Jacquot "Dictionnaire des instruments de musique"

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Documentation > Jacquot 1886

 Guide de l’art instrumental

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DICTIONNAIRE

Pratique et raisonné

Des

INSTRUMENTS DE MUSIQUE

Anciens et modernes

 

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AVANT-PROPOS

 

Voici un livre sans prétention doctrinale et qui se présente au lecteur sous un titre peut-être trop modeste. Sans doute, c’est un guide essentiellement pratique que l’auteur s’est proposé d’offrir, aux, artistes, aux peintres, aux sculpteurs, aux architectes, à toute la grande famille qui relève des Arts du dessin ; mais, en dehors de la partie documentaire, les esprits curieux trouveront dans ce petit volume des aperçus inattendus et pleins d’intérêt.

 

Il y a quelques années déjà, sous les auspices d’un autre illustre maître, nous avons eu le privilège de présenter M. Albert Jacquot au lecteur (Histoire de la Musique en Lorraine, précédée d’une lettre autographe de Ch. Gounod, de l’Institut de France.) Depuis ce premier essai, notre auteur a poursuivi avec ardeur ses études de Curiosité instrumentale, et il nous revient aujourd’hui avec un livre où abondent des renseignements précieux, patiemment recueillis, puisés aux sources et appuyés de dessins relevés d’un crayon aussi habile que judicieux.

 

Chercheur passionné, fils, et petit-fils de luthiers, nourri d’études techniques, M. Jacquot s’est rendu maître dans l’art difficile de fouiller les bibliothèques du pays lorrain, de déchiffrer les archives locales, et il a fait de véritables trouvailles dans une matière qui, au premier coup d’œil, semble ne comporter ni intérêt ni agrément. Il fallait un certain courage pour entreprendre et mener à bien une pareille tâche ! M. Jacquot l’a accomplie avec un rare bonheur, et il suffira de parcourir quelques pages de son livre pour s en convaincre.

 

La difficulté était de garder une juste mesure dans le développement de ces petites monographies qui, sous. peine d’être incomplètes, devaient enregistrer une longue suite d’instruments de toutes sortes, de toute origine, relever les types les plus simples comme les plus compliqués d’un art qui, depuis Kerlino jusqu’à nos jours a été constamment lié aux manifestations du génie musical.

 

Et maintenant, une étude aussi spéciale répondait-elle à un besoin artistique ? Nous laisserons les artistes peintres, les dessinateurs, les architectes, les graveurs et les modeleurs, répondre à cette question mais, sans insister sur cette nécessité d’une information exacte, le simple curieux dédaignera-t-il de connaître par le. dessin, appuyé d’un commentaire clair et précis, le rôle, que jouait dans les orchestres du siècle dernier tel instrument aujourd’hui délaissé, et que nos arrière-grand-père ne dédaignaient pas de manier et parfois de faire chanter fort habilement ? De nos jours, la vue d’une humble cornemuse aux mains d’un pauvre pifferaro,. ne peut faire supposer qu’un instrument assez semblable à celui-là ait fait. les délices de la Société élégante et raffinée du siècle de Louis XIV? C’est pourtant l’exacte vérité ; et nous en trouvons le, témoignage dans ce passage d’un grave jurisconsulte, avocat au Parlement, qui occupait ses loisirs en composant, un Traité de musette avec une nouvelle méthode pour apprendre soi-même à jouer de cet instrument facilement et en peu de temps. (Ch.-Em. Borjon de Scellery, né à Pont-de-Vaux, en Bresse, en 1631.) En manière d’introduction, l’auteur ajoutait :

 

« Il n’est rien d’aussi commun, depuis quelques, années, que de voir la noblesse, particulièrement celle qui, fait son séjour ordinaire à la campagne compter parmi ses plaisirs celui de jouer de la musette. Les villes sont pleines de gens qui s’en divertissent. Combien d’excellents hommes, et pour les sciences et pour la conduite des affaires, délassent,

par, ce charmant exercice leur esprit fatigué! Et combien de dames prennent soin d’ajouter à toutes leurs autres bonnes qualités celle de jouer de la musette ! »

 

il nous serait facile de multiplier les citations ; mais, elles nous éloigneraient du but que nous nous sommes proposé. Disons seulement que les instruments primitifs offraient un vaste champ d’observation à l’expérience archéologique et à la sagacité de M. Jacquot qui a su les faire revivre- avec intérêt, et les éclairer d’un jour nouveau.

