAGOT. Nom italien du basson, nommé ainsi parce que les parties assemblées des pièces de bois formant l’ensemble de cet instrument le font ressembler quelque peu à des fagots liés ensemble. FAGOTTONE ou CONTRE-BASSON. Instrument à anche et à vent, du genre du basson, sonnant à l’octave inférieure de ce dernier. Il était au hautbois ce que le violoncelle est au violon moderne. FANG-HIANG. Carillon chinois, composé de seize pièces de bois de différentes épaisseurs suspendues à un tréteau décoré. Ces pièces de bois sont frappées à l’aide d’un marteau de bois dur. FASCIES-ECLISSES. (Voyez Eclisses.) FIFRE. Instrument à vent, en bois, à six trous, semblable à l’octavin, mais sans clef ; ses sons vibrants se marient très bien au tambour ; il se joue quelquefois à l’orchestre, mais plus souvent dans les musiques militaires. Ce sont les Suisses qui l’ont apporté en France, et l’usage en fut répandu surtout après la bataille de Marignan, sous François Ier. L’armée prussienne possède, de nos jours, des joueurs de fifres, qui alternent avec les tambours et les clairons. Le fifre est en si bémol ou en ré. FILET. Assemblage de trois bois dont deux noirs et un blanc entre eux, incrusté à moitié bois dans les instruments à cordes. Le filet, indépendamment de l’ornementation qu’il donne, a aussi un but utile, c’est celui de renforcer la solidité des bois minces, étant placé dans le sens circulaire des fibres de ces bois. FISTULA, FISTULE. Nom donné chez les anciens à la flûte de Pan, grecque et romaine, faite de tiges de roseaux, de canne ou de ciguë (Tibull, II, 5, 31) ; de là, le nom de Fistulator, attribué à celui qui soutenait la voix d’un orateur en jouant dans un certain ton. Gracchus, d’après, Cicéron, avait toujours un fistulator auprès de lui, quand il parlait en public. Au Moyen âge, on donnait ce nom à la flûte Pan, munie de sept ou de neuf tuyaux. Les Romains appelaient ainsi les flûtes et les chalumeaux. FISTULA ELVETICA. Nom ancien de la flûte traversière. FIS TULA PANIS. C’est la Syrinx des grecs. FITHILE. Nom de la viole primitive à archet, des Anglo-Saxons ; elle était montée de trois, quatre et même de cinq cordes. FLAGEOL. Ancienne dénomination du flageolet. FLAGEOLET. Les flûtes, droites, à six trous, ont donné naissance au flageolet moderne. On l’appela au Moyen Âge : Flaïos, Flajos, Flajus, Flaïole. Il y a deux sortes de, flageolets : ceux à bec et ceux à pompe ; les premiers, peu employés, portent ce nom à cause de l’embouchure, qui a la forme d’un bec d’oiseau ; les seconds s’appellent ainsi, parce qu’ils renferment sous le sifflet une petite éponge, destinée à absorber la salive lancée maladroitement par l’exécutant. Il y a des flageolets en bois, en ivoire, qui sont simples et à clefs. Dans ces derniers, il y en a de sept sortes et, depuis le flageolet sans clefs, il y en a qui en sont munis de six, et même les flageolets Bœhm, en ont huit. Un jeu d’orgue porte aussi ce. nom FLAGEOLET A TROIS, CORPS. Cet instrument, du commencement du XIXe siècle, est l’œuvre d’un habitant de Dijon, et se voit au musée du Conservatoire de Paris, sous le n° 385 ; il n’a qu’une seule embouchure. FLAGEOLET D’OISEAU. Gros flageolet servant, avant l’usage de la serinette, à apprendre à siffler aux serins. PLAGEOLET DOUBLE ET TRIPLE. Instrument d’une longueur de 40 centimètres, inventé, en 1810, par Bainbridge, qui le fit breveter en France, en 1816. On obtint, à l’aide d’un mouvement symétrique des doigts, la plus grande partie des notes naturelles et des gammes diésées et bémolisées. Ce même facteur inventa, vers 1824 un flageolet triple qui descendait jusqu’au sol d’entre les lignes de la clef de fa. C’est en 1825 que Letort, de Limoges, ajouta une clef au flageolet, baissant ainsi la note d’un demi-ton.
FLAGEOLET DOUBLE ANCIEN FLAGEOLET INDIEN EN IVOIRE FLAGEOLET DOUBLE Musée de Kensigton.
FLAGEOLET EGYPTIEN. Cet instrument, très ancien, est percé de six trous et d’un septième par derrière. FLAHUTICLE. C’est ainsi qu’on appelait quelquefois la flûte à bec, au moyen âge, en France. FLAJOS, FLAGOLE. Nom donnés, au Moyen âge à la flûte à bec. FLAUTE TRAVERSAINE. Nom de la flûte traversière à six trous, au Moyen âge, en France. FLAUTINO. C’est le nom italien de la petite flûte. FLAUTO-DOLCE. Nom italien de la flûte à bec. FLEUTE. Nom donné à la flûte, au Moyen âge. FLEUTHE, FLEUTE, FLAUSTE, FLEUSTE, FLAUTE DE BEHAIGNE. Noms donnés à la flûte traversière à huit trous, au moyen âge. FLUGELHORN. Nom donné, par les allemands, au bugle (Voir ce mot) ; les Anglais le nomment Bugle-Horn. FLUTE. C’est un des plus anciens instruments à vent ; il y en avait quatre sortes : la flûte droite, la flûte traversière, la flûte de Pan et la flûte double. Actuellement, on n’emploie plus en Europe, que la flûte traversière. Les grecs connaissaient les flûtes à trois et six trous, se jouant avec une anche ; Hyagnis passe pour avoir joué de cet instrument 1506 ans avant J.C. La flûte trouvée à , qui se voit au musée de Naples a une octave d’étendue, du si au si. Les Romains l’appelaient Fistula. A la fin du XIIIe siècle, la flûte avait huit trous et il y avait le Discanitus, le Ténor et la Basse de flûte . Il y eut des flûtes à neuf trous, le huitième se divisant en deux demi trous se bouchant avec le petit doigt de la main droite. La flûte traversière avait aussi une famille de quatre voix différentes. Vers la fin du XVIIe siècle, on perfectionna singulièrement la flûte. La flûte moderne a trois octaves, depuis l’ut au dessous de la cinquième ligne de (clef de sol) jusqu’au deuxième ut des portées additionnelles. Il y a trois sorte de flûte : celles en mi bémol, en fa et en ré. Celle en fa n’est presque plus usitée, tandis que celle en mi bémol l’est dans les musiques militaires et celle en ré dans les orchestres. Il y a des flûtes sans clefs, puis jusqu’à dix sept clefs, et enfin viennent les flûtes Bœm. FLUTE A BEC. Instrument assez semblable à un gros flageolet, qui fit place à la flûte traversière. La flûte à bec, trous usitée au moyen âge, appelée aussi flûte droite, était percée de trois, six, six ou neuf trous, en plus de ceux des extrémités et de l’ouverture appelée lumière. Plusieurs monuments, tableaux ou tapisseries du moyen âge représentent, parmi d’autres instrumentistes, des joueurs de flûte à bec, entre autre sur les fameuses tapisseries prises dans la tente de Charles-le-Téméraire après la bataille de Nancy (1470), dont on peut voir la reproduction dans mon livre : La musique en Lorraine. Le diapason de la flûte à bec s’étendait du fa grave au troisième sol du violon. FLUTE A BEC MÉTALLIQUE. Instrument dans le genre du flageolet, mais en métal, soit en fer blanc et garni de six trous. FLUTE AFRICAINE. Cet instrument primitif est percé de quatre trous en plus de celui de l’embouchure FLUTE ALLEMANDE. Nom de la flûte traversière FLUTE AMERICAINE. Flûte primitive en roseau, garnie de cordes tressées. FLUTES ANGLAISES. Ainsi nommées parce qu’elles furent fabriquées à Londre par Potter. Les tampons sont coniques et en métal. FLUTE ANTIQUE. Les flûtes romaines trouvées à Pompéi se nomment ainsi . Elle se composaient d’un tuyau cylindrique d’ivoire percé de trous latéraux, sur lequel glissent des douilles tournantes en métal. FLUTES : ARGIENNE, BÉOTIENNE, CORINTHIENNE, ÉGYPTIENNE, PHÉNICIENNE. Nom de la flûte des peuples anciens. FLUTE BRUYANTE. Nom donné à la fin du Xve siècle à la grande flûte que l’on jouait dans les concerts et qui avait quelques rapports avec notre grande clarinette, sauf les clefs. FLUTE CITHARISTIENNE . Cette flûte se jouait, chez les anciens grecs, avec la cit. FLUTE COMPOSITEUR. Instrument moderne et mécanique, dont l’exécutant peut se servir sans être musicien ; avant de jouer, chaque personne compose le morceau qu’elle désire, au moyen de petites lames de fer. C’est Plutôt un jouet qu’un instrument. FLUTE D’ACCORD. La flûte d’accord ou harmonique est une amélioration de la flûte double des Anciens. C’est la plus petite des flûtes à bec. Ces deux flûtes réunies se jouaient à. la tierce. On l’employa, surtout au XVIIIe et au XVIIIe siècle ; les femmes en jouaient. Il y en avait en bois et en ivoire à six. et à sept trous doubles, avec bec et sifflets. FLUTE -D’AMOUR. Flûte très longue, descendant au sol, inventée par Roth, de Strasbourg, en 1855. PLUTE DE PAN. Assemblage de tuyau de roseaux (7, 9, 12 ou 16) de différentes grandeurs, ouverts en haut, fermés en bas, et reliés entre eux par des liens d’écorce de roseaux ou de gros fil avec deux petites barres transversales de bois mince ou de roseau. Les Grecs l’appelaient Syrinx (Voyez ce mot), les Romains, Calamus ou Fistula (voir ces mots). FLUTE DE PAN EN CHAMADE. Syrinx colossale employée encore au Pérou ; c’est une espèce d’orgue flûte, dont le tuyau, rendant le son le plus grave a 2 mètres de longueur. Les tubes, en feuilles de palmier, sont groupés sur deux rangs, neuf donnent les sons naturels, et quatre les demi-tons. Cet instrument se tient horizontalement, l’extrémité inférieure appuyée à terre. On l’emploie aussi dans l’île de Cuba. L’exécutant émet des sons en serrant les lèvres, sur l’orifice des tuyaux, comme pour jouer de la trompette. FLUTE DES BAMBARAS. Tube de bambou, fermé des deux côtés et percé de cinq trous. La longueur de l’instrument est de 40 centimètre. FLUTE DES NÉGRES. Cylindre de fer d’un pouce de diamètre, tournant en spirale autour d’un bâton, et couvert à une des extrémités. Le sommet du bâton est orné d’un coq de cuivre ; l’embouchure se trouvé du côté opposé. FLUTE DES SACRIFICES. Flûte double des anciens. FLUTE DOUBLE. Cet instrument, très ancien, fut employé par les Grecs et par les Romains. Afin d’en jouer plus commodément, on se servait d’une pièce de cuir souple qui s’appelait Phorbeïa, et que l’on ajustait sur la bouche à l’aide de petites bandelette ; de cette façon, le souffle de exécutant passait directement dans cet instrument double. Les anciens bas-reliefs donnent encore des reproductions de la flûte double. FLUTE DOUCE. Ancienne flûte à bec du Moyen âge, appelée, par les Italiens, Flauto dolcé. FLUTE DOUCE ou D’ANGLETERRE. Cette flûte traversière avait neuf trous, et fut employée dans les orchestres, en Europe, jusqu’au siècle dernier. FLUTE DROITE. Au commencement du XVIIe siècle, on fabriquait, en Allemagne, des flûtes droites à huit trous, dont un est bouché par une clef à patte. Elles étaient en bois et longues de 92 centimètres. FLUTE ÉLÉPHANTINE. (Voyez ÉLÉPHANTINE). FLUTE AMBAÉRIENNE. (Voyez EMBATERIENNE). FLUTE EN LA. Naust, de Strasbourg, construisit, au siècle dernier, des flûtes en la à une seule clef. FLUTE EN LA BÉMOL. Buffet-Crampon construisit des instruments de ce genre pour les musiques militaires françaises ; ces . fautes étaient en bois et à quatre clefs. FLUTE EN UT. Instrument en bois usité dans les armées françaises sous le premier Empire. Il est sans clef et percé de six trous ; on le jouait en. ré lorsque l’harmonie était en ut. FLUTET. Instrument à vent, en bois, à trois trous, en usage chez les Basques et semblable à la flûte primitive. FLUTE ENNUQUE. C’est, en réalité, une sorte de mirliton primitif, fait, soit en bois, soit en ivoire, long d’à-peu-près 88 centimètres. Sous Louis XIII, nous dit le Père Mersenne, les concerts de flûtes ennuques étaient en grande faveur. FLUTE FRANÇAISE. Nom donné, en 1848, par Cœur, a une flûte de son invention, dont la perce était conique et montée de clefs d’un nouveau genre et d’un double effet. FLUTE HARMONIQUE. Rouvret imagina, en 1829, une sorte d’accordéon portant ce nom, FLUTE HARMONIQUE. Nom donné, quelquefois au Moyen âge à une flûte d’accord (Voir ce mot. FLUTE HARPE. Instrument d’origine africaine, dont le corps est fait d’un morceau de canne à sucre. On s’in sert en Afrique, comme de flûte traversière et comme harpe à trois cordes. Un spécimen de ce genre existe au Musée du Conservatoire national de musique à Paris sous le n° 887. FLUTE INDIENNE. Cette flûte, en usage dans le pays d’Orissa, consiste en un tuyau conique de bambou de 0m,98 de long, se tient comme la flûte à bec et, d’après le Yantra Kosha, donne tous les sons de la gamme diatonique. On l’appelle Benu. FLUTE LOTINE. Instrument des anciens, formé de bois de lotos. FLUTE MALGACHE. Instrument se jouant comme le hautbois ; sorte de flûte à bec, faite d’un roseau percé de trois trous. FLUTE MEXICAINE. Les Mexicains ont une flûte taillée dans un roseau et percée, au feu, d’une façon rudimentaire. FLUTE MYTHIQUE. Flûte grecque usité dans les jeux mythiques. FLUTE (Petite). Cette flûte est à l’octave supérieur de la flûte ordinaire ; elle a un timbre très perçant et s’emploie dans les orchestres et dans les musiques militaires. Elle est soit en mi bémol, soit en ré. FLUTE TÉNOR. Variété de la flûte à bec. FLUTE TIERCE. La flûte tierce est intermédiaire entre la flûte traversière ou grande flûte et le fifre. Elle sonne une tierce mineur plus haut que la première., son étendue réelle est du fa au dessus de la première ligne clef de sol, jusqu’au deuxième ut des lignes additionnelles. On l’emploiE surtout dans les musique militaires. FLUTE TRAVERSIÈRE. Les égyptiens connaissaient ce genre de flûte ; les grecs la nommaient Plagiolos. Au XIVe siècle, Eustache Deschamp la cite comme très répandue en France. Il y avait toute une famille de flûte traversière. On l’appelle ainsi parce qu’elle traverse le visage, comparativement aux flûtes à bec : on la nomma aussi, au Moyen âge Flûte allemande, parce que les Allemands s’en servaient à la guerre pour accompagner le tambour. Rabelais en parle dans Gargantua ; il dit qu’elle avait neuf trous. Ce sont du reste les allemands qui imaginèrent, il y a un peu plus d’un siècle l’application des petites clefs, donnant l’égalité entre les tons, les demi-tons, ainsi que celle de la patte, donnant deux notes de plus dans le grave : ut dièse et ut naturel. On fait des flûtes traversières en bois d’ébène, de grenadille, en ivoire, en faïence, en cristal, etc.… en porcelaine, en argent, en écaille, et même en marbre. Les flûtes traversières à clef sont d’invention française. C’est le capitaine Gordon qui, en 1827 y substitua un système nouveau en perçant des trous à égale distance les uns des autres, afin d’obtenir une gamme chromatique rigoureusement juste. T. Bœm modifia ce système en y ajoutant des anneaux. FLUTE TRAVERSIÈRE A BEC. Cet instrument, absolument semblable, comme tablature, à la flûte à bec, ne possédait, au XVIIIe siècle, qu’une seule clef. FLUTE TRAVERSIÈRE A DEUX CLEFS. Cette flûte fut perfectionnée au XVIIIe siècle, par Quantz, célèbre flûtiste du roi de Prusse. Ces flûtes étaient un peu plus longues que les flûtes traversières allemandes, d’un fort diamètre et plus épaisse en bois. FLUTE-TRAVERSIÈRE-BASSE. Comme son nom l’indique, c’est la flûte qui fait la partie nasse des flûtes ; elle est d’origine allemande. FLUTE TRAVERSIÈRE DE CHINE. Cet ancien instrument chinois est entièrement en ivoire, à l’exception du corps d’embouchure, qui est en roseau renforcé de vernis. Elle est percée de seize trous, dont celui qui est près de l’embouchure, est garni d’une pellicule tirée de la moëlle du bambou et sert à modifier le son de cette flûte. FLUTE TURQUE. Petite flûte en roseau à six trous se jouant verticalement. Il y a aussi une grande Flûte turque, percée de sept trous devant et d’un huitième de l’autre côté ; celle ci se joue comme la flûte à bec. FLUTÈOLE. Flûte à perce conique, inventée par Coste, en 1847. FLUTINA. Genre d’accordéon anglais, perfectionné à Paris, vers 1827. FLUTINA. Petit accordéon avec un clavier supérieur et un clavier inférieur, construit par Wender, en 1842. FLUTINA-POLKA. Genre d’harmoniflûte-aocordéon, à doubles rangs de lames sonores, inventé en 1851, par Busson, de Paris. PLUTUPHONE. Instrument composé de tuyaux métalliques à une ou deux octaves, imitant le son de là flûte, possédant un tube insufflateur et un clavier à pilotes, dans le genre de l’Harmonicor. FORT BIEN. Frédéric, facteur d’orgues, à Géra, donna ce nom, en 1758, à un piano cordé qu’il construisit. FORTE - CAMPABO. Lemoine, en 1825, imagina un instrument dont les sons doux étaient produits par des tiges métalliques. FORTE-PIANO. C’est le clavecin à marteaux inventé vers 1765, par Silbermann, à Freyberg (Saxe). FORTE-PIANO ou PIANO-FORTE (Voir PIANO). FOUET. Le fouet est employé, quelquefois en musique, dans des opéras tels que le Postillon de Lonjumeau. C’est une double lanière de cuir maintenue aux extrémités par deux manches de bois. On produit un mouvement latéral et brusque de tension, et les lanières, se frappant l’une contre l’autre, produisent le bruit du fouet. FOURCHETTE, Petite pédale adaptée à la harpe, par Erard faisant élever les cordes d’un demi-ton. FOURNITURE. Jeu d’orgues, entrant dans le mélange du plein-jeu et composé de tuyaux aigus, accordées à la quinte à l’octave. à la double octave et à la tierce du son fondamental, avec des redoublements. FOUYI. Flûte traversière, percée de sept trous latéraux, placés au-dessous de l’embouchure, en usage au Japon. Les Japonais ont aussi la flûte traversière à six trous (Kagoura-Fouyi), celle à quatre trous (Koma-Fouyi), provenant toutes de là Corée. FREIN HARMONIQUE. Appareil en cuivre. inventé par Anselme Gavioli, consistant en un frein obturateur et placé à l’embouchure des tuyaux d’orgues, afin d’en régler le son avec précision. On peut aussi, de cette façon, en fixer le timbre suivant la taille du tuyau. FRESTEL, PRETIAU, FRESTIAU, FRETEL. Nom de la flûte à bec, à trois trous, au Moyen Âge ; on l’appela aussi Galoubet, et actuellement on la désigne sous le nom de sifflet des Chaudronniers. FRÉTEL. C’est le nom donné, au Moyen âge, à la flûte de Pan ; on l’appelait aussi Frestel, Fresteal, et quelquefois, Sistre. On s’en servait dans les concerts, au Xie siècle ; au XII et au XIIIe siècles, on l’employait avec les flûtes ; mais à dater de 1400, on ne l’emploie plus qu’aux champs. FUT. Baguette d’un archet. c’est aussi le gabarit du tambour.