 

L’art du luthier est aujourd’hui si complètement identifié avec le nom d’Amati, de Stradivarius et de ses successeurs, qu’il semble que rien d’intéressant n’avait été fait avant la venue du Maître. On voit, en s’inspirant aux sources, que les chefs-d’œuvre des écoles italiennes sont tout à fait indépendants de la curiosité instrumentale proprement dite ; que les précurseurs, les primitifs, les luthiers - sculpteurs, et les ornemanistes nous offrent, à ce point de vue particulier, des observations nouvelles. Il suffit de visiter l’église de Santa-Maria in Organo à Vérone et d’examiner son admirable lutrin de bois, œuvre capitale de fra Giovanni, ses fines sculptures, l’élégance du dessin et ses précieuses marqueteries pour comprendre en quel honneur étaient tenus les accessoires musicaux, les ornements des maîtrises et des sacristies, et surtout les buffets d’orgue de nos -vieilles basiliques.

 

Nous bornerons ici ces réflexions. Aussi bien, le lecteur n’avait pas besoin d’un si ample informé. Cette nouvelle étude de curiosité instrumentale doit trouver l’accueil que lui assure sa valeur propre ; et, en lui souhaitant la bienvenue, nous la plaçons sous l’invocation du vieil Amati et de Stradivarius, qui sont toujours nos dieux domestiques,

 

                                                                      J. GALLAY.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

  

DICTIONNAIRE

 DES

 INSTRUMENTS DE MUSIQUE

 ANCIENS ET MODERNES

 

ABAT-VOIX. Construction ajoutée en dehors d’un kiosque. ou d’une scène afin de diriger les sons vers les auditeurs.

ABRÉGÉ. Mécanisme du grand orgue, transmettant le mouvement des claviers aux soupapes des sommiers correspondants.

ABRÉGÉ PNEUMATIQUE. Mécanisme adapté aux grandes orgues, par Moitessier, de Montpellier, vers 1850.

ABUD ou ABHUD. Ce mot a été appliqué par les uns à la trompette des Hébreux, par d’autres à une flûte ; et, enfin, à la baguette à l’aide de laquelle ce, peuple frappait le tambour.

ACBABÈ. Monocorde persan, composé d’un manche long et creux- une caisse recouverte de peau, et servant de table d’harmonie, termine ce manche. La corde, fortement tendue, est frottée par un petit cylindre imprégné de résine, servant d’archet.

ACCORD. Grosse contre-basse en bois, ayant de douze à quinze cordes, usitée au XVIIe et au XVIIIe siècle. Le Père Mersenne la nomme Lyre moderne.

ACCORDÉON. Petit harmonium portatif à système d’anches libres, avec réservoir d’air et clavier vertical correspondant à des lames métalliques, inventé par G. Buffet, en 1827. La soufflerie de cet instrument est tirée et poussée à la main, les doigts faisant ouvrir ou fermer les touches qui laissent passez l’air au travers des lames vibrantes.

Il y a des accordéons à bascules, nommés ainsi parce qu’il faut appuyer sur deux petites bascules de cuivre placées sur le dessus, afin d’ouvrir les soupapes d’harmonie. Ce genre est déjà ancien. Il y a des accordéons depuis six touches jusqu’à quatorze et seize touches.

ACCORDÉON PIANO. Instrument dans le genre de l’harmoniflûte, inventé en 1852, par Boulon, de Paris.

ACCORDÉON A PISTON. Instrument à anches, muni de registres faisant parler une ou plusieurs notes, à volonté, par la même touche.

ACETABULUM. Instrument à percussion des Anciens, appelé par les Italiens « Crepitacolo». Il avait la forme d’une grosse sphère en argent ou en bronze ; une baguette de métal servait à le frapper.

ACOUCRYPTOPHONE. Instrument ayant la forme de l’ancienne lyre, sans corde. sans clavier, inventé par l’Anglais Wheatstone, en 1822. On le suspendait au plafond à l’aide d’un cordon de soie et, pour le mettre en vibration, une clef était appliquée à une ouverture ménagée dans l’instrument. Cette clef servait à remonter une sorte de ressort, mettant en mouvement l’harmonie qui semblait provenir de la lyre, mais qui, en réalité, venait d’une sorte de piano conique et d’un tympanon placés près de l’acoucryptophone.

ACOUMÈTRE. Instrument mesurant l’étendue des sons perçus par l’ouïe de l’homme.

ADHARCAIDH CUIL. Sorte de cornemuse irlandaise.

ADIAPHONON. Piano inventé à Vienne par un horloger nommé Schuter ; sa qualité, suivant son inventeur, était de ne jamais perdre son accord. Bien des essais furent faits en ce genre, mais ne donnèrent jamais de résultat sérieux.

ADOUFE. Tambour mauresque.

AEGUAL. Registre d’orgue de huit pieds.

AÉLODICON. Sorte d’harmonium, inventé, par Rectein, en 1820.

AÉLODION. Instrument à anches libres, précurseur de l’accordéon, inventé par Eschenbach.

AÉLOMÉDICON. Instrument, inventé par Brunner, dans le genre de l’Aéoline. Il ne diffère de ce dernier que par la soufflerie, qui est à vent continu.

AELOMÉLODICON. Instrument à anches libres. inventé en 1818, par Brunet, de Varsovie.

AELO-PENTALON. Instrument intermédiaire, entre le physharmonica et le piano, construit en 1824, par Dagosi, de Varsovie.

AÉLOSKLAVIER. Instrument inventé par Schortmann. Un soufflet alimenté d’air, de la même forme et conduit comme la cornemuse, produit un courant d’air sur des plaques de métal

AÉNATOR. Nom généralement donné, chez les Grecs et chez les Romains, aux musiciens qui se servaient des instruments à vent dans les jeux, les armées et le culte religieux. Ce titre s’appliquait aux Tubicines, aux Cornicines et aux Buccinatores.

AÉOLINE. Sorte d’harmonica, inventé par Kœnigshoven et par Schlimbach.

AÉRO-CLAVICORDE. Genre de clavecin, inventé, en 1790, par Tichirscki et Schell ; il se rapproche de la harpe éolienne par sa construction. et le son est semblable à la voix humaine.

AÉROPRONE. Instrument à anches libres du genre de l’accordéon, qui n’est autre que le physharmonica d’Hækel, perfectionné en 1828 par Christian Dietz.

AÉS THERMARUM. Cloches métalliques suspendues aux fenêtres des bains publics des Grecs et des Romains. En, les faisant résonner, on annonçait aux baigneurs que l’eau chaude était prête. Ces cloches avaient deux formes : la première était un disque de bronze renflé dans le milieu ; la deuxième se composait de deux clochettes semblables à celles employées actuellement et placées l’une au-dessus de l’autre.

AFFUT. Instrument à cordes des Hébreux, dont il est fait mention dans la Bible.

AGADA ou KWETZ. Instrument à vent du genre des flûtes à bec, employé chez les Abyssins et chez les Egyptiens.

AGADA. Flûte abyssinienne, employée aussi par les anciens Egyptiens ; cet instrument se joue avec une anche de roseau.

AGALICKMAN. Instrument turc se posant sur un pied et se jouant avec un archet, de la même façon qu e le violoncelle,

AGALS KEMAN. Genre de violoncelle turc.

AGIOSYMANDRUM. Cliquettes usitées par les chrétiens grecs, pour convoquer les fidèles au temple.

AGROSIDÉRON. Cloche primitive de la religion grecque, se composant d’une barre de fer frappée à l’aide d’un marteau. On l’employa jusqu’au XVIII siècle.

ALABU-SARANGI. Violon d’amour indien à quatre cordes de boyau et à sept cordes sympathiques. Son accord est par quintes descendantes. La dimension est de 0m,52, et la largeur de la table est de 0m,22.