GALOUBET. Ce mot vient du provençal gal, joyeux, et Oubet pour aubet, diminutif de auboï, hautbois, dont l’usage est très ancien en France et particulièrement en Provence. C’est surtout un instrument Champêtre. La main gauche, seule, sert à jouer de cet instrument, la droite étant occupée à jouer le tambourin. Le galoubet est toujours en ré ; il donne dix-sept notes et sonne deux octaves au-dessus de la flûte traversière ; Il est percé de trois trous. En Languedoc et en Provence, il y a des joueurs galoubet qui parviennent à exécuter de véritables concertos. Au Xve et au XVIe siècle les taburins des ducs de Lorraine jouaient fort bien du galoubet. On le nommait aussi frestel, au Moyen Âge ; les bois employés à sa fabrication sont le buis, l’ébène, et le grenadille. GAMBANG. Instrument de percussion à lames métalliques de la Malaisie. GAMBENWERK. Clavecin viole, inventé en 1600, par Hans Heyden, de Nuremberg. Les cordes étaient mises en vibration par le frottement d’une roue que le pied de l’exécutant faisait tourner. GAMELANG. Harmonica à lame métallique, du royaume de Siam. GAND. Nom de la trompe pastorale en corne de vache, des abyssins. GANDER. Instrument indien, formé de lames d’étain placées sur des bambous. GANYBRY. Guitare des Kabyles, à deux et trois cordes. C’est une sorte de grande mandoline, dont le manche est très long. GARIKA. Nom indien, donné souvent à l’archet de ce pays. GARINGUA-TAOUE. Trompette de la Nubie. GARINGUE. Flûte nubienne. GAVIOLI-FLUTE. Genre d’orgue à tuyaux et à manivelle, inventé par Gavioli, de Paris. GASAPH. Cornemuse ou chalumeau des côtes de la Barbarie. GAUTHA. Petite clochette de bronze, ornée d’une tête et de deux ailes ; les brahmines, prêtres de l’Inde, les font résonner dans les vestibules de leurs temples, le matin et le soir avant les sacrifices. GEIGE. Nom allemand de la gigue (voir ce mot) appelée aussi Klein Geige ohne Bünde (Petite viole sans liens), c’est-à-dire sans cases ou plutôt sans éclisses. Cet instrument est formé de deux tables d’harmonie ; la première, occupant la partie inférieure de l’instrument, avait des ouies et un chevalet ; la deuxième, plus haute, ne faisant qu’une seule pièce jusqu’à la volute, laquelle était percée de trois trous pour les chevilles. Le dos était voûté, mais sans côtes. Il y avait des dessus, des altos, des ténors et des basses de Geige. On appelle quelquefois maintenant, en allemand, le violon, Geige. GEIGEN-CLAVICYMBAL. Instrument à clavier et à sons prolongés, au moyen d’un archet à roue, imaginé en 1810 par Hans Haydn GEIGENWERK (Voir GAMBENWERK), c’est le même instrument) GEMS-HORN. Cor de chamois ou Cor des Alpes ; sorte de cor en bois. GENDERANG. Grand tambour des nègres. GETAGIL. Crotale avec grelot, des Arabes. GHANTA KHUDRA. Clochettes de bronze, servant dans l’inde à marquer la mesure. GHARI. Gong ou tam-tam indien du diamètre de 0m 24. Le son en est très puissant. GHENTA. Petit cornet à bouquin des Ethiopiens destiné à l’usage des pasteurs montagnards. GHIRBAL. Tambour de basque des Arabes. GHIRONDA-RIBECCA. Rebec à roue. C’est le nom donné, en Italie, à la vielle à roue. GHUNGURA. Grelots, que les indiens attachent aux chevilles des danseurs et servant à marquer la mesure. GHUTRU. Tambour indien, en terre cuite ayant la forme d’un vase arrondi, et ressemblant au Daraboukah des Egyptiens et au Derbouka arabe. Le goulot ou col es large. GIGUE ou GIGLE. Ténor de rubèbe. (Voyez ce mot)). Instrument à trois cordes et à archet, dont le nom vient de l’allemand Geige (Voyez ce nom) ohne Bunde ; c’est à dire sans liens ou sans éclisses. Une table d’harmonie est appliquée simplement sur un corps concave, pentagonal ou courbe. La gigue formait le dessus des instruments à archet depuis le XIIe siècle ; la rubèbe formait l’alto et le monocorde la basse. Les cordes, au nombre de trois, étaient attachées, nom à un cordier, mais au bas de la table. Les ouïes étaient souvent placées à l’extrémité inférieure de cette table. Les jongleurs les plus ordinaires jouaient la gigue. Des spécimens de ce genre se voient à un chapiteau de l’église de Sain-Georges de Bocherville (XIIe siècle) et à la cathédrale d’Amiens. GINGLARE ou GINGLARIUS. Flûte ancienne des Égyptiens, à un trou, et dont le timbre était mélancolique. GINGRINE. Petite flûte grecque. GINGROS. Flûte de la longueur d’une palme, en usage pour les funérailles, chez les Phéniciens. GLASS-CORDE. Nom de l’Harmonica à verres, de Franklin. GLICIBARIFON ou GLICIBARIFONA. Instrument inventé en 1837, par l’Italien Catterini ; c’est une variété de l’orgue expressif à quatre octaves, dont les sons peuvent être, à volonté, modifiés de force ou diminués d’intensité. GLOCKENSPIEL. Nom allemand donné au jeu de timbres en acier. C’est aussi le nom des Carillons. Souvent, ces instruments sont mus par des marteaux, mis en mouvement à l’aide d’un clavier. Mozart, dans la Flûte enchantée, écrivit une partie de Glockenspiel. GLOSSOCONION. Etui suspendu au cou des Flûtistes grecs, et contenant des anches de rechange appelées glottes ou languettes. GLOTTE. Anche battante que les Grecs et les anciens adaptaient à leurs instruments à vent. GNACARRI. Instrument hébreu, dont parle la Bible, mais dont on ne connaît pas le genre. GNESTE BERUSSIN. Instrument hébreu, formé de deux bois se frappant l’un contre l’autre. GOMUKHA. Conque indienne, formée d’une coquille, rappelant par sa forme la bouche d’une vache. GONG ou GONGGON ou TAM-TAM. Bassin plat de cuivre ou de bronze, des Chinois, des Siamois et des Indiens. Cet instrument de percussion a quelquefois la, forme d’un arc, On le frappe avec un batail en bois ; les sons éclatants se répercutent avec ampleur et produisent, dans différents morceaux symphoniques, de beaux effets. GONGOM. Instrument africain appelé aussi Goura (Voir ce mot). GOPYANTAR. Petite timbale indienne double, attachée au corps des musiciens par une. corde. GOPIJANTRA. Monocorde de forme cylindrique, employé par les mendiants de l’Inde. GORAH. Instrument africain à une corde. GOSBA ou GUESBA. Flûte des Arabes de l’Afrique septentrionale. Cette flûte, formée d’un roseau ouvert aux deux extrémités, est longue d’environ 0m64, et percée de trois, cinq et six trous. La section du roseau lui sert seule d’embouchure. On en tire des sons d’une grande douceur ; pour s’en servir, on la tient inclinée vers la droite et en bas, de façon qu’elle fasse à peu près un angle, de 450, d’une part avec la direction du corps, et de l’autre, avec la verticale, qui partirait de la bouche de l’exécutant. La section se présente alors obliquement devant la langue et les lèvres, que l’on dispose de façon à former anche. Les Arabes aiment beaucoup le son de cette flûte, très répandue chez les nomades surtout. GOUDOCK ou GUDDOX. Violon russe, ressemblant au violon primitif français des XIe et XIIe siècles. On pince la chanterelle avec un doigt, tandis que l’archet fait résonner les deux autres cordes. GOUFCHT. Timbale d’airain arabe. GOUMBA. Instrument africain à deux cordes, à peu près semblable au Gunibry. Le fond est fait d’une écaille de tortue. Un parchemin, tendu sur cette écaille, forme la table d’harmonie. Les cordes y sont maintenues par un chevalet. GOURA ou GONGOM. Instrument hottentot, ayant la forme d’un arc auquel est attachée une corde en boyau ; l’extrémité inférieure est maintenue par un nœud dans un tuyau de plume aplati et fendu. Cette plume, déployée, forme un triangle isocèle ; à la bande de ce triangle, un trou retient la corde, et la pointe, se repliant sur elle-même, s’attache, avec une petite courroie, à l’autre bout de l’axe. Lorsque c’est une femme qui le joue, cet instrument s’appelle Joum-Joum. La bouche, soufflant sur la plume, aspire la corde, qui donne des sons harmoniques. GOURD-BANJO. Guitare indienne, formée du banjo (Voir ce mot), dont la carcasse est faite d’une courge. GOUVERNAIL. Tige de fer servant à accorder des tuyaux d'anches, avançant ou reculant, afin de régler la partie libre de la languette. GRAGEUB. Castagnettes arabes, dont les nègres se servent en dansant. GRAILLE MEUNIER. Cornet que portaient à l’arçon les chevaliers, pour appeler leurs écuyers et serviteurs. Sorte de diminutif de l’olifant, mais dont le son était moins grave. GRAISLE, GRAILLE, GRELLE. Cornet usité. au Moyen-Age, dans les combats, ou servant à donner des signaux. Cet instrument ne donnait qu'une seule note et avait un son très éclatant. On a cru, à tort, que ce nom avait été donné aux hautbois. GRAND-CORNET. Un des jeux de l'orgue. GRAND-JEU. Registre de l'orgue ouvrant tous les jeux de cet instrument. GRAVICEMBALO. (Voyez CLAVICEMBALO). GRELOT. Instrument à percussion n'ayant pas de son déterminé. Petite sphère de cuivre ou d'argent, creuse et fendue, contenant une boule de fer. Le tout est suspendu par une sorte d'anneau ; en agitant le grelot, cette boule frappe les parois métalliques et produit le son désiré On ne peut dire quelle est l'époque de l'invention du grelot, mais les Romains le connaissaient, et ils lui avaient donné la forme carrée. Le grand-prêtre de Jérusalem avait le bas de sa robe garni de grelots d'argent. Le Moyen-Age s'en servait comme de crotales, et, dans les XVe et XVIe siècles, on les ajoutait aux castagnettes et aux tambourins. GROS BOIS. Instruments employés anciennement comme basse des hautbois. GROSSE BASSE POMMER. Instrument à vent et à anche double, du XVIIe siècle, usité dans les Pays-Bas. Un spécimen de ce genre se voyait à l'exposition rétrospective de l'art ancien, section belge, à Paris, en 1878 GROSSE CAISSE. Instrument à percussion, originaire d'Orient, en usage dans les orchestres et dans les musiques militaires. Il est composé d'un fût en bois ou en cuivre, garni de cercles en bois ou en cuivre assujettissant, à l'aide de tringles ou de cordes, deux peaux. La peau, sur laquelle on frappe à l'aide d'une mailloche, s'appelle peau de batterie ; elle est le plus souvent en veau ; l'autre, nommée peau de timbre, est en chèvre et repousse le son en vibrant. On employa la grosse caisse, pour la première fois, à l'Opéra, en 1789, dans Nephté, de Lemoyne. GROSSE CONTRABASSGEIGE. Nom de la contrebasse, donné au Violone, en Allemagne, au XVIIe siècle. GUESBA. (Voyez GOSBA). GUIDE ACCORD. Petit diapason donnant les quatre notes du violon, mi, la, ré, sol, et servant à accorder les quatre cordes. GUIDE ACCORD. Appareil inventé par l'abbé Coutures, en 1856. C'est une série de treize diapasons, montés sur une caisse, sonore et produisant les douze demi-tons de la gamme. GUIDE ARCHET. Appareil imaginé par Guhmann, et construit pour guider l'archet dans l'étude du violon, de l'alto et du violoncelle, par Gautrot, de Paris, en 1855. GUIDE DOIGTS. Temple construisit, en 1754, un mécanisme ainsi nommé, pour faciliter l'étude des instruments à cordes. GUIDE MAIN. Barre placée et maintenue (levant le clavier d'un piano, pour forcer l'élève à tenir les mains dans une bonne position, à donner de l'élasticité aux poignets et à ne pas jouer du coude. Kalkbrenner faisait usage de cet. appareil pour ses élèves. GUIDON. Petit tenon en cuivre, placé à la partie supérieure du piston, dans les instruments à vent et servant à guider ce piston, glissant ainsi dans une rainure et lui faisant suivre la direction convenable. GUIHARK ou GUISARKE. Sorte de lyre nubienne, se tenant de la main gauche, tandis que la droite pince les cordes à l'aide d’un plectrum. GUINBARDE. Instrument en fer, d'origine montagnarde, très ancien, appelé aussi Rebube, Trompe, Trompe-Laquais, Trompe de Béarn, Guitare, etc. La guimbarde a la forme d'un triangle arrondi, en acier ; on la pose sur les lèvres et, avec le doigt, on fait mouvoir une languette de même métal, qui est attachée à l'endroit le plus large ; cette languette, agissant comme un ressort, ne touche à aucune partie de la bouche et résonne entre les dents. L'antiquité de cet instrument est très reculée, puisque les peuples de l'Asie et de la Nouvelle-Guinée le possédaient ; les Hindous le nominent Murchang ou Mochanga, les Chinois, Kiou-Kin ; les Papous, Darubiri. GUIRIOT. Instrument des nègres, semblable au Balafo. (Voir ce mot). GUITARE. Instrument à six cordes dont l'origine, fort ancienne, est orientale. On l'appelait d'abord Guiterne (Voyez ce mot), ce n'est qu'au XVIIe siècle qu'on lui donna la nom de guitare. Les Maures l'apportèrent en Espagne et elle apparut en France vers le Xie siècle. Elle n'eut d'abord que quatre rangs de cordes ; celui de la chanterelle, simple, et les autres, doubles ; le manche, ayant ainsi sept cordes, fut divisé en huit touches ou cases. Il y eut ensuite des guitares à dix cordes, en cinq rangs doubles, donnant : ré, sol, ut, mi, la, ; neuf cordes seulement garnissaient la guitare, la chanterelle était seule dans ce cas. Depuis la moitié du siècle dernier, cet instrument n'a plus que six cordes simples, qui sont : mi, la, ré, sol, si, mi. En 1773, Van Hecke imagina une guitare à douze cordes, appelée Bissex. Les guitares de palissandre sont fragiles, celles de citronnier et de platane sont les meilleures pour le son. On joue cet instrument en pinçant les cordes. Les tables sont parallèlement maintenues par des éclisses, hautes de trois ou quatre pouces : celle de dessus ou table d'harmonie, est en sapin. Le manche est divisé par des cases métalliques, sur lesquelles les doigts de la main gauche s'appuient, tandis que la droite pince les cordes. Un sillet, en haut de ce manche. partage également l'intervalle des cordes qui, partant d'un chevalet à boutons, placé au bout de la table, aboutissent à des chevilles en bois ou en métal celles-ci s'appellent alors chevilles-mécaniques. Au milieu de la table, une ouverture pour le son est pratiquée ; on l'appelle rosace ou rosette. Les six cordes, dont trois en soie enroulée de métal, et trois en boyau, sont accordées par quartes justes en montant, excepté la quatrième et la cinquième, qui n'ont entre elles que l'intervalle d'une tierce majeure, et donnent l'accord : mi grave, la, ré, sol, si, mi. On écrit la musique de la guitare à la clef de sol, mais on la lit à une octave plus bas. Les guitares vénitiennes de la Stella sont du XVIIe siècle et remarquables par leurs belles incrustations d'ivoire. On a fait des guitares en écaille. Stradivarius faisait aussi des guitares ; un superbe instrument de ce maître se voit au Musée du Conservatoire de Paris, sous le n° 272. Charles Jacquot, mon grand-père (18041880), se distingua aussi par la fabrication des guitares artistiques ; les rosaces, les filets et les incrustations de nacre et d'ivoire sont appréciés des connaisseurs ; il inventa, pour la première exposition de Nancy, une guitare avec pied, permettant de supporter l'instrument et de lui faire prendre toutes les positions désirables. Cet essai, lui valut une récompense. Sor, le fameux guitariste, lui commanda plusieurs guitares. Aguado inventa un pied dans ce genre, appelé Tripedisono. Les différentes formes affectées à la guitare, avant d'arriver à l'instrument que nous connaissons, ont donné lieu aux appellations suivantes : Guittère, Guiterne, Guinterne, Guitarne, Guisterne, Guistarne. GUITARE ALLEMANDE. Cistre monté de cinq et de sept cordes. GUITARE A CLAVIER. Bachmann, de Berlin construisit, en 1780, cet instrument, qui portait, à droite de la table, un mécanisme à l'aide duquel de petits marteaux frappaient les cordes. GUITARE D'AMOUR. Genre de viole, construite à Vienne, par Staufer, en 1823. Les cordes étaient attaquées par l'archet. GUITARE DES MANDINGUES. Guitare primitive à cinq cordes. GUITARE ÉCHO. Alix, d'Aix, construisit au milieu du XVIIIe siècle, un squelette qui, à l'aide d'un mécanisme dérobé à la vue, jouait d'une guitare et lui-même avait une autre guitare à l'unisson de la première. Lorsque Alix jouait, le squelette faisait répéter les modulations en écho. GUITARE ESPAGNOLE. Guitare à cinq cordes, usitée dès le XVIIe siècle, surtout par les dames, en Espagne, et en Italie. GUITARE HARMONICA. Villeroy, de Lille, construisit, en 1820, un appareil adapté au manche de la guitare, donnant plus de netteté aux sons harmoniques de cet instrument. GUITARE-HARPE. Guitare conique à sept cordes, inventée par Levien, en 1825. à Londres. GUITARE LATINE. Guitare dans le genre de celle des Maures, mais à cinq et six cordes. GUITARE-LYRE. Nom donné à diverses guitares ayant la forme d'une lyre. Le manche de la guitare changeait seul cette forme, il était placé derrière les cordes et muni de cases. Il y eut des guitares-lyres à six ou à neuf cordes. On l'employa surtout. en France, à la fin du siècle dernier jusque vers 1851. Mougnet, de Lyon, en 1811. Levieu, en 1825, et Ventura. de Londres, en 1851, en construisirent différents modèles. GUITARE MAURESQUE. Différente du Luth par son corps plat en dessous comme en dessus, échancrée des côtés et à trois cordes seulement. GUITARE NÈGRE. Sorte de gourde recouverte d'une planchette mince et garnie de trois, quatre ou six cordes. Un autre genre de guitare existe aussi chez les nègres : c'est u ne pièce de bois creusée, recouverte de cuir et ornée de plaques et d'anneaux de fer. Deux ou trois cordes de crins tressés font résonner cet instrument primitif. GUITARION. Genre de guitare, imaginé en 1831 par Franck. les cordes étaient à volonté, pincées ou attaquées par l'archet. . GUITERNE. Instrument d'origine orientale et fort ancienne, ayant donné, à force de perfectionnements, la guitare moderne. C'était un instrument à cordes pincées, dérivé de la cithare et de la rote ; on ne le désigne ainsi qu'à partir du XIe ou du XIIe siècle. Le manuscrit de Tristan et Yseult (1260) montre, parmi ses nombreuses miniatures, un ménestrel jouant d'un guiterne avec le plectre. Elle est montée de trois cordes, sans cordier, mais avec un chevalet. La table d'harmonie est percée d’une ouïe et échancrée. Une autre guiterne usitée au XIIIe siècle se voit dans le Roman de Troie ; sa forme rappelle un peu celle du luth ; elle a six cordes et une sorte de cordier. Au XIVe siècle, sa forme affecte celle de la mandoline, mais n'a plus que quatre cordes. Il est à présumer que la Rote fut appelée guiterne, dès que ce premier instrument fut muni d'un manche.
GITITERNE Chœur de Notre-Dame de Paris.
GUITERRON. Le Père Mersenne dit que cet instrument, variété de la guiterne, avait le fond plat ; d'autres auteurs disent que c'était une variété de l'Archiluth. GUITTÈRE. Nom donné au moyen-âge à la guitare primitive. (Voyez GUITERNE.) GUNIBRY. Sorte de tambour africain ou guitare algérienne à deux et à trois cordes. Une membrane tendue sur une écaille de tortue sert de table d'harmonie ; le manche mesure 0m,38 et l'instrument entier, 0m,55. Il est habituellement orné de peintures multicolores. GUSLI, GUSSEL ou GOUSLI. Harpe russe ayant quelque analogie avec le Psaltérion allemand ; les cordes sont en laiton. GUZLA, Monocorde champêtre des Morlaques, dont la corde est en crins tressés. GYMNASE DU DOIGT. Appareil inventé par Barrois, en 1856, pour exercer l'agilité des doigts. GYMNASE DU PIANO. Zeigler imagina, en 1846, cet appareil donnant, à l'aide d'un seul doigt, le moyen de faire vibrer une ou plusieurs octaves du piano.
HACEBRET Nom du tympanon allemand, au XVIIIe siècle. Il existe encore en Hongrie et en Transylvanie et s'accorde chromatiquement. HANUMUNTA-ATTU. Hautbois indien. HARMOMELLO. Piano de forme verticale, fait par Pfeiffer, en 1806. HARMONETTE. Sorte de petit pianista américain. HARMONICAS. En allemand Glockenspiel. Jeu de lames de bois sonore ou de globes de verre. L'anglais Puckeridge, Francklin (1760), Rœllig, Klein, Lenormand, Renaudin et Chladni, sont les inventeurs et les perfectionneurs de cet instrument. Il y a des harmonicas sur lesquels le son s'obtient en passant simplement un doigt humide sur le bord mouillé d'un gobelet ; d'autres se composent de lames de verre placées horizontalement sur des fils ne les empêchant pas de vibrer librement et se frappant avec un petit marteau de bois tendre ou de liège. En 1791, Mozart employa l'harmonica à I'Orchestre, dans la Flûte enchantée, et, depuis, un grand nombre de compositeurs imitèrent son exemple. L'harmonica, de Franklin (1760), consistait en un cylindre sur lequel sont placés des globes de verre de différentes dimensions, selon le son qu'ils doivent donner. Ce cylindre, renfermé dans une botte, est placé horizontalement sur deux pieds et tourne à l'aide d une roue mise en mouvement au moyen d'une pédale. Klein, d'après l’idée de Francklin, imagina, en 1798, d'ajouter un clavier à cet instrument. HARMONICA-ACCORDÉON A BOUCHE. Paris, de Dijon, imagina ce singulier instrument en 1836. HARMONICA A BOUCHE. Petit instrument à anche libre, très connu en Allemagne. C'est plutôt un jouet qu'un instrument véritable ; cependant, certaines personnes exécutent des airs de danse à l'aide de l'harmonica à bouche. Un aubergiste de Bade appliqua l'idée conçue par Hæchl, et construisit le Mund Harmonica. C'était alors une pièce ronde, munie seulement de trois lames, donnant la tierce et la quinte ; il y ajouta ensuite l'octave. HARMONICA, A CLAVIER. Nicolaï, en 1765, construisit cet instrument. HARMONICA A CORDES. Stein l'inventa en 1788 ; c'est un genre de clavecin réuni à une épinette, pouvant se jouer seuls ou simultanément. HARMONICA A TOUCHES. Klein, de Saint-Pétersbourg, imagina, en 1798, cet instrument, qui consistait en une caisse traversée en long par une verge à laquelle quarante-huit. cylindres de verre de différentes grandeurs se trouvaient fixés. Un clavier correspondait à des tiges approchant des cylindres par la pression des doigts. HARMONICA-CELESTINA. Sorte de piano imitant trois genres d'instruments ; à trois claviers, construit par Zinck, en 1800, à Hesse-Hambourg. HARMONICA DE BOIS. Gusikoff le fit connaître en France, vers 1830. Ce sont des échelettes (Voir ce mot), dont les barrettes de bois sonore sont placées sur des rouleaux de paille. HARMONICA DOUBLE. Clochettes de verre ou de métal placées dans deux caisses. Un archet de violon appuyait sur le bord de certaines de ces cloches et correspondait à un clavier qui mettait l'archet en mouvement. HARMONICA MÉTALLIQUE. Clagget, de Londres eut le premier l'idée, vers 1780, de construire un instrument formé de cinquante lames d'acier, mises en vibration par la pression des doigts. Cet instrument ressemble beaucoup à l'ancien Zanze des nègres d'Afrique. C'est aussi le nom primitif donné à l'accordéon (Voir ce mot). HARMONICA MÉTÉOROLOGIQUE. César Gattoni, de Rome, inventa cette sorte de harpe gigantesque, en 1765. A l'aide des sons changeant par les variations de température, l'abbé Gattoni prédisait les changements de temps. HARMONICA VIRGINAL. Stiffel construisit cet instrument qui rappelait la voix humaine. HARMONICELLO. Viole d'amour, imaginée en 1794., par Bischoff, de Dessau. HARMONICON. Grand piano double, nommé d'abord, Vis-à-vis, puis Harmonicon, inventé par Jean-André Stein, d'Augsbourg, organiste. et facteur de clavecins et de pianos, 1728-1792. C'est aussi le nom donné par Muller, en 1794, à l'Harmonica à clavier, auquel il avait ajouté deux jeux de flûte et de hautbois. HARMONICOR. Instrument muni d'une embouchure et d'un pavillon. Les touches sont des pistons et donnent deux octaves ; le doigté est semblable à celui du piano et le son pareil à peu près à celui du hautbois. M. Jaulin en est l'inventeur. HARMONICOR-MELODIUM. Orgue à manivelle et à cylindres, muni de tuyaux en cuivre, donnant l'effet de trompettes. HARMONICORDE. Instrument inventé par Jean et Frédéric Kaufmann, de Dresde, et appelé d'abord Chordaulodion (Voir ce mot). Debain inventa aussi un instrument appelé ainsi, mais tout différent du premier, C'est la réunion à volonté du piano et de l'orgue. HARMONICORDE. Piano à queue, posé verticalement. Un mécanisme se mouvait au moyen du pied.. HARMONIE D’ORPHÉE. Physharmonica, construit par Léopold Maëlzel, de Vienne, en 1818. HARMONIFLUTE. Instrument à anche battante, et à soufflerie, intermédiaire comme dimension, entre l'accordéon et l'harmonium. C'est Boulon, de Paris, qui le construisit le premier, en 1852. On applique aussi ce nom à un orgue à tuyaux et à cylindre, imaginé par Corvi, en 1853. HARMONIHARPE. Instrument moderne dans le genre de la cithare, se jouant à plat sur une table, et les cordes se pinçant comme une harpe ; les cordes sont disposées en longueur, comme celles du piano à queue. HARMONINA et HARMONINO. Petit harmonium portatif s'adaptant à volonté sous le clavier du piano et servant à taire un chant soutenu avec la main droite, pendant que la gauche peut faire l'accompagnement au piano. M. Debain est l'inventeur de l'Harmonina. HARMONISTA. Brunt inventa, en 1853, un système ainsi nommé et donnant, à l'aide d'une manivelle, toutes les harmonies possibles. Le mécanisme s'adapte à l'harmonium. HARMONIPAN. Genre d'orgue à manivelle et à tuyaux, dont quelques-uns se trouvent placés comme dans une flûte de Pan, et sont à l'extérieur, c'est-à-dire devant la montre de l'instrument. HARMONIPHON. Instrument à vent et à clavier, inventé, en 1838, par Paris, de Dijon, s'insufflant par un tube élastique, les doigts agissant sur le clavier, l'harmoniphon donne des tons semblables à ceux du hautbois. HARMONIPHOXE. Boîte à musique, avec notation d'harmoniflûte, indépendante du peigne d'acier. HARMONIPHONE-TRANSPOSITEUR. Clavier à pistons, s'adaptant sur tous les claviers d'orgue. Le mécanisme, Imaginé par M. Lambillotte, fut exécuté par Alexandre, de Paris. Il se compose de trente-huit boutons, disposés d'une façon symétrique, permettant de faire des accords dans tous les tons, d'une . façon automatique. HARMONIUM. Instrument à anche libre, à soufflerie et à clavier. Après les essais de Claude Perrault, de André Stein, de Sébastien Érard (1795), pour tirer parti de l'anche libre, Grenié, en 1810, obtint pour résultat de nuancer les sons de l'orgue. Ce fut lui qui imagina l'Orgue expressif. Candide Buffet, en 1827, inventa l'accordéon, qui, en réalité, est un petit harmonium portatif. Cavaillé Coll, en 1834, construisit le Poïkilorgue. Founeaux père et fils, furent les auteurs des laies mobiles et enfin Debain inventa l'instrument appelé Harmonium, que le monde entier a adopté. L'harmonium est ordinairement de cinq octaves d'ut en ut, de trois diapasons différents correspondant aux tons de 4, 8 et 16 pieds de l'orgue. Le son y est produit à l'aide d'un soufflet mettant en vibration un ou plusieurs jeux de lames métalliques dites anches libres, résonnant dans des cases variées de formes et de proportions, produisant divers genres de sons imitant l'orgue et les différents timbres d'instruments d'orchestre. Il a les sons chantants et expressifs de la voix, et ses ressources se prêtent à toutes les inspirations et fantaisies de l'artiste. Chacun de ses registres n'agit que sur un demi-jeu, soit de la basse jusqu'au milieu, soit du, milieu jusque dans les dessus. On s'en sert pour l'église et pour les salons. L'art musical français peut rendre- un juste hommage à la mémoire d'Alexandre Debain, inventeur de l'Harmonium, du Concertina, de l'Organino, de l'Antiphonel, du Piano mécanique, du Piano écran et de l'Harmonicorde. Martin, de Provins, imagina la percussion et l'expression à la main ; Victor Mustel, la double expression, le forté expressif et le Métaphone. Mason et Hamlin, deux Américains, construisirent aussi, un système de soufflerie refoulant l'air au lieu de l'aspirer. HARMONOMÈTRE. Instrument destiné à mesurer les rapports harmoniques. HARPE. C'est le plus ancien des instruments à cordes, avec la lyre. Coussemaker dit (page 288, Annales archéologiques de Didron, 1849) que : « Tout porte à croire que la harpe était connue de l'Inde, mais que rien ne-le prouve jusqu'alors ». En tous cas, les Égyptiens en donnent des reproductions nombreuses dans tous leurs anciens monuments, et, même dans les sarcophages, on a trouvé des spécimens bien conservés de harpes égyptiennes ; on peut encore les coir au Musée du Louvre ; et il y en a de deux formes la première ressemble à
HARPES ÉGYPTIENNES Musée du Louvre.