ALARUM. Instrument japonais, dans le genre du Cong.

ALBOGUET. instrument de cuivre, dans le genre des cimbales.

ALGHEYA. Instrument indien dont le nom seul est parvenu, jusqu’à nous

ALGOSAH ou ALGOZA. Flageolet à sept trous, du Bengale, dont le son est agréable et doux.

ALP-HORN. Cor des Alpes, construit en bois, connu depuis le treizième siècle, en Suisse ; c’est un instrument pastoral et primitif ; il a beaucoup d’analogie avec le « lituus droit » des Romains. Les tubes de bois, sont souvent enroulés d’écorce d’arbre.

ALTAMBOR. Les Espagnols appelaient ainsi les grandes timbales que leur laissèrent les Maures.

ALTO (bois). En allemand : Bratsche ; en anglais et en italien : Viola. Instrument en bois, à quatre cordes, dont trois en boyau. et deux garnies de métal ; plus grand que le violon et nommé aussi quinte ou viola, parce qu’il descend une quinte plus bas que le violon. La musique pour l’alto, s’écrit sur la clef d’ut, troisième ligne. L’alto, comme le violon, est monté de quinte en quinte, et date, à peu près, de l’époque où le violon a été définitivement adopté. Son étendue est de trois octaves et une sixte.

ALTO (cuivre). Instrument en cuivre, muni de trois pistons, destiné à remplacer le cor dans les musiques militaires. Il est en si bémol. (Voyez SAX-HORN-ALTO.)

ALTO. Instrument en bois, à. anche, du genre de la clarinette, avec un pavillon courbe.

ALTO-BASSE. Ancien instrument à cordes et à percussion se frappant d’une main avec un bâtonnet, l’autre main tenant une flûte ; l’accord se fait sur la quarte, la quinte ou l’octave.

ALTO-BASSO. Caisse carrée creuse, sur laquelle quelques cordes étaient tendues et accordées. Ces cordes se frappaient avec une baguette, en même temps que l’on jouait du fifre ; c’est principalement en Italie qu’il était en usage au XVIIe et au XVIIIe siècle.

AMBIRA. Instrument de l’Afrique méridionale, formé de tringles de fer en un seul rang, dans un bois creux ; les tiges étant de longueurs inégales, les sons, par conséquent, en deviennent variés.

AMBULAEC. Chanteuses et musiciennes d’origine syrienne, qui fréquentaient les places publiques et les cirques. Leurs mœurs n’étaient pas souvent très régulières.

AME. Pièce cylindrique de bois se plaçant dans le violon et ses dérivés, entre la table d’harmonie et le fond. Ainsi que son nom l’indique, l’âme transmet le son, et de sa place qui varie suivant l’instrument, dépend la beauté et la qualité du son.

AMPHICORDUM. Grosse contre-basse en bois, appelée aussi « Lyre Barberine, » usitée autrefois en Italie, et montée de douze cordes ; un troisième nom fut donné à cet instrument, c’est celui d’Accord.

ANACAIRE. Instrument à percussion du moyen âge ressemblant aux timbales.

ANAGARA. Timbale de cavalerie des Orientaux, connue et importée en Europe par les Croisés, sous le nom d’Anacaire. (Voyez ce mot.)

ANACATA. Nom donné quelquefois à l’Anacaire. (Voyez ce mot).

ANANDA LAHARI. Instrument monocorde, usité par les chanteurs mendiants de l’Inde.

ANANTA VIJAYA. Sorte de conque des Indiens.

ANCHE. On donne ce nom : 1° aux deux tubes de roseau amincis à leur extrémité et réunis par des ligaments de fil ciré à un petit tube de métal s’emboîtant dans l’extrémité supérieure hautbois, du basson, du cor anglais, etc. ; 2° à un seul morceau de roseau diminué se plaçant sur la surface plane d’un bec, comme pour la clarinette, pour le saxophone, etc.

ANCHE LIBRE. Principe de lames vibrantes, d’origine chinoise ; ces lames ont été importées en France depuis une époque très ancienne ; c’est une sorte de guimbarde modifiée. L’anche libre est employée pour les accordéons, les harmonicas, les harmoniums, etc.

ANDARAS. Instrument péruvien appelé aussi Zampona ; c’est une sorte de flûte de Pan.

ANÉMOCORDE ou ANIMOCORDE. Sorte d’harmonium à cordes, construit à Paris, en 1789, par un Allemand, Jean Schnell pour utiliser la propriété qu’ont les cordes de vibrer sous l’action du vent. Un clavier réglait la distribution du courant d’air, donnant ainsi des notes déterminées. Il avait des sons très doux.

ANGELICA-VOX. Registres d’orgues à anches et à forme cylindrique.

ANGÉLIQUE. Grande guitare du XVIIIIe siècle ; elle avait dix-sept cordes et son manche était garni de dix-huit cases. Elle ressemblait au luth ; on l’employait surtout en Angleterre, où elle eut une grande vogue. Elle fut, dit-on, inventée en Alsace.

ANGKLANG ou ANKLONG. Instrument malais, formé de bambous évidés dont la partie supérieure est coupée obliquement ; le pied est taillé en deux bandes étroites qui jouent dans une rainure de la base d’un léger châssis. Par des mouvements d’oscillation, les tuyaux rendent de très beaux sons, en se heurtant contre les parois de la rainure dans laquelle ils se meuvent. Fétis remarque que cet instrument n’a pas été fait avec l’intention de former des rapports harmoniques. Il faut cependant observer que les Malais accordent l’Angklang, en remplissant plus ou moins les tuyaux d’eau ; ce que le célèbre musicographe semble ignorer.

ANNEAUX (flûte à). Système d’anneaux adaptés au mécanisme des flûtes par Th. Bœhm.

ANNULUS ou ANULUS. Anneaux de fer qui, chez les Grecs ou les Romains, étaient passés dans un cerceau métallique, servant de jouet aux enfants.

ANTIPHONAIRE. -Recueil de musique religieuse notée en plain-chant.

ANTIPHONEL. Instrument inventée par A. Debain, vers 1840, permettant d’exécuter, sur l’harmonium. à l’aide d’un moyen mécanique, non-seulement le plain-chant, mais toute autre musique. Ce sont des planchettes munies d’un côté de petites pointes saillantes, plus ou moins allongées selon la valeur musicale qui leur est attribuée. On les place sur un appareil s’adaptant au clavier, et, par la fonction d’un levier pour e plain-chant, ou d’une manivelle, les petites pointes font baisser les dents correspondantes d’un peigne horizontal, communiquant, par des prolonges et des pilotes, aux touches qui doivent s’abaisser. Ce mécanisme transpose à volonté, dans une étendue de douze demi-tons, tout morceau ainsi noté. L’invention, des plus ingénieuses, a valu à M. Debain, un succès et des éloges mérités. Lorsque l’Antiphonel est usité dans les églises qui ne possèdent pas d’organiste, il comble ainsi une véritable lacune et rend de grands services.

APOLLO ou APOLLON. Instrument à vingt cordes, inventé en France au XVIIe siècle ; les cordes étaient pincées ; l’Appollo ressemblait assez au Théorbe.

APOLLONICON. Orgue mécanique, inventé, en 1817, par les mécaniciens anglais Flight et Robson ; il contient 45 jeux et 1.800 tuyaux.

APOLLONION. Instrument à clavier surmonté d’un automate jouant de la flûte ; il fut inventé vers la fin du XVIIIe siècle.

APOLLYRICON. Nom donné quelquefois à l’ancien piano.

ARABEBBAH, Instrument des côtes de la Barbarie, formé d’une vessie, surmontée par une corde.

ARAINE. Grande trompette de guerre de gros calibre et à tige droite, tirant son nom du, métal, cuivre ou airain qui sert à sa confection ; cette trompette était déjà employée, en France, sous le règne de Philippe Auguste. On appliqua aussi ce nom aux sonnettes ou grelots usités sous Charles VI.

ARAMANA. Tambourin siamois.