un arc dont la partie inférieure s'emboîte dans une caisse sonore ressemblant à une petite nacelle ; elle est munie de quatre cordes attachées à une barre transversale placée dans cette caisse sonore. L'autre harpe mesure à peu près 1m,50 de hauteur sur 1 mètre de largeur à sa partie supérieure. Elle est montée de vingt-et-une cordes enroulées autour d'un bois cylindrique formant équerre avec le corps de l'instrument. Ce genre de harpe n'avait pas de colonne. Les Grecs, ni les Romains ne semblent pas l'avoir connue. Sur les peintures trouvées à Herculanum. ce ne sont pas des harpes que l'on voit, mais bien des Trigones. Les peintures et les sculptures égyptiennes, mentionnant les harpes, datent de plus de quatre mille ans avant Jésus-Christ ; c'était l'instrument religieux par excellence chez ce peuple et chez les Assyriens. Elle n'apparut en Occident qu'avec les invasions des peuples du Nord, qui l'apportèrent dans les Iles Britanniques, d'où elle se répandit en Europe. Le mot harpe vient des Danois, qui l'appelaient Harpha, d'où le dérivé anglo-saxon Hœrpe, et l'allemand moderne Harfe. Les pâtres gallois jouent encore de la harpe. Les Celtes appelèrent la harpe Harp, Harpa, et quelquefois Sambuque. Les Romains désignaient leur trigone sous le nom de Cinnara. Chez les Hébreux, c'est au son du Kinnor ou petite harpe que le roi David chantait et dansait. Les harpes eurent, au Xe siècle, en Europe, douze et quinze cordes ; mais, à partir du XIIe siècle jusqu'au XVIe siècle, la forme des harpes fut diminuée de grandeur ; on en fit un instrument portatif qui servait souvent aux jongleurs et ménestrels. Afin de laisser les deux mains libres, on la suspendait quelquefois au cou. La miniature du psautier du duc René II, que j'ai reproduite dans mon livre de La Musique en Lorraine, montre un exécutant tenant une harpe de cette façon. Les Irlandais et les Bretons passaient pour les meilleurs harpeurs. Au XVIe siècle, cet instrument disparaît à peu près, pour ne revenir complètement modifié qu'au XVIIIe siècle. La forme, dans son genre primitif, fut perfectionnée et avait été conservée en Europe par les habitants de la Scandinavie. Les anciennes harpes étaient accordées diatoniquement elles : ne donnaient que la gamme majeure de mi bémol. Les pédales n'y furent adaptées qu'en 1720, par Hochbrucker, et perfectionnées plus tard par Naderman et par Cousineau.
DAVID ET SA HARPE (XVe SIÈCLE) Miniature du Psautier du duc René II (Bibliothèque de l'Arsenal).
Sébastien Erard leur donna le véritable et dernier perfectionnement en 1808. Ce célèbre facteur noue a doté du superbe instrument que nous connaissons aujourd'hui. Encouragé, vers la fin du siècle dernier, par Krumholz, à remédier aux défectuosités de la harpe, il inventa le mécanisme à fourchette qui fit disparaître les crochets et substitua un disque en cuivre armé de deux boutons en saillie entre lesquels passait la corde. Lorsqu'on voulait élever la note d'un demi-ton, la pédale imprimait un mouvement de rotation au disque, les deux boutons saisissaient la corde et la raccourcissaient en lui imprimant la flexion nécessaire sans la déranger de sa position verticale et sans rien ôter au son de sa justesse, C'était alors la harpe à simple échappement. En 1808, Sébastien Erard inventa le double mouvement qui, après de longues et pénibles recherches, fit de la harpe un instrument de perfection. Ce double mouvement permit de moduler dans certains tons desquels il fallait jusque-là se passer ; pour faire une gamme en la bémol, par exemple, la même corde devait servir pour ut et pour ré bémol. Par son invention, Erard augmenta l'étendue du mouvement de va-et-vient des tringles intérieures, faisant faire une portion de révolution à deux disques munis de boutons polis, dont l’un servant à raccourcir la corde pour le premier demi-ton, l’autre la raccourcissant pour le second demi-ton. Le disque inférieur est mis immédiatement en mouvement par le mécanisme inférieur de la note, le disque inférieur détermine ensuite par des renvois extérieur le mouvement du disque supérieur. Pour faire en sorte qu’une seule pédale pût produire le double effet décrit, Erard donna à cette pédale deux crans d’arrêt ou de repos. On l’accroche au premier cran pour le premier demi-ton, ce qui fait faire un premier mouvement à la tringle de renvoi, et la continuation de ce mouvement qui a lieu quand on attache la pédale au deuxième cran, donne le demi-ton. Sept pédales suffisent ainsi pour rendre chaque corde représentative de trois sons. L’académie des Sciences et des Beaux, en fit un rapport des plus élogieux, en 1815. Enfin, en 1836, Pierre Errard, son neveu, modifia encore ce système en diminuant de moitié la hauteur de la cuvette de l’instrument et augmenta d’autant la longueur de la table d’harmonie et du corps. Les deux mouvements de la pédale, au lieu de s’opérer dans la cuvette s’opèrent moitié dans celle-ci et moitié dans le corps. De cette façon, les cordes furent plus espacées et par là purent être d’un plus fort calibre. Les plus célèbres harpistes furent : Krumpholz (1745-1790) ; Dalvimare (idem) ; Naderman (1773) ; Bochsa, Labarre, Prunier père et fils, Godefroid, etc. HARPE CHROMATIQUE. Instrument inventé par le saxon Pfranger, vers 1801. Les cordes de la gamme chromatique sont rouges, les diatoniques sont blanches. L’étendue est de cinq octaves. HARPE DITALE. Inventée par Edward Light, en Angleterre, vers 1798 ; c’est lui qui imagina aussi la Harpe luth. HARPE DOUBLE. C’est un instrument formé de deux harpes assemblées ; il a dix-neuf cordes de chaque côté, avec pédale ; on l’usitait beaucoup au XVIe siècle. HARPE ÉOLIENNE ou HARPE D’ÉOLE. Les cordes de cet instrument résonnent par l’action du vent et exécute ainsi, selon le degré et la violence de l’air, des accords harmonieux. Dans la Guyane, un instrument semblable existe depuis longtemps ; c'est la fibre même du roseau qui sert de corde vibrante. La caisse sonore de la Harpe éolienne de nos pays, est en bois, de forme triangulaire, mais allongée ou demi circulaire munie d'ouvertures et tendue de cordes de boyau. HARP-GUITAR. Genre d'instrument, datant de 1800, moitié harpe, comme système, moitié guitare comme forme, exposée par M. Engel, en 1872, au South-Kensington-Muséum. HARPE HARMONICA-FORTE. Keyser de Lisle inventa, en 1809, cette harpe possédant 34 cordes de laiton, accordées deux à deux, formant une sorte de contre-basse de, dix sept demi-tons. Elles résonnent, à l'aide du pied, au moyen de dix sept touches correspondant à dix-sept marteaux qui frappent à volonté sur les cordes. HARPE-HARMONIE. Instrument inventé en 1815, par Thory, et imitant la harpe et le piano. HARPE IRLANDAISE. Harpe des bardes Irlandais, existant encore dans le collège de la Trinité, à Dublin. Au XVe siècle, ce genre de harpe fut amélioré par le jésuite Nugent. HARPE-LUTH. Instrument moitié harpe, moitié luth, dont la caisse est bombée comme celle de ce dernier. Il parut vers 1800. HARPE-LYRE ou HARPO-LYRE. Instrument inventé en 1827, par Salomon, de Besançon, et qui lui a été inspiré par la Lyre organisée, faite par Le Dhuy, de Coucy-le-Châtetau, en 1806. La harpo-lyre est montée de vingt et une cordes placées sur trois manches. Celles du milieu sont les mêmes que pour la guitare à six cordes et s'accordent de la même façon. Un des manches possède sept cordes filées, et l'autre huit cordes de boyau. Les quinze cordes donnent une étendue de quatre octaves et demie. HARPE-THÉORBE. Instrument construit par About, ver 1800, et appartenant au musée de Kensington. HARPE WELCHE. Harpe de cet ancien peuple ; le nombre de cordes variait de neuf à dix. HARPICORDE. (Voyez : Arpicordo. HARPSICHORDE. Nom anglais du clavecin ou du Clavicembalo. HASOR. (Voyez Ascior). HATAMO. Nom donné par les abyssins à leur timbale. HAUK. Gros tambour hindou. HAUSSE. Petite pièce de bois à cheval sur la partie inférieur de la baguette de l’archet, portant la vis qui sert à tendre les crins et contenant ces derniers dans un encastrement. HAUTBOIS. En italien : Oboe, en allemand Hoboë ; en anglais : Hautboy. Instrument à vent en cèdre, en buis, en palissandre, en ébène, etc., du genre de la Douçaine, qui, après de nombreux tâtonnements, est devenu ce que nous le voyons aujourd’hui. L’ancien avait la taille plus basse d’une quinte que le dessus et avait huit trous, le huitième ne se bouchait pas. La longueur était de quatre pied deux pouces, tandis que la basse en avait cinq, et était garnie de onze trous. Au Xe siècle, on ajouta deux clefs ; au XVe siècle, le ténor de hautbois n’en avait qu’une et ne possédait que sept trous dont le dernier muni d’une clef ; c’est surtout cet instrument que l’on nommait Douçaine. Le tube d’embouchure de la basse de hautbois avait un bocal courbe en cuivre, avec une anche semblable à celle du basson. Le hautbois moderne est composé de trois pièces s’emboîtant l’une dans l’autre, l’anche en plus. Il a 21 pouces 8 lignes de longueur. L’étendue des sons est semblable à celle du violon. Bœm y a appliqué son système qui le perfectionne beaucoup. C’est un instrument dont le caractère est essentiellement pastoral. HAUTBOIS. Jeu d'orgue qui ne tient que la moitié du clavier, sa basse est le jeu de basson. HAUTBOIS COCHINCHINOIS. Cet instrument pastoral a huit. trous, dont 7 devant et un en arrière ; Il résonne à l’aide d’une anche de roseau. HAUTBOIS D'AMOUR. En italien : Oboe d’amore. Instrument descendant une tierce mineure plus bas que le Dessus de Hautbois. HAUTBOIS DE FORÊT. En italien, Oboe piccolo. Instrument pastoral sonnant une octave plus haut que le hautbois ordinaire. HAUTBOIS PASTORAL. Instrument à 17 clefs, d’une qualité de son remarquable, perfectionné par Triébert. HAZUR. Lyre des Hébreux. HEANG-TEIH. Instrument cochinchinois, c’est un hautbois à 8 trous, dont 7 sont à égale distance et placés devant. La tête et le pavillon sont en laiton, le reste en bois. HEIRAT. Flûte des bergers arabes. HÉLICON. Instrument circulaire, en cuivre, employé surtout pour les musiques de cavalerie. Il y a des hélicons contre-basses, bombardons, à trois et à quatre pistons. Avec cette forme, le pavillon se trouve placé en avant, et le corps de l’exécutant est au milieu de l’instrument. C’est le Viennois Stowaller, qui est l’inventeur de cette basse, dont l’apparition dans les musiques date de 1855. HELL-HORN. Sorte d’octavophicléïde, dérivé d’un instrument usité en Silésie. Sommer, F. Bock et Hell, en 1813, le perfectionnèrent. HÉMIOPE. Flûte grecque à demi-tons, on l’appelait aussi Mésocope, c’est-à-dire flûte moyenne ; elle servit pour régler la marche des enfants, lorsqu’ils allaient ou revenaient des écoles. C’était le même instrument nommé flûte douce des festins. HEPTACORDE. Lyre à 7 cordes des Grecs. C’est aussi une sorte de basse de viole inventée en 1828 par Raoul ; ce dernier instrument avait 7 cordes donnant ré la, mi, ut, sol, ré la. Il n’eut aucun succès. HÉROPHON. Petit orgue à lame, à manivelle et à cartons perforés. (Voyez ARISTON). HEXACORDE. Lyre à 6 cordes des Grecs. HHABIL. Flûte juive. HIM ou HIVEN ou HISCEN. Instrument à vent chinois, fait en terre cuite vernie et percé de cinq trous. Le son est grave. C’est le Hiven qui, perfectionné, est connu en Europe sous le nom d’ocarina (Voyez ce mot). Les Chinois, dit Momigny, le connaissent depuis plus de 3000 ans avant Jésus-Christ. HING-KAON. Tambourin chinois et japonais, posé sur des pieds. HIUEN-KOU. Sorte de grosse caisse chinoise qui est placée sur un pied en bois. HOEI. Banderolles chinoises, ornées de broderies, représentant des figures mystérieuses, servant à rassembler les musiciens. Lorsque ceux-ci se trouvent en présence du Fils du Ciel, le Hoeï, ou étendard de musique, est déployé. HORLOGE MUSICIENNE dite ACCORDINE. Système inventé, vers 1838, par M. Charles Soullier ; cet appareil, muni de timbres ou de tuyaux organisés, fait entendre à chaque heure les sons de l’accord partait. HOMONOPTOTON. Instrument inventé, en 1845, par Schneider, pour accorder les anches métalliques. HORN-BUGLE ou BUGLE-HORN. Trompette à clef, inventée par l’Anglais Halliday, en 1815. Sax, après quelques perfectionnements, en fit le bugle actuel. HOUNBOUKAT. Flûte arabe. HUANEAR. Tambour mexicain. HUARA-PUARA ou HUAYRA-PUKURA. Flûte mexicaine en pierre du Pérou, trouvée par un général français, dans un tombeau, à Palenqué. HUAYLLACA. Flûte à, bec mexicaine, à cinq et six trous ; sa longueur est d’environ trente centimètres, elle en os et d’une seule pièce. HUCHET. Petit cornet des XVe et XVIe siècles. Les postillons s’en servaient beaucoup dès le XVe siècle. Il y a des huchets en fer. C’est le nom primitif du cor, le mot vient de huscher (en paulme), qui imite l’action de la main dans le pavillon, lorsqu’on porte les deux mains a sa bouche, pour appeler quelqu’un. HUIT-PIEDS. Nom donné à certaines orgues, qui possèdent des tuyaux de cette dimension. HULA. Petit tambour indien, se frappant avec la main. HURDY-GURDY. Nom anglais de la Vielle à roue. HURUK. Tambourin de grande dimension des Chinois et des Japonais. On s’en sert beaucoup dans la classe populaire de ces pays. HYDRAULE. (Voir ORGUE HYDRAULIQUE). HYDRAULICON. (Voyez CLEPSYDRE). HYDRAULUS. Orgue hydraulique des Romains ; l’eau faisait presses sur les soufflets, comme l’effort que produirait des poids très lourds. Il y en avait à huit et à dix tuyaux (Voyez ORGUE-HYDRAULIQUE). HYMÉNÉENNES. Flûte grecque des noces ; cette flûte était double, inégale, et les tubes à l’octave l’un de l’autre. HYPOTRETE. Flûte grecque à trois trous d’un côté et un au-dessous.
IAMBYCE ou IAMBGIE. Cythare grecque, de forme triangulaire. ICITALI. Nom turc du Tamboura arabe, à deux cordes d’acier (Voir ce mot). IDOUTHOS. Flûte grecque. IMPROVISATEUR MÉCANIQUE. Appareil s’adaptant au piano et imprimant sur un rouleau de papier tout ce que l’exécutant improvise. INCHAMBI. Mandoline africaine fabriquée avec des bambous et montée de cinq cordes de fil de palmier ; les habitants d’Empoungoua en font principalement usage. INGAMBA ou INGOMBA. Tambour africain formé d’un tronc d’arbre évidé et assez long, sur les deux ouvertures duquel on a tendu deux peaux. INSTRUMENT DE MUSIQUE. On nomme instrument de musique tout appareil servant à produire des sons par suite de l’ébranlement de l’air. Ces instruments sont divisés en trois classes : les instruments à vent, à cordes, à percussion et à frottement. Les plus anciens, après la voix humaine, furent peut-être les instruments à percussion ; les pierres sonores, par exemple, puis après vinrent vraisemblablement les instruments à vent ; les hommes remarquèrent que l’air, le vent. en soufflant avec, violence, produisaient des sons ; ils en cherchèrent une application en soufflant dans des roseaux, de là parut la flûte de Pan, la conque marine, le sifflet, etc. ; enfin, les instruments à cordes furent les derniers, avant ceux à archet ou à frottement. Combien de temps, de patientes remarques, d’essais successifs, furent nécessaires pour arriver à établir ces trois classes distinctes ; c’est ce que le problème de l’antiquité du monde peut seul résoudre. Les instruments de musique ont nécessité et nécessitent l’emploi du bois et des métaux. Les instruments à vent se composent d’un ou de plusieurs tubes adaptés les uns aux autres ; ces tubes sont percés d’un ou deux trous, bouchés soit à l’aide des doigts, de clefs ou soupapes. Le bas est souvent terminé en s’évasant, et le tube d’insufflation est muni d’une embouchure qui varie de forme. Les principaux instruments à vent sont : la flûte de Pan, les flûtes de différentes grandeurs, le fifre, le flageolet, le galoubet, le cor anglais, la clarinette, le hautbois, le clairon, les nombreux trombones, cors, trompettes, pistons, serpents, saxophones, etc. Les instruments à cordes sont, à peu d’exception près, construits habituellement en bois. Les cordes (Voir ce mot) sont en boyaux, en métal ou en soie filée avec un métal fin ; le haut est enroulé autour d’une cheville et le bas retenu d’une manière fixe : souvent un chevalet ou un sillet les exhaussent et servent à leur donner plus de résonance. Le principe de sonorité des instruments à cordes et à archet repose sur la présence de deux tables superposées l’une sur l’autre au moyen d’éclisses, comme pour les guitares, mandolines, violes, violons, etc. Des ouvertures sont pratiquées dans les tables de résonance afin d’en faire sortir e son émis. Les instruments à cordes s’allient aussi à ceux à percussion ; par exemple, dans les clavecins, pianos, etc. Le principaux instruments à cordes pincées sont : la harpe, la lyre, la mandore, la mandoline, le luth, la cithare, la guitare, etc., etc. Les instruments à percussion, comme le nom l’indique, sont mis en vibration à l’aide d’un choc produit soit par la main, le pied, ou par un autre instrument en bois ou en métal : le principaux sont : le tambour et se dérivés, les cloches, les harmonicas en verre, en bois, ou en métal, les épinettes, les clavecins à marteaux, les pianos, etc. Les instruments à archet semblent avoir pris naissance dans l’Inde, dans des temps fort reculés ; ils y restèrent très longtemps usités ; les Arabes les reçurent des Indiens, les propagèrent en Europe ; quant à préciser à quelle époque, il est assez difficile d’assigner une date certaine, mais on peut penser avec raison que ce n’est qu’après les Croisades que ce mouvement d’importation eut lieu sur notre continent. Du Moyen-âge à la Renaissance, ces instruments se perfectionnèrent peu à peu ; ce n’est qu’à partir du XVIe siècle que les progrès de fabrication furent réels ; le violon prendra sa forme en passant par la vielle, le rebec et la viole. L’instrument de musique peut donc être considéré, pour l’homme, comme l’expression de son sentiment musical, reproduisant toutes les différentes sensations perçues ; c’est un auxiliaire nécessaire et puissant, un compagnon obéissant, un instrument intime enfin, puisqu’il est l’interprète fidèle de sa pensée. INSTRUMENT CHINOIS. Sous ce nom, le P. Bonanni indique une sorte de quadrilatère métallique ayant, en plus de ses tiges, des lames se frappant à l’aide d’une tringle terminée par une boule. INSTRUMENT DE PERCUSSION CHINOIS. Morceau de bois creux se frappant avec un marteau. On s’en sert principalement pendant les cérémonies religieuses. INSTRUMENT DES VENDANGES. Sorte d’appareil mentionné par le P. Kircher et le P. Bonanni ; en usage en Italie aux XVIIe et XVIIIe siècles, il était formé d’un vase de terre recouvert de parchemin, dans l’intérieur, on avait soin de placer, avant d’ajuster les peaux, un petit bâton. En élevant ou en abaissant ce bâton on obtenait un son assez sourd et enroué. INSTRUMENT IMITANT LE COR. Instrument en buis, à vibrations produites en chantant par une ouverture aménagée au milieu d’une sorte de boite creuse, imitant par sa forme la castagnettes INSTRUMENT INDIEN. Sorte de clochette carrée décrite par le P. Bonanni ; elle devait avoir un son bruyant. IOMBARDE. Nom vulgaire donné, au XVIIIe siècles à la flûte à trois trous. Il y avait différentes grandeurs de cet instrument. ISCHKARTI, Tambour de basque de Dongola. ISOLOIRS. Socles de verre ou de cristal se plaçant sous les pianos afin d’en isoler le son, de le renforcer, et d’éviter l’humidité pour l’instrument. INZIRA. Lyre éthiopienne, formée d’une caisse carrée, dont la traverse porte sur deux montants, et plus élevée dans le milieu que sur les côtés.
JA. Trompette chinoise. JAGAJHAMPA. Tambour des Indiens des montagnes ; la caisse est souvent en terre cuite, il se joue avec deux baguettes, et sa longueur est de 0m32 ; le diamètre de la peau qui recouvre la partie supérieure est de 0m30, l’autre n’en mesurant que 0m27. JALL. Instrument indien. JAMATO-GOTO. Instrument japonais, ressemblant au Ché (Voir ce mot), désigné par Engel, qui dit que l’accord est dans l’ordre chromatique. JAUTER. Instrument indien. JEUX DE L’ORGUE. On appelle jeu un groupe de tuyaux formant une échelle chromatique, donnant des sons d’un même timbre. On peut classer les jeux en deux catégories : les jeux d’anches et ceux à bouche. Les premiers sont à anche battante ou à anche libre. Les seconds comprennent : 1° les jeux de fond, donnant l’unisson de la note écrite et ses octaves en bas ; 2° les jeux d’octave, sonnant à l’octave au-dessus de la note écrite ; 3° les jeux de mutation, simples ou composés ; les jeux simples donnent la quinte, la tierce et même la septième de la note écrite ; les jeux composés possèdent pour chaque note plusieurs tuyaux, formant un accord. JHANJH-KHANJANI. Petit tambour indien, différent du Khanjani (Voir ce mot), en ce qu’il porte deux petites cymbales qui vibrent lorsqu’on bat la membrane tendue sur le cercle supérieur. JORAGHAYI. Instrument indien, formé de deux tambours inégaux, ou dholas ; le plus grand se frappe avec l’aide d’une baguette le plus petit avec la main. L’instrument double se suspend au cou de l’exécutant par un cordon ; le plus grand tambour mesure 0m26 de diamètre, sur 0m45 de long ; le petit, 0m17 sur 0m31. JOUM-TOUM. Instrument des Hottentots (Voyez GOURA.). JUDDICS. C’est le Balafo des nègres (Voyez ce mot).
KABARO. Nom du tambourin en Abyssinie. KABIR TOURTI. Grande mandoline turque dans le genre du luth, mais à huit cordes. KACCHAPI VINA ou KACHUA SETAR. Instrument indien très répandu au Bengale. Les Anglais le nomment Kachua Setar. du mot hacchapa, qui veut dire dos de tortue, parce que la forme de la gourde servant de caisse de résonance, rappelle le dos de cet animal. Il est garni de cinq cordes et quelquefois de deux autres en acier, se pinçant à vide et donnant les notes : ut des lignes et sol au-dessus des lignes de la clef de sol. On le joue avec un plectre et le manche présente seize cases. La longueur de l’instrument est de 1m,20 sur 0m,28 de large. KACHAPPI. Harpe siamoise, qu’il ne faut pas confondre avec la la Kacchapi Vina du Bengale. . KACHA-VINA. Instrument moderne indien, à cordes, avec une touche de verre, sous laquelle se trouvent onze cordes sympathiques en laiton ; celles-ci reposent sur un chevalet d’une deuxième caisse sonore, recouverte d’une légère membrane de peau. Les six cordes s’accordent ainsi. : fa d’entre les lignes, ut, sol au-dessus des lignes, sol des lignes de la clef de sol, ut des lignes de la clef de fa. La première et la cinquième sont en acier, les autres sont en cuivre. L’instrument mesure 0m,25 de large sur lm,30 de long. KADHIB. Chalumeau arabe. KAIRATA-VINA. Instrument indien dans le genre de la Mahati-Vina, à quatre cordes et à six chevalets. On supprime quelquefois la troisième corde. L’accord donne : fa d’entre les lignes, ut, sol au-dessous des lignes de la clef de sol, et ut des lignes de la clef de fa. La longueur totale est de 0m,96. KALAMA. Chalumeau indien, à sept trous, en roseau, dont l’extrémité inférieure est taillée en bec de plume. La longueur, avec l’anche, est de 0m,32. KALLISTE-ORGANON. Sylvestre construisit. en 1827, cet instrument, dans le genre du Physharmonica. KAMANCHA. Sorte de guitare indienne. KAMINA ou KATTYAUNA-VINA. Qânon indien, à vingt-et-une cordes, et ayant souvent une étendue de cinq octaves diatoniques, On l’appelait autrefois Shata-Tautri Vina, on Vina aux cent cordes d’acier. KAMPOUK BIRMAN. Harmonica birman en bois durci, formé de dix-neuf lames de bambou, de 20 à 38 centimètres, se frappant à l’aide, de, deux petits marteaux,. Son étendue est du la grave au-dessous des cinq lignes au mi sur la troisième ligne supplémentaire. KAMPOUK MALAIS. Gong, malais, formé de deux disques de métal, s’emboîtant à volonté l’un dans l’autre, mais suspendus à un petit intervalle par des cordons de métal ou plutôt de soie. KAMPOUK SIAMOIS. Harmonica siamois, dont les lames sont en métal ou en bois, et placées sur une-petite caisse sonore, ayant absolument la forme d’un canapé minuscule. KANOUN. Psaltérion des Arabes, monté de cordes de boyau et de métal il a la forme triangulaire et se trouve percé de deux ouïes. KANSARA. Gong indien usité dans les cérémonies religieuses ; il se frappe à l’aide d’un bâton, et mesure 0m,24 de diamètre. KANSI. Gong indien, à bords relevés, de 0m,15 de diamètre, il se joue en même temps que le Dhola pour donner le rythme. KANTÈLE. Petite harpe usitée en Finlande ; les cordes sont en fil de cuivre. KARABO. Petit tambour égyptien. KARATALA ou KHARATALA. Cymbales indiennes de 0m,15 de diamètre. On s’en sert pour les cérémonies du culte de ce pays. KARNIX. Trompette gauloise, courte, en métal fondu, dont l’embouchure était en plomb et le pavillon avait la forme d’une tête d’animal. KARNOU. Trompette gauloise dont la forme rappelait la conque marine ; les sons étaient aigus. KASAT ou KAS. Cimbales arabes. KASS, KASSO ou KASSUTA. Tambourin indien, fait d’un morceau de bois de palmier, creusé et recouvert d’une planchette mince. Celle-ci est souvent coloriée. KASSO. Sorte de harpe de l’Afrique et de la Sénégambie, montée presque toujours d’une vingtaine de cordes en lianes. Le fond est fait d’une calebasse sur laquelle une peau est tendue, formant table d’harmonie. KASSUTO ou KAFFUTO. Instrument du Congo ; c’est une sorte de boîte longue en bois recouverte d’une planche taillée en échelle : on racle, avec un bâton court, sur les branches de cette échelle. KATHJAUNA-VINA. ( VOYEZ KANUM). KATROS. Harpe des Hébreux. KÉBARO ou KABARO. Petit tambour abyssin, ressemblant au tambour provençal mais un peu plus arrondi en bas ; il se frappe avec la main. KEFF. Instrument primitif et naturel des Arabes ; ces derniers disposent leurs mains, qui forment comme une sorte de boite creuse et les frappent en cadence en y enfermant ainsi l’air. KEIRMINE ou KEIRUINE. Sorte de tympanon irlandais, formé d’un triangle tronqué ; les cordes en sont pincées avec les doigts, sans plectre ; c’est une sorte de harpe renversée. KEMAN. Violon arabe à trois cordes. On peut voir un de ces instruments au Musée du Conservatoire de Paris. KEMANGEH ou KEMMANGEH. Nom du violon primitif des Arabes : il y en a une grande variété - le Kemângeh à gouz, le Kemângeh farkh, etc. (Voyez ces mots) ; les Kemângeh persanes sont souvent formées de l’écorce d’une noix de coco, sur laquelle on tend des cordes en crin noir tressé ; mais d’ordinaire, le corps est en bois et les cordes en soie. KEMANGEH A GOUZ. C’est le violon primitif des Arabes ; il y a une grande variété de Kemângeh, celle-ci est la plus ancienne. L’instrument est monté de deux cordes en crins noirs ; il se tient comme le violoncelle, l’exécutant étant assis à la façon orientale. L’archet ressemble à celui en usage aux siècles derniers, en Europe. KEMANGEH-FARKH. (Signifie portion de Kemângeh) Sorte de luth arabe, à archet, plus petit de moitié que le Kemângeh à gouz, formé de la moitié d’une noix de coco évidée, mais le milieu de la partie inférieure est percé d’un trou. Sur la table, près de la barre, on a percé deux autres trous. La longueur totale dé la touche est de 0m,24. Cet instrument est monté de deux cordes. KEMANGEH ROUMY. Instrument indien, semblable à la viole d’Amour. Six cordes en boyau et six cordes sympathiques garnissent le manche ; il y en a aussi de quatorze cordes et de quatre cordes seulement. KEMKEN. Tambour circulaire, cité dans l’Écriture sainte. KÉONKEM. Tambour des Égyptiens. KÉRAS. Trompe grecque, en corne de génisse, ressemblant à la Conque marine ; c’est le Kéren des Hébreux. KERAULOPHONE. Dawson imagina, en 1851, ce, jeu d’orgue, imitant le frottement de l’archet sur la corde ; cet effet était produit par la vibration de l’air dans un tuyau fendu en haut. KÉREN. Corne de bélier des Hébreux, servant autrefois à annoncer le Jubilé. C’est encore de nos jours la corne d’appel des Abyssins et la