ARC DES CAFFRES. Instrument cité par le Père Bonanni, et formé d’un arc muni d’une ou de plusieurs cordes de boyau, qui sont mises en vibration par une plume de cygne garnie de plomb ou de bois et de sonnettes. On presse les cordes avec la main gauche pour donner différents sons.

ARCHET. Arco en italien, Bogen en allemand, bow en anglais. Baguette de bois de Pernambouc ou de bois de fer, ainsi nommée parce qu’elle avait autrefois la forme d’un arc. L’archet ne remonte pas au-delà des Bardes bretons, pour l’Europe ; ceux-ci l’employaient en jouant du crooth. Les Arabes le connaissaient depuis longtemps et l’avaient reçu, sans aucun doute, de l’Inde, d’où il est originaire. Les crins qui le garnissent et qui, grippant sur les cordes, les mettent en vibration, sont tendus par une vis adaptée à l’extrémité inférieure de la baguette ; cette vis tourne dans un écrou placé sur la partie plane de la hausse appliquée sur la baguette et où est creusé son logement. On tend ainsi les crins. qui sont maintenus à l’extrémité supérieure par un taquet de bois placé dans une échancrure. Lully raccourcit l’archet ; au dix-huitième siècle, Tartini l’allongea, et, enfin, François Tourte en régla la construction, d’une façon mathématique, vers 1780. Les archets de violoncelle, sont plus courts que ceux de violon, et ceux de contrebasse plus gros mais beaucoup plus courts aussi. On a fait des archets en acier creux, et J.-B. Vuillaume, de Paris, essaya un système dit à hausse fixe, qui donnait à tout exécutant la facilité de remplacer lui-même la mèche de crins, lorsque les circonstances ne permettaient pas de charger un luthier de cette opération ; mais cet essai n’a pas répondu aux espérances de l’inventeur.

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ARCHILUTH (XVIIe SIÈCLE)

Fac-similé d’une peinture du temps appartenant à l’Auteur.

 

ARCHILUTH. Variété du luth, ayant des cordes très étendues sur deux manches superposés. Cet instrument, usité aux XVIe et XVIIe siècles, possédait dix-huit cordes, dont les grosses sont doublées d’une petite octave, et les fines, d’un unisson.

ARCHICEMBALO. Sorte d’instrument à clavier, destiné à donner des accords. Il fut usité en Italie en 1557, et on croit que Don Nicolas Vicentini de Vicence l’inventa, mais, en tous les cas, il n’eut aucun succès.

ARCHIVIOLE. Clavecin auquel un jeu de vielle, accordé en même temps, a été adapté, et qui fonctionne à l’aide d’une roue et d’une manivelle. On aurait plutôt dû l’appeler Archivielle.

ARCHIVIOLE DE LYRE. Il ne faut pas confondre l’Archiviole de Lyre avec l’Archiviole simple, qui était une sorte de clavecin, tandis que la première, usitée pendant longtemps en Italie, avait douze à seize cordes ; deux cordes à la basse débordaient du manche, qui était plus large que celui de la Basse de viole.

ARDAVALIN. Flûte de Pan des Hébreux.

ARGIENNE. Flûte grecque dont on ignore la forme et la matière dont elle était faite.

ARGHAN. Orgue des Arabes.

ARGHOUL. Musette arabe à anche, formée de deux tuyaux en roseau, dont l’un est percé de trous et l’autre forme le bourdon ; ces deux tubes sont réunis par des liens de ficelle enduite de poix et de résine et contiennent des tiges de roseau plus étroites dans. lesquelles sont découpées deux languettes qui forment anches, en n’étant maintenues que par le bas.

ARIGOT. Flûte primitive à six trous sur une même ligne, a donnée naissance au flageolet ; elle se jouait comme la flûte traversière, mais avait un son assez aigu.

ARISTON. Orgue à lames du genre de l’Antiphonel, mais composé d’une caisse carrée avec un peigne et des disques de papier percés de trous. Cet instrument a été inventé récemment par Ehrlich de Leinzich.

ARMANDINE. Harpe-psaltérion avec des cordes en boyau, nommée Armandine, par son inventeur Pascal Taskin, 1723, en l’honneur d’Anne-Aimée Armand, qui, de pianiste, devint cantatrice à l’Opéra.