grande trompette actuelle des Indiens. Elle est faite, dans ce cas, avec un roseau, à l’extrémité duquel est attachée une demi-calebasse, imitant le pavillon d’une trompette et ornée de petites coquilles blanches. Le reste de l’instrument est recouvert de parchemin ; elle donne le mi. KERRENA. Trompette de l’Hindoustan ; elle a quinze pieds de long. KÉTOUT ou KAMPOUK. Marmite résonnante chinoise. KHALIL. Musette des Arabes. KHALIT. Instrument des Hébreux. KHANJANI. Petit tambour indien de 12 centimètres de diamètre ; les mendiants s’en servent pour accompagner leurs chants. KHASCHBAT. Instrument mystérieux des anciens Arabes, comparable, parait-il, à la lyre d’Orphée. KHATTALI. Castagnettes métalliques du Bengale ; le son en est vibrant. KHEN. Instrument des Laotiens et des Siamois. C’est un assemblage de dix à seize bambous accouplés, dont les nœud sont coupés antérieurement ; ces bambous forment des sortes de tuyaux d’orgue ; ils sont attachés les uns aux autres par un bambou plus gros, traversé perpendiculairement par ceux-ci : leur longueur est inégale. En bouchant les trous, on fait sortir les sons ; l’instrument doit être tenu incliné, sa hauteur atteignant de 1 à 4 mètres. KHEW. Clochette indienne, suspendue au toit des temples de ce pays. KHLANG TOA PHOTOA MEA. Large tambour plat de Siam. KHLOVIE. Flûte siamoise. KHOLE ou KHOL. Instrument indien ; sorte de tambour en terre cuite, appelé aussi Mirdeing. KHONGWANG. Clochettes siamoises, en métal, faisant l’effet du chapeau chinois KHORADAK. Deux tambours indiens, dont le fût est en terre cuite ; on les joue simultanément ; le plus aigu est frappé par la main droite, la paume de la main gauche frappe l’autre. KHUDRA GHANTA. Clochettes de bronze des Indiens, servant à frapper la mesure. KHUDRA KATTIAUNA VINA. Instrument plus petit, à quatorze cordes, mais du même genre que le Kattyauna Vina (Voir ce mot). KHUNIRSE. Tambourin des Indiens. KHUNIRX. Tambourin du Bengale. KIDÈTE. Flûte à bec de l’Afrique, terminée par un énorme gland de laine. Elle est percée de quatre trous. Le bois est du sorgho. KIÉBER. Sorte de tambour arabe. KILEK. Lyre russe, appelée aussi Rileck. KIN ou SCHOLARS LUTE. Luth chinois appelé, par les Anglais : Luth des écoliers. Il y en a de trois différentes grandeurs. Cinq cordes sont tendues sur une table de bois ; les endroits à pincer sont indiqués par des points. Selon les lettrés chinois, ces cinq cordes doivent représenter les cinq planètes du ciel et les cinq éléments. KIN CHINOIS. Instrument de percussion, qu’il ne faut pas confondre avec le Kin ou Scholars Lute. en ce sens qu’il est beaucoup plus ancien et qu’il se compose de une à seize pierres sonores. KINANDO. Variété du Sanko (Voir ce mot), Nigritie orientale ; cet instrument à cordes pincées est monté de onze ou de douze cordes ; il se joue avec les deux mains et se pose sur les genoux. KINNARI VINA. Instrument classique à cinq cordes pincées, des Indiens ; il s’accorde comme l’esrar. Les deuxième, troisième et cinquième cordes sont en cuivre, la première et la quatrième sont en acier. La longueur est d’environ 92 centimètres, la largeur 12 centimètres. KINNERY. Harmonica très perfectionné des Indiens, formé d’une caisse en bois de fer très ouvragée et peinte, supportant quinze, seize ou dix-sept lames métalliques ou en bois, accordées diatoniquement. Le kinnery a habituellement une étendue de deux octaves et deux notes, Les baguettes, servant à frapper les lames, sont terminées par une boule de métal, d’ivoire ou de bois, que l’on garnit de laine lorsqu’on veut rendre le son plus doux. Quand les lames sont en métal, celui-ci est Mélangé de cuivre, d’argent et de bismuth. KINNIN. Harpe arabe. KINNIRA. C’est le trigone grec, qui n’est autre que la harpe ou kinnor des Hébreux ; il avait neuf cordes obliques, dont la plus grande formait l’un des côtés du triangle. On pouvait en faire vibrer les cordes avec la main droite en assujettissant le corps de l’instrument sous le bras gauche, ou le plaçant dans une position horizontale ; on l’attachait à la ceinture et l’on faisait percuter les cordes à l’aide d’une baguette. KINNOR. Nom de la harpe à vingt et une, vingt-quatre, ou trente cordes, chez les Hébreux ; cet instrument est d’origine égyptienne ; on peut voir, au Musée du Louvre, des harpes des Anciens égyptiens ; elles sont absolument semblables au Kinnor. KIOU-KIN. Nom de la Guimbarde, en Chine (Voyez GUIMBARDE). KIOUS. Timbale en airain, des Arabes. KIRAN. Mandoline arabe. KISSAR. Instrument à cordes pincées, des Berbers ; appelé aussi lyre éthiopienne ; il est garni de cinq cordes : ré, sol, la, si, mi, au-dessus des lignes (clef de sol). Sa forme rappelle la lyre pentacorde antique. KIT. Nom de la pochette en anglais (Voir POCHETTE) ; on l’employait surtout au XVIIe siècle. KITFAR. Harpe ancienne des Arabes. KITHARA. Cithare grecque ancienne, d’où le nom français de cithare est venu. KOAN. Sorte de hautbois chinois, en ivoire ou en ébène, muni d’une anche de roseau très mince. KODOWO-GAOULO. Guitare des indigènes du Soudan. Le nom veut dire : musique de griot. Cet instrument se compose d’un morceau de bois de 0m,10 de largeur, 0m,06 de profondeur et 0m,40 de hauteur, creusé selon la forme d’un bateau d’enfant. Le manche, long de 0m,70 sur 0m,02 de diamètre, est fait d’une branche d’arbre et ne dépasse le corps sonore que de 0m,40 ; l’autre partie, placée dans l’intérieur, maintient un chevalet pour les cordes. Une peau de mouton sert de table d’harmonie et une ouverture pratiquée sert d’ouïe. Quatre cordes de crins tressés et fixés au manche par des attaches de cuir, complètent cet instrument, mais deux de ces cordes seulement reçoivent la pression des doigts de la main gauche. tandis que les deux autres, plus courtes, ne dépassent quia très peu la table d’harmonie et servent quelquefois d’accompagnement. Une petite plaque de fer, garnie de bagues du même métal, est ajoutée au Kodowo-Gaoulo. Un morceau de corne sert de plectre. KOLLO. Instrument japonais dans le genre du Ché (Voir ce mot), mais plus grand ; il a treize cordes de soie treize chevalets mobiles. KOMBU. Cor d’airain indien, ressemblant à l’ancien Lure de Scandinavie. KONGWANG. Instrument siamois, consistant en boules métalliques, qui résonnent lorsqu’on les agitent. KOO. Tambour chinois. KORA. Harpe mandingue, formée d’une demi calebasse assez grande : 0m,25 à 0m,35 de diamètre ; cette calebasse est recouverte d’une peau de mouton très tendue, et surmontée d’un manche de 1 mètre, recourbé en avant et terminé par une pièce métallique. Le chevalet, différent de longueur, selon le nombre des cordes, est placé au milieu de la table d’harmonie. Sur le côté de la calebasse se trouve une ouïe de 0m,10 carrés, Le Kora est monté de six, huit, dix, douze, seize cordes en boyau ; des attaches de cuir, faisant fonction de chevilles, les tiennent au manche. C’est le, même genre d’instrument que l’ancienne harpe égyptienne, datant de vingt-huit siècles avant J.-C. Celle-ci se voit dans la salle du musée égyptien, au Louvre. Le, Kora est tenu à la hauteur de l’estomac et maintenu par les pouces et les petits doigts, les autres pinçant les cordes. La sonorité est pleine et agréable. Les Peulhs en interdisent l’usage sous peine de mort. KORRO. Harpe ou lyre arabe, très ancienne et d’une forme toute primitive. KORTAL. Un des plus anciens instruments à cordes pincées de l’Inde. KOSSAB. Flûte arabe. KOU. Tambour chinois, se frappant avec des baguettes, et garni souvent de clochettes. KOUA. Nom donné par les indiens à l’archet primitif. KOUITZ. Flûte d’Abyssinie, appelée aussi Agada ou Aghèdé ; c’est un instrument de la grandeur des flûtes traversières, mais portant une anche assez semblable à celle de notre clarinette. KOUSSER. Sorte de tambourah des Japonais, à quatre cordes, se jouant avec un plectre et dont le manche est divisé en cases. KOUWAN-TEKI. Nom de la flûte traversière, chez les Japonais. KOUWINE. Tambour indien, dont le fût est en cuivre. KRAP. Castagnettes de bambou, usitées dans le royaume de Siam ; elles ont 0m,40 de longueur. KROUPEZAI. Sandales de fer ou de bois des anciens. servant à marquer le rythme dans les chœurs et au théâtre. KRUMMHORN. Nom du tournebout, en allemand c’est la basse du hautbois dont on a francisé le mot en le nommant Cromorne (Voir ce mot). KUFFIR, KUSSIR, CUSSIER ou QUSSIR. Sorte de harpe arabe à cinq cordes et de forme ovale. KUITRA. Grande guitare algérienne à quatre doubles cordes, ressemblant au luth par son fond bombé le manche est aussi légèrement renversé. KULING TANGAN. Sorte de guitare à quatre cordes des Iles Philippines. KUNJERRY A SEPT CORDES. - Instrument indien à archet, du genre du Ravanastron (Voyez ce mot). Sept cordes garnissent le manche en aboutissant à un chevalet et à une petite tirette. Quinze cases servent à en modifier les sons ; une cheville se trouve à moitié de la hauteur du manche et cinq autres sont à la tête de l’instrument. KUNJERRY A SIX CORDES. Instrument indien, à archet, qui, vu de face, a l’aspect du luth, et de profil, celui d’une pipe. Il a lm,10 de haut. La table d’harmonie est bombées, mais dépassée dans sa surface par le s éclisses ; elle est percée de deux grandes ouïes en haut et de huit petites en bas. Le manche, garni de douze cases, est large ; la tète, portant six chevilles, représente souvent une tête d’oiseau, quatre cordes sont en boyau, les cinquième et sixième, tenues par une même cheville, sont en métal. Cet instrument est incommode à jouer, car il faut appuyer les doigts très fort. KUSSIR ou KUSSIER. Instrument turc à cinq cordes tendues sur une peau recouvrant une sorte de demi sphère en bois. KWETZ. Nom de la flûte en Ethiopie.
LAME VIBRANTE ou ANCHE LIBRE. Languette mince de métal, martelée et étendue, qui est maintenue à l’extrémité inférieure sur une pièce métallique creusée pour la laisser vibrer. La vibration est produite soit par le souffle soit par la percussion. LANGUETTE. 1° Petite pièce de bois d’ans laquelle est placée une tige de plume de corbeau, pour les clavecins et les épinettes ; 2° Petite soupape à ressort, ouvrant et fermant les trous de certains instruments à vent ; 3° Lame métallique vibrante pour les orgues (Voir LAME, VIBRANTE). LAPA. Longs tubes de cuivre de huit ou neufs pieds, terminés par des pavillons et usités dans les musiques turques. LARIGOT. Jeu d’orgue très aigu, sonnant à la quinte au-dessus de la doublette. Ce jeu est en étain et comprend tout le clavier, puisqu’il a quatre octaves et demie d’étendue ; il fait partie des jeux de bouche. C’est aussi le nom de l’ancien petit flageolet, usité le plus souvent avec le tambourin. LARYNX. C’est l’organe de la. voix et l’instrument naturel de l’homme, par excellence. Placé sur la ligne médiane du corps, à la partie antérieure et supérieure du cou, il a une forme de cône tronqué et renversé surmontant la trachée artère avec laquelle il communique. En respirant, il livre passage à l’air, et, par certains mouvements, produit les sons. LAYA BANSI. Flûte indienne à sept trous, à embouchure transversale, et de 0m,32 de longueur. LAYE. Sorte de boite renfermant, dans l’orgue, le mécanisme des soupapes. LEUT. Nom ancien du luth (Voir ce mot). LICHARA. Principal instrument des Cafres. C’est une sorte de flûte ne produisant qu’un son : de sorte qu’il y en a un pour chaque note. Habituellement l’intervalle entre les plus graves et les plus élevées est de douze notes. Elle est en roseau, accordée à l’aide d’un petit tampon mobile se trouvant à la partie inférieure et portant en haut une ouverture taillée transversalement. LIGATURE. Petit appareil de métal se serrant à l’aide de deux vis, destiné à maintenir une anche de roseau sur le.- becs des clarinettes, saxophones, etc. C’est la ligature qui a remplacé le lien de fil ou de cordonnet dont on se servait autrefois. LIGULA. Embouchure en biseau d’une flûte à bec des Romains ; cette embouchure se serrait entre les dents comme pour le flageolet moderne. LINÉOGRAPHE. Violette, de Brest, inventa en 1839 cet instrument destiné à tracer des lignes de musique sur le papier. Une molette en cuivre présente ainsi une ou deux portées de musique. On l’appelle aussi griffe. LINGUA. Nom donné à l’embouchure d’une flûte. chez les Romains. LIRONE. Genre de Viole da Gamba (Voyez ce mot). LITICEN. C’est celui qui, chez les Romains, jouait du lituus. LITUUS. Grande trompette droite romaine, en usage autrefois parmi les troupes de cette nation, particulièrement employée pour les triomphes des généraux. Le lituus mesurait à peu près 1m,60 de long, sonnait à l’unisson du clairon moderne, et était en bronze, On en a retrouvé un curieux spécimen en 1827, à Cervetri (Italie) ; il est actuellement au musée du Vatican. Les Augure portaient un bâton recourbé appelé aussi lituus ; il avait la forme de l’instrument de musique. On peut en voir un type semblable à la Mosaïque de Grand (Vosges). LONGA. Instrument de percussion en fer, ressemblant à deux cornes, et se frappant à l’aide d’une tige du même métal. LONGO ou EMBANKIS. Instrument usité seulement par les grands du Congo ; il se compose de deux sonnettes de fer, liées entre elles par un arc de même métal. On les frappe avec une baguette. LOO ou LU.. Instrument de percussion des Chinois ; c’est le tam-tam des Turcs. LOTINE. Flûte des Grecs, faite de bois de lotos. LOTUES. Trompettes usitées en France au Moyen Age et qui servaient dans les marches guerrières. LOURE. Nom donné à l’ancienne cornemuse du Moyen-Age. LU-TCHUN. Instrument chinois, en bois, monté de douze cordes tendues par des chevilles ; des ouvertures circulaires existent au-dessous de la caisse sonore qui est allongée ; les cordes sont fixées en dessous par deux chevilles. LUDR. Cor de guerre de l’île de Fionie, découvert au commencement du XIXe siècle dans les tourbières de Fionie. La longueur était d’un mètre soixante-dix centimètres et le pavillon passait par-dessus l’épaule de l’exécutant. LUIGÉE. Instrument des Fakirs de l’Inde. LUMIÈRE. Ouverture communiquant le vent dans l’intérieur des tuyaux d’orgue. LURA. Nom de la lyre chez les anciens Grecs (Voyez XÉLUS).