ARPANETTA. En allemand Spizharfe ou Davidsharfe. Instrument à, deux tables d’harmonie, ressemblant à la harpe et au psaltérion ; l’Arpanetta a donné l’idée du clavicorde vertical.

ARPICORDE ou ARPICORDO. Ancien clavecin imitant la harpe.

ARPINELLA. Sorte de harpe, dont la forme se rapprochait de celle de la lyre.

ARPONE. Instrument à cordes de boyau, semblable à la harpe, mais ayant la forme d’un piano vertical et se pinçant avec les doigts ; il fut inventé à Palerme, par Michel Barbici, vers la fin du XVIIIe siècle.

ARTAB. Variété du luth arabe.

ARUNDA CÉRATA. Nom appliqué, par les Romains, à la flûte de Pan, parce que les différents tubes de roseau étaient réunis entre eux par de la cire.

ARUNDO. Les Romains désignaient ainsi la flûte de. Pan construite avec des roseaux.

ASCARUM. Instrument de la Libye, formé de petits canons de plume qui donnaient, en tournant, un certain son.

ASCARUS. Instrument des anciens Grecs. Plusieurs auteurs prétendent que c’était un instrument de percussion garni de cordes et muni d’un appareil tournant, portant des plumes, qui accrochaient les cordes, mais il est plus vraisemblable de le considérer comme une variété du grand psaltérion.

ASCAULE. Cornemuse grecque employée principalement par les paysans.

ASIAS. Première forme de la cithare des Anciens.

ASOR (Ascior ou Hazur). Lyre à dix cordes, des Hébreux.

ASORRA. Longue trompette métallique des Hébreux.

ASOSBA. ou ASOSTRA. L’historien Josèphe donne ce nom à Une trompette d’argent qui, selon lui, aurait été inventée par Moïse.

ASSA-TIBIA. Nom donné au solo de flûte, chez les Romains, lorsque cet instrument était employé sans l’accompagnement de voix. (Sev ad Virg., G. II, 417.)

ASTABOLO. Genre de tambour des Maures.

ATAMO. Tambour de Basque des Ethiopiens.

ATHENA. On nommait ainsi, chez les anciens Grecs, une sorte de flûte et une variété de trompette.

ATROPUS. Instrument de musique des anciens, sur lequel on n’a plus aucune donnée.

ATTABALES. Nom attribué, au XVIIIe siècle, aux cliquettes ou castagnettes à manche.

ATZE-BERUSCIM. Instrument de percussion des Hébreux, ayant la forme d’un mortier en bois ; on le frappait avec un pilon également en bois.

AULOEDUS. On désignait ainsi, chez les Romains, et chez les Grecs, ceux qui chantaient arec l’accompagnement des flûtes. (Cic. Mur., 13.)

AULOS. Flûte des anciens Grecs.

AULIQUE. Nom donné au rebec, à l’époque de la Renaissance. (Voir RABELAIS.)

AURA. Nom donné à la guimbarde (Voyez ce mot), en italien, Spassa pensieri.

AVENA. On désignait sous ce nom, la flûte de Pan primitive, jouée. par les paysans grecs et romains. Cet instrument était fait de la tige de la folle avoine. (Virg. Tibul. ; Ov. Met, 8, 192.)

AYACACHTLI. Instrument en terre cuite des anciens Mexicains, servant à accompagner les danses.

AZF. Instrument à cordes des Arabes.

 

BAAZAS. Luth ou guitare primitive à quatre cordes, des Nègres d’Amérique.

BAB. Instrument des Hébreux, mentionné dans la Bible, mais sans aucune autre indication ; on pourrait supposer que ce serait un diminutif du Rebab arabe.

BACCIOCOLO. Instrument usité par les paysans de la Toscane. C’est un vase ressemblant à une écuelle, dont les sons harmonieux servent à marquer la mesure pour les danses pastorales. On le tient de la main gauche, et de la droite, on le frappe avec un pilon de quatre pouces de longueur.