ENFANT JOUANT DU LUTH (XVe SIÈCLE) Bas relief de L. della Robbia (Musée de Florence).
LUTH. En allemand, laute ; en anglais, lute ; en italien, liuto ou luez. Cet instrument à cordes pincées est originaire de l’Inde, où il est usité depuis les temps les plus reculés ; au le nomme encore Eoud, l’Eoud, d’où les mots luito, laute et luth sont dérivés dans les langues italienne, allemande, et française. On le connaît en France depuis plus de 600 ans ; il n’eut sa véritable forme que dans les deux derniers siècles. Selon le père Bonanni, cette forme lui fut donnée par un Allemand : Casperger, qui le perfectionna en allongeant le manche, en y ajoutant huit cordes simples, six doubles et une chanterelle plus fine que les autres. Il y avait des luths à onze, à quinze, à vingt et à vingt-quatre cordes attachées à un cillet à l’aide de boutons. Le manche était divisé en neuf cases, faites le plus souvent en cordes de boyau ou en métal. Lorsqu’il était monté de onze cordes, l’accord était le suivant : ut (lignes de la clef de fa), ré, mi, fa, sol, la, ré (au-dessus des lignes), fa, la, ré, fa (chanterelle), c’est ce que l’on appelait l’accord selon le vieil Ton. Le Théorbe avait à peu près le même accord. Le son du luth était plus plein que celui de la guitare., On pouvait accorder le luth diatoniquement, comme la harpe ou l’épinette. Quand il était monté de quinze cordes, les plus grosses se touchaient à vide, et les trois plus fines, tant à l’ouvert que sur le manche, dit le P. Mersenne. Le père de Ninon de Lenclos et sa fille même, jouaient parfaitement du luth. On se rappelle les inimitables gravures de Callot, ce Rabelais de l’eau forte, représentant des burlesques joueurs de luth ; c’est, du reste, au XVIe, au XVIIe et au XVIIIe siècles qu’il fut le plus en vogue. Sa forme est ovale, mais très allongée vers le manche, et presque circulaire à sa base. La tête est légèrement renversée. Le fond bombé, est quelquefois à côtes ; c’est la guitare qui détrôna cet instrument d’accompagnement. LUTH DU CONGO. Sorte de guitare dont la table est en peau. LUTH THÉORBÉ. Sébastien Schelle, de Nuremberg, construisit, en 1727, un instrument auquel il donna ce nom. Le luth théorbé avait vingt-quatre chevilles ; les cordes basses avaient un cheviller spécial, ressemblant en cela au Théorbe. Il ressemble aussi à l’Archiluth. LUTINA. La lutina est un dérivé du luth ; plus petite que : celui-ci, elle a beaucoup d’analogie avec la mandore ; le fond est à côtes. LUTRIN. Grand pupitre. en bois, sculpté, placé dans le chœur ou en avant de l’autel des églises et servant à soutenir les livres de plein-chant. Le mot vient de lectrum, lectrimum, lettrin et enfin lutrin. LIBYQUE. Flûte photinge ou lotienne des Grecs. LYDIENNE. Flûte usitée chez les anciens Grecs, pour jouer dans le mode dorien. LYRA. Nom donné quelquefois à l’ancienne basse de viole. Les Grecs actuels nomment encore ainsi les rebecs du Moyen Age et les gigues européennes, tout comme le rebab arabe ; c’est toujours un instrument à archet, à deux, à trois et à quatre cordes. Les anciens Grecs, donnaient ce nom à la lyre (Voyez ce mot , instrument à cordes pincées. LYRA BARBERINA ou LYRE BARBERINE. Jean Doni, de Florence, l’inventa au XVIIe siècle. On l’appelait aussi Accord et Amphicordum ; c’est une sorte de basse de viole à quatorze cordes. LYRA TEDESCA. Lyra mendicorum, lyre des Aveugles c’est la rote ou vielle à roue. LYRE. En allemand, Leïer ; en italien, Lyra ; en anglais, Lyre. C’est un des plus anciens instruments de musique à cordes pincées ; elle est arrivée jusqu’à nous par les Grecs, et l’on dit qu’elle fut imaginée dans la Thrace, mais il se peut qu’elle y fut importée d’Égypte en passant par l’Asie mineure. En tous cas, les Grecs et les Romains sont les peuples qui s’en servirent le plus ; les peintures de Pompéïa les médailles et les sculptures antiques en sont des preuves certaines. On peut supposer qu’elle fut d’abord, dans ces temps reculés, construite de deux façons différentes, l’une toute rustique, telle que les paysans grecs l’employaient ; celle-ci ressemblait au Kissar actuel des Berbers ; l’autre, d’une forme plus artistique. Celle que l’on attribue à Mercure, à Apollon, à Amphion, à, Polymnice et à Hercule, est souvent formée de la carapace vidée d’une tortue ; la table d’harmonie était faite d’une peau ou d’une planchette tendue et collée sur les bords : les deux bras imitaient deux cornes d’animaux. Une traverse, primitivement en roseau, maintenait ces bras et servait à enrouler des lanières, formant des anneaux, auxquels étaient attachées des cordes. Celles-ci se tendaient et s’accordaient en faisant tourner les anneaux sur leur axe. Une variété de la lyre grecque se nommait Chelys (Voir ce mot). Dans les concours qui avaient lieu en Grèce (664 avant J.-C.), la seule lyre admise était celle à quatre cordes. Ce nombre de cordes a été très variable ; celles d’Olympe et de Therpandre n’en avaient que trois. On croit que les Scythes produisirent le Pentacorde, mais ce fut l’Heptacorde qui était le plus en vogue. Simonide, ajouta la huitième pour donner l’octave et Thymothée de Milet, du temps d’Alexandre, porta le nombre des cordes à douze. Celle à vingt cordes, ne servait, dit-on, que pour chanter les dieux et les héros. On les jouait de trois façons différentes, en les pinçant, en les frappant du plectre, ou en portant la lyre suspendue au cou, on pouvait, alors les pincer avec les doigts et les frapper du plectre ou avec les deux mains. Elle reçut des noms différents, tels que Lyra Chelys, Cithara, Barbitos, selon les variétés qui eurent toujours comme modèle primitif cet instrument. Il ne faut pas confondre la Lyre avec la Harpe-Portative du Moyen Age, qui s’appelait aussi Lyre ou Lyrasse.
LYRE Bas-relief gallo-romain (Musée du Palais ducal de Nancy).
LYRES GRECQUES ET ROMAINES Fac-simile de bas-reliefs et tombeaux du Musée du Louvre
LYRE A BRAS. C’est la lyre à braccio des Italiens. Instrument à archet de la famille des violes, appelé aussi Viole de Ténor ou Viole da Braccio. Elle avait sept cordes. LYRE ALLEMANDE. Sorte de vielle à roue, enduite de colophane, frottant sur quatre cordes. Elle avait la forme d’une viole d’amour, à sa partie inférieure ; sur les côtes se trouvaient 10 ou 12 touches, raccourcissant les cordes et donnant une étendue de 10 à 12 sons diatoniques. La main droite tournait une manivelle, les doigts de la main gauche appuyaient sur. les touches. LYRE DA BRACCIO. Viole plus grande que le violon, à, sept cordes ; c’est, à vrai dire, un dessus de l’Archiviole de Lyre. LYRE DE VIOLE. Petite lyre ancienne avec une table d’harmonie, légèrement arrondie et munie d’un pied. Cet instrument avait trois cordes. LYRE MOSCOVITE. Sorte de luth ayant la forme d’une lyre antique, à cinq ou six cordes de boyau. LYRE ORGANISÉE. Instrument à clavier, produisant des sons plus doux que ceux du piano, inventé à Coucy-le-Chàteau, vers 1806, par Le d’Huy, et perfectionné par lui en 1821. Les deux montants formaient manche, et un troisième se trouvait entre les deux premiers. Quinze cordes étaient réparties entre eux. LYRA RUSTICA. Nom de la vieille à roue, en Italie ; les Allemands lui ont donné à peu près la même dénomination : Bauern Leyer (Voir le Mot VIELLE). LYRE VENTURA. Ventura construisit, en 1851, une guitare à six doubles cordes, à laquelle il donna son nom. LYRO-GUITARE. C’est la, guitare-lyre, inventée à Paris, et portant un manche placé entre deux montants, qui rappellent la forme de la lyre antique. On s’en servit pour un moment dans la première moitié de ce siècle. LYSIODES. Doubles flûtes grecques, pour les cérémonies bachiques.
MAANIM. Table carrée en bois, garnie de globes d’airain qui, en s’entre choquant, produisaient un son assez puissant. C’est un ancien instrument des Hébreux. MACHALAT. Instrument des Hébreux ayant un réservoir d’air et un tube de roseau. MACHETTE. Instrument à cordes ayant la forme d’un poisson, en usage à Madère et au Portugal ; le musée de South-Kensington, à Londres, en possède un curieux spécimen. MACHUL et MAGHUL. Il ne faut pas les confondre avec le Machol, flûte juive. Ce sont des instruments assez semblables au luth, ils avaient huit cordes et furent employés aussi par les Hébreux. MACHOL. Flûte juive ancienne. MAFRA-KITHA. Flûte de Pan des Hébreux. Cet instrument ressemble au Cheng des Chinois ; c’est une réunion de tubes de roseau inégaux insérés dans un morceau de bois dur, dans lequel un canal sert à introduire le vent. On bouchait les tuyaux avec les doigts et on ouvrait ceux que l’on voulait faire résonner. MAGAD. Instrument à percussion des anciens Grecs et muni de vingt cordes. MAGADE. Flûte indienne. MAGADIS ou MAJADIS. Lyre lydienne en usage chez les anciens Grecs, appelée à tort flûte de Lydie, par Athénée, Aristo et Aristarque. Elle avait de vingt à quatre-vingts cordes, accouplées et accordées à l’octave, d’où lui vint le mot de Magadiser. Elle fut d’abord en usage à Ninive, à Babylone et ensuite en Grèce. MAGHUL. C’est le sistre des Hébreux. MAGOUDI. Musette primitive indienne formée d’une courge allongée et de deux tubes percés chacun de quatre trous ; les charmeurs de serpents ne se servent que de cet instrument. MAGRAPHE ou MAGREPHA. Instrument à vent des Hébreux, ressemblant, dit le Talmud, à l’orgue primitif. MAGRAPHE ou MAGREPHA. Instrument des Hébreux. Ce nom s’appliquait au Magraphe d’Aruchin, sorte d’orgues nazillardes, et au Magraphe Temid, genre de carillon de cloches servant à rassembler le peuple au temple. MAHA MANDIRA. Cimbale du Bengale, mesurant 0m,08 de diamètre. MAHATI VINA, Instrument à cordes, inventé, disent les Indiens, par le dieu Narada. Il se compose d’un tuyau de bambou sur lequel se trouvent dix-sept cordes en métal, se remontant à l’aide de grosses chevilles de bois. Ce tuyau, remplaçant le manche, contient vingt-deux chevalets, faisant fonctions de cases ; les seize premiers sont dans l’ordre chromatique, les autre dans l’ordre diatonique. De l’autre côté des cordes, le tuyau porte sur deux calebasses creusées pour renforcer le son. On pose l’instrument de façon que la calebasse gauche pose sur l’épaule gauche et l’autre sous le bras droit. On le joue souvent avec le Mirzab ou plectre d’acier. Sa longueur est de lm,25, le tuyau a 0m,05 de diamètre, et les gourdes 0m,28. L’accord ordinaire est : fa, entre les lignes, et ut au-dessous des lignes de la clef de sol ; ut entre les lignes de la clef de fa ; ut entre les lignes, et ut au dessus des lignes, clef de sol. La première, la sixième et la septième cordes en dehors du manche, sont en acier, les quatre autres en laiton. MAILLOCHE. Appareil servant à frapper la grosse caisse, et consistant en une tige cylindrique en bois, terminée par une boule d’étoupe recouverte de peau. MAIN HARMONIQUE. Invention attribuée à Gui d’Arezzo (XIe siècle), et employée pour apprendre la solmisation par l’hexacorde et les nuances. Ce système est très compliqué ; on ne l’a abandonné qu’à la fin du XVIIIe siècle. MAKROKITAH. Ancienne flûte de Pan, ou Syrinx des Hébreux et des Assyriens. MALAKAT. Trompette militaire d’Abyssinie. MAM. Nom de la flûte droite, des Égyptiens et des Grecs. Elle était percée de trois à six trous, et s’appelait aussi Lotos. MANCHE. Pièce de bois appliquée à presque tous les instruments à cordes et à archet. Il part de l’extrémité supérieure de la table d’harmonie, s’appuyant en biseau sur le fond et sur les éclisses ou gabarit de certains instruments à cordes et à archets, tels que la viole, le violon, le violoncelle, la contrebasse, la mandore, la mandoline, le luth, la guitare, etc. Le manche sert à recevoir la pression des cordes imprimée par les doigts ; les cordes sont tendues au haut par des chevilles, et maintenues à leur place -respective par des crans au sillet, aboutissant, soit à une tirette ou queue, soit à une pièce transversale ; le manche tient donc ainsi les cordes et résiste à leur effort. MANDIRA. Petites cymbales du Bengale ; elles servent pour battre le temps fort de chaque mesure dans la musique de chambre de ce pays. MANDOLA. Sorte de petite guitare à quatre cordes, usitée en Italie, au XVIIe siècle. MANDOLINE. Instrument italien. à corps bombé et à côtes, à cordes pincées à l’aide d’une plume. Le manche est renversé en arrière, la table, en sapin, porte une ouïe pour laisser échapper le son. Dix-huit cases en métal et en bois garnissent le manche et la table. Une plaque d’écaille est souvent collée sur celle-ci afin de la préserver des égratignures de plume. La mandoline est plus petite que le luth ; son accord est le même que celui du violon, mais les cordes sont en laiton et sont doubles ; cependant, la mandoline napolitaine, qui a quatre rangs de, cordes, a des cordes en boyau, en acier, en cuivre tordu et en boyau filé ; elle donne les notes sol (corde filée), ré (corde en cuivre), la (corde en acier), mi (corde en boyau). Le mot mandoline vient de Mandola, qui signifie moitié d’amande ; c’est la forme de la caisse sonore. Il y a des mandolines à cinq et à six cordes doubles ; ces dernières donnent sol, si, mi, la, ré, mi. La mandoline a trois octaves et une note d’étendue : du sol au-dessous des lignes de la clef de sol jusqu’au deuxième la au-dessus des lignes. Il ne faut pas la confondre avec la mandore, ni avec la pandura. MANDOLINO. Nom donné à la mandoline napolitaine ou mandoline-violon à quatre cordes doubles. MANDORE ou MANDOLE ou MANDILLE. Diminutif du luth à huit doubles cordes, c’est-à-dire seize. Le fond est bombé et à côte, mais plus allongé que le luth ; le chevillier est recourbé en avant et souvent terminé par une tête d’animal. Il y en a à quatre cordes de boyau et six métalliques. Une plume sert de plectre. MANICORDION, MANICHORDION, MANICORDE, MONOCHORDIUM. Instrument dans le genre de la cithare à clavier, indiquant., par son nom, qu’il ne possédait qu’une seule corde par note. Il était usité en France au Moyen-Age, dès le XIVe siècle ; dans. mon livre de : La Musique en Lorraine, je le signale souvent employé au XVe siècle. Il n’avait primitivement que deux octaves ; il eut, dans suite, jusqu’à soixante, dix cordes, dont plusieurs alors à l’unisson étaient recouvertes de bandes de drap donnant un son sourd et très doux. Les sautereaux étaient garnis d’un petit morceau de cuivre frappant la corde, qui était disposée perpendiculairement au clavier. MARABBA. Sorte de violon arabe, dont le corps sonore est tendu d’une peau ; en-dessus