BAGANA. Lyre d’Abyssinie, à dix cordes accouplées, dont l’une sonne à l’octave de l’autre ; cette lyre se frappe avec le plectrum, et ressemble assez à une sorte de magadis. Au milieu de la table se trouve une grande ouïe et au-dessus est placé un tire cordes. Sur les éclisses du haut, deux montants de bois aboutissent à une traverse garnie d’anneaux de toile avec des tourniquets en croix, servant à faire rouler plus facilement ces anneaux, dans lesquels sont passées les cordes. Le plectrum, en cuir bouilli, a la formé d’un fer de lance.

BAGLAMAH ou BAGLAMA ou BAGLATEA. Tambour ou mandoline d’enfant en usage en Arabie. Cet instrument est monté de quatre cordes de laiton et de trois d’acier, ou de deux cordes d’acier et d’une de laiton. D’autres en boyau sont attachées autour du manche, pour rendre les sons aigus. Une plume sert à les pincer. Le corps est fait d’un bois mince.

BAGUETTES. On désigne ainsi les deux bâtons de bois, terminés presque toujours en petites pointes ou en boules, du côté avec lequel on frappe le tambour ou le tambourin. L’autre côté, qui est souvent garni de viroles de métal, est plus gros et par conséquent donne un poids nécessaire au maniement de ces baguettes. Pour les timbales, on garnit les extrémités exposées au contact de la peau, de petites éponges, ou simplement de peau de daim, mais pour le tam-tam et la grosse caisse, on se sert d’une baguette plus forte, garnie d’un tampon (VOir MAILLOCHE). La longueur des baguettes de tambour est ordinairement d’un pied ou de quinze pouces de long sur neuf lignes de diamètre à la plus forte extrémité et vont en s’amincissant. On emploie de préférence l’ébène ou le bois blanc très dur ; autrefois, on les faisait de buis.

BAGUETTES DE PSALTÉRION, DE TYMPANON ET DE TAMBOURIN. Les baguettes de psaltérion et de tympanon avaient la forme d’un petit marteau de bois garni d’étoupes, ou étaient terminées en crochet ; celles de tambourin sont plus minces et plus courtes que celles de tambour.

BAGUETTES DE TIMBALES. FIles sont faites en bois ou en tiges de baleine ; l’extrémité la plus mince est terminée par une tête ayant la forme d’un champignon garni de peau. Souvent cette tête est remplacée par deux petites éponges très rondes.

BALAFO DU SÉNÉGAL. Instrument appelé aussi Balafou, Ballard, Balafeu ou Bulafo. C’est toujours le genre de l’harmonica, mais à, lames de bois, placées sur des montants de bambou ; des calebasses creuses correspondent à chaque lame de bois et augmentent ainsi l’intensité du son. Il y a des Balafo de une et de deux octaves ; on les joue avec deux plectres de bois ou avec une manique garnie d’anneaux de fer, qui ajoutent un son métallique en accompagnement de celui de l’instrument.

BALAFO. Tympanon du Sénégal, à lames vibrantes, en métal.

BALALAIKA ou BALALEIGA. Sorte de guitare russe à long manche, munie de deux cordes.

BANAY. Tambour moderne des Indiens ayant la caisse sonore en terre.

BANCLOCHE. Nom donné autrefois à là cloche d’alarme qui appelait le ban et l’arrière-ban au secours d’une ville quelconque.

BANDORA ou BANDORE. Sorte de luth russe, originaire de l’Ukraine. (Il est intéressant de remarquer la ressemblance des termes, Bandose, instrument du temps de Charlemagne, Banzas, luth ou guitare indienne et Banjos des Américains. avec le Bandora des Russes.)

BANDOSE. Instrument à cordes de la famille du luth, dont parle Aimery du Peyrat, abbé de Moissac, dans son manuscrit de la Vie de Charlemagne.

BANDURRIA. Mandoline espagnole à fond plat ; cet instrument est muni de six doubles cordes. Elle fut surtout usitée en Espagne, au XVIIIe siècle.

BANGSI. Flûte indienne, du genre du flageolet, dont les sons ont beaucoup de douceur.

BANJO