et en-dessous se trouvent une ou deux cordes montées à l’unisson. Il se joue comme le violoncelle, et on frappe souvent les cordes avec le dos de l’archet. On frappe aussi, avec la main, la peau tendue en guise de tambour de basque. MARAOUEH. Disque métallique des Abyssins, autour duquel se trouvent groupés des grelots ; une tige verticale sert à faire mouvoir et résonner l’instrument. MARDDALA ou MADALA. Tambour des tribus montagnardes de l’Inde, dont le fût est en terre cuite, de la longueur de 0m,42 et de 0m,18 de diamètre ; MARIMBA. Instrument du Congo ; il est composé de seize calebasses de. différentes tailles, placées. en deux planchettes suspendues au cou de l’exécutant ; l’embouchure de chacune est recouverte de petites tranches de bois mince et sonore qui se frappent par deux petites baguettes. C’est un genre d’harmonica en bois. Dans l’Amérique équinoxiale, le marimba est attaché aux poutres du toit par deux cordes, et composé de vingt bambous, suspendus, au-dessus de vingt lames de bois de palmier, chontaduro (Astrocaryum) sur lesquelles on frappe avec un bâton (laco), trempé dans du suc de fiscus. ou caoutchouc. Les Cuaïquérés ont une passion pour cet instrument ils en jouent avec une grande habileté. MARIMOA. Sorte de Marimba ou harmonica de l’Afrique centrale ; c’est une réunion de onze gourdes de différentes grosseurs, maintenues par des planchettes de bois et des liens en cordes. On frappe cet instrument avec une mailloche, semblable à celle de la grosse caisse. MAROUVANÉ. Instrument appelé aussi Valika par les Malgaches et formé des fibres d’un bambou ressemblant à une lyre ronde, munie de sillets mobiles de sept à treize trous. Cet instrument se tient sur les genoux de l’exécutant, qui le fait tourner sous ses doigts. Le Musée du Conservatoire de Paris en possède un spécimen, inscrit sous le n° 557. MARRONNETTES. Nom donné à de petites castagnettes, au Moyen-Âge. MARTEAU. Pièce de bois recouverte de plusieurs épaisseurs de peau et de feutre, fixée à un manche de cèdre, et destinée à frapper les cordes d’un piano ou d’autres instruments à percussion. MASQUE ANTIQUE. Le masque antique peut être ici considéré comme un instrument de musique, puisqu’il était en métal e-t destiné à porter plus loin le son de la voix. C’est tout autant pour cet effet qu’on l’employait, que pour cacher la figure de l’acteur. MASSANEGU. Instrument à une seule corde et à archet des Abyssins. MASTRACHITA. Sorte de chalumeau des anciens Hébreux. MATALAN. Petit tambour indien, attaché à la ceinturé du musicien, qui le frappe avec ses mains. MATAUPHONE. Nouveau genre d’harmonica à verres. MATRACA. Instrument espagnol, formé d’une roue environnée de marteaux de bois ; en tournant, ces marteaux frappent quelques morceaux dé bois, plantés Comme des dents sur la circonférence de la roue. C’est, en réalité une énorme crécelle, dont on se sert dans certains pays pour annoncer les offices pendant la semaine sainte, au moment où on ne se sert pas des cloches. MAYURI ou TAUS. Instrument dérivant de l’Esrar. Là tète de paon, qui orne toujours la caisse sonore, lui donne son nom de Mayur. Cinq cordes de boyau et onze sympathiques en laiton garnissent le mayuri. Les cordes sympathiques s’accordent diatoniquement du fa des lignes de la clef de sol. Les Indiens font grand cas de cet instrument. MAZHAR. Tambour égyptien plus petit que le Bendyr, et qui contient, dans les trous percés sur le fût, des anneaux métalliques ; il ne possède pas comme cet instrument des cordes vibrantes. MÉCANIQUE DE GUITARE. C’est un mécanisme en acier et en cuivre, ajusté au manche de certaines guitares, permettant. de supprimer les chevilles de bois. Deux roues à crans s’enchevêtrent et font monter ou descendre une douille percée contenant la corde. Il y a des mécaniques semblables pour les contrebasses. MÉCANIQUE DE PIANO. La mécanique du piano est l’assemblage des pièces qui sont destinées à frapper les cordes. Au mot piano, on peut voir les différentes progressions accomplies dans la facture de la mécanique des pianos. La mécanique comprend surtout deux montants de bois, reliés par plusieurs barres vissées, maintenant des marteaux, des contre-attrapes, des attrapes, des échappements, des étouffoirs, etc. (Voir le mot PI aNO). MEFINKO. Lyre abyssinienne, sans plectre. MÉGOUM. Instrument indien à cordes, ayant la forme d’un alligator. MEGYOUNG. Harpe birmane à trois cordes, du XVIIIe siècle. On pouvait voir cet instrument à l’Exposition de Paris, en 1878, au Trocadéro, section belge. MÉLEKETA ou MELEKET. Nom d’une trompette abyssinienne. faite d’une tige de roseau, terminée par un pavillon formé d’une calebasse, le tout recouvert de parchemin. Le son en est rauque. MÉLODÉON. Instrument moderne, ayant la forme la plus rapprochante du violon et s’adaptant à une table au moyen d’une vis. On le joue avec un archet. C’est aussi une variété d’orgue expressif, perfectionné par Austin, en Amérique, vers 1849. MÉLODICA. Instrument à clavier, inventé par Jean-André Stein, d’Augsbourg, vers 1773 ; c’était un essai pour rendre le clavecin expressif. Il avait un registre de flûte et descendait jusqu’au sol grave du violon. MÉLODICON. Instrument à clavier et à cylindre, inventé à Copenhague, par Pierre Rieffelsen. MÉLODINA. Instrument à lames vibrantes, à soufflet et t clavier, fait par Fourneaux, en 1850. MÉLODION. Sorte d’harmonica, inventé par Dietz, en 1811. MÉLODIUM. Nom donné à l’Harmonium (Voir ce mot). . MÉLODIUM A TIMBRES. Nun’s et Fischer, de New-York, combinèrent un jeu de timbres avec un piano et lui donnèrent ce nom, en 1847. MÉLODORE. Clarinette-alto, en bois, avec pavillon en cuivre, importée en France par Coste, en 1847. MÉLOGRAPHE. Appareil destiné à imprimer sur le papier les improvisations des compositeurs. Plusieurs inventeurs cherchèrent, sans résultats définitifs, à perfectionner cet instrument, ce sont : Creed, en 1747 ; Myer, en 1749 ; Hohfeld, en 1752 ; le P. Engramelle, en 1770 ; Merlin de Londres, en 1771, et Gattey, en 1783. MÉLOPHARE. Pupitre à quatre faces lumineuses, formé de quatre cadres pouvant recevoir des feuilles de papier de musique transparentes et notées. On s’en sert Quelquefois pour jouer des sérénades. MÉLOPHILON. Piron construisit en 1846 un instrument à anches libres dont les sommiers et les jeux étaient verticaux. Il le nomma Mélophilon. MÉLOPHONE. Instrument à vent, formé d’anches et de tuyaux. L’air est introduit par un soufflet double, que la main droite de l’exécutant fait sectionner au moyen d’une longue tige munie d’une poignée, tandis que la droite appuie sur des petites roulettes d’ivoire placées de moitié en saillie sur le manche. Il a la forme des anciennes vieilles à roue et de la guitare ; le son est grave et soutenu comme celui de l’harmonium et de quelques instruments à archet. Le Mélophone fut inventé en 1837. par l’horloger Leclerc. MÉLOPHONORGUE. Leterme imagina, en 1837, cet instrument ayant deux séries d’anches, sonnant ensemble à un quart et un neuvième de ton les unes des autres. MENANAÏM. Sistre des Hébreux auquel on avait ajouté des sonnettes et des grelots. MENTONNIÈRE. Pièce de bois dur, se fixant à la base du côté gauche du violon pour protéger le bas de la table contre la pression du menton et l’empêchant de glisser trop facilement. MENUEL. Diminutif du Cor. MERLINE. Sorte de serinette, servant à faire chanter les merles et les bouvreuils. MÈSE. Nom de la corde la plus aigüe du second tétracorde des Grecs. MÉTALLOPRONE. Instrument à percussion formé. de lames d’acier donnant une ou deux octaves chromatiques et se frappant à l’aide de deux petites baguettes semblables à celles des timbales, mais dont l’extrémité est en bois dur. MÉTAPHONE. Orgue à tuyaux et à anches libres. METFILOTH. Cimbales d’airain en usage chez les anciens Hébreux. MÉTROMÈTRE. Appareil inventé par Oms-Embray, en 1732, et destiné à battre la mesure et les temps en musique. C’est le Métronome primitif. MÉTRONOME. Instrument avec système d’horlogerie, servant à marquer les différents degrés du mouvement musical. Le principe repose sur l’application du pendule. Les mouvements sont indiqués sur une plaquette de bois placée en arrière et parallèlement avec une tige métallique armée d’un arrêt qui, se plaçant à volonté au chiffre choisi, imprime à celle-ci un mouvement. horizontal. Le Hollandais Winkel, eut le premier, l’idée de cette invention ; c’est Léonard Maëlzel, de Vienne, qui perfectionna le Métronome, vers 1815, quoique vers la fin du XVIIIle siècle Loulié parle déjà d’un chronomètre servant à régler les mouvements de la musique. METSANG. Pandore persane à deux. cordes. MICAMON. Instrument disparu, cité au XIVe siècle, par Guillaume de Machau. MICROPHONE. C’est le nom des porte-voix. MICROSCOME MUSICAL. Triklir, de Dijon, inventa, en 1770, cet appareil destiné à préserver les cordes des intempéries de l’air. Le résulat obtenu ne fut pas heureux. MINA SARANGI. Instrument indien, à cordes, semblable à l’Esrar, mais ayant la forme d’un poisson, d’où lui vient son nom (Mina), qui est représenté sur l’extrémité de sa caisse sonore. Il a le même accord, le même nombre de cases que l’Esrar, et sa longueur est de 1m,30 sur 0m,10 de largeur. MINGHINIM. Instrument hébreux, sorte de planchette munie de grelots. MINNIN. Sorte de luth, à quatre cordes, des Hébreux. MIRLITON. Tube de roseau, percé de part en part, et dont les deux extrémités sont bouchées par une pellicule mince et vibrante ; il se joue comme la flûte traversière, à l’aide d’un trou d’insufflation. MIZEF. Instrument à cordes des Arabes. MIZMAR. Flûte arabe. MIZMOR. Sorte de lyre juive. MOARCHUNG. Variété de gong de l’Inde. MOCHANGA ou MURCHANG. Instrument semblable à la guimbarde de nos pays, mais employé depuis fort longtemps dans les Indes. MODÈRATEUR. (Voyez CORNET MODERATEUR). MONAULE. Flûte à bec des Grecs ; elle était percée de trois, de quatre, et de cinq trous et se jouait comme le flageolet moderne. On désignait aussi sous ce nom, l’instrumentiste. MONOCORDE. Instrument à cordes très ancien, dont on attribue l’invention à Pythagore ; on croit généralement qu’il remonterait au Ve ou au VIe siècle avant J.-C. Il était composé d’une règle de bois divisée en plusieurs parties, sur laquelle on mettait une corde de boyau ou de métal tendue par deux chevalets, et au milieu de laquelle se trouve un troisième chevalet mobile. On l’appelle aussi Trompette marine (Voyez ce mot) ; ce dernier instrument figura, jusqu’en 1780, dans la musique des rois de France. C’était aussi le nom d’une sorte de clavecin allemand, dont les cordes étaient pincées par de petites lames de laiton, chaque note, au lieu d’avoir trois cordes, n’en possédait qu’une seule ; de là le nom de monocorde. MONOCORDE GUIDE-ACCORD. Instrument destiné à donner l’accord (Musée du Conservatoire de musique de Paris, n° 758). MONOCORDE JAPONAIS. Appelé aussi Souma koto : Il se compose d’une table en trois pièces, s’emboîtant parfaitement l’une dans l’autre. MONTRE D’ORGUE. C’est l’assemblage extérieur des tuyaux et du buffet du grand orgue. Il y a des fausses montres adaptées à des harmoniums. MOULES D’INSTRUMENTS A ARCHET. Ce sont des pièces de bois ayant la forme intérieure et extérieure de ces instruments ; ils servent à les construire et à leur donner la forme rigoureuse qu’ils doivent avoir. Les éclisses sont dressées contre le bord de ces moules, qui sont percés, afin de pouvoir y placer l’extrémité des presses en fer ou en bois. MORACHE. Nom donné, au XVIe siècle, au Colascione (Voir ce mot). MOSKA. Chalumeau indien à sept trous sur le devant. Il a de 45 à 60 centimètres de longueur et ressemble à l’ancien chalumeau. MOZZAFIK. Sorte de luth arabe. MRIDANGA. Tambour indien se jouant avec les mains, dont l’invention est attribuée à Brahma. Il ne sert, du reste, que pour les chants religieux ou dans des circonstances solennelles. MULLERPHONE. Basson-contrebasse à anche, avec pavillon en cuivre, inventé par Muller, de Lyon, en 1855. MURALI. Flûte traversière indienne, en bambou, à. six trous, donnant les notes la bémol, si bémol, si naturel, ut, ré bémol, mi bémol, fa, des ligues de la clef de sol. Sa longueur est de 0m,44 et de 0m,39, à partir de l’embouchure. MURCHANG. (Voyez MOCHANGA). MUREX. Mollusque à coquille, attribuée, comme trompette nautique, aux tritons, par les poètes anciens. MUSETTE. En anglais, Bag-Pipe ; en italien, Musetta ; en allemand, Sackpfeife ou Dudelsach. Instrument à réservoir d’air et à anche battante à double languette, qu’il ne faut pas confondre avec la cornemuse qui, elle, ne contient pas de petits soufflets comme la musette ; celle-ci possède un bourdon avec des trous bouchés par des chevilles if ivoire ou de bois, appelées layettes. On l’a désignée sous les noms de mose, chevrette estive. L’invention de la musette remonte, dit-on, aux Lydiens ; cet instrument se compose : d’une peau s’enflant à l’aide da soufflet qui y est attaché ; d’un bourdon portant quatre anches sur un cylindre dont on ouvre ou ferme les trous ou rainures ; enfin, d’un ou de deux chalumeaux. Celui-ci porte onze trous. Le bourdon a cinq tons différents. Le timbre est plus doux que celui de la cornemuse. Il y a des musettes sans clef, à six et à huit clefs. Le tuyau insufflateur fournit le vent à l’outre. et le soufflet est manœuvré par le bras. Parmi les plus célèbres joueurs de musette du XVIIe siècle, le Père Bonanni cite le fameux Todin. La musette rustique, en usage encore dans le Gers, est un hautbois sans clef, dont les trous sont percés au feu ; elle n’a dans ce cas, ni soufflerie ni outre de peau. Cet instrument est presque toujours en sol. C’est aussi le nom d’un des registres de l’orgue, imitant le timbre de la musette. MUSETTE DE SALON. Musette française, qui était surtout employée comme instrument de luxe au XVIIe et au XVIIIe siècle. Les tubes, ordinairement en bois précieux ou en ivoire, furent souvent ornés de sculptures. MYRIMBA ou MARIMBA. Harmonica de l’Afrique australe (Voyez MARIMBA). MZAMROTH. Instrument des anciens hébreux.
NABLA. (Voir NEBEL) NABLIA, NABLAS ou NAULIA. Selon Athénée cet instrument à cordes pincées serait originaire de la Phénicie, et semblable au Nébel des Hébreux ; il passa de l’Orient chez les Grecs et les Romains ; il était garni de dix et douze cordes, et affectait ordinairement la forme carrée ; on le touchait avec les deux mains, sans plectre ; l’exécutant le portait suspendu au cou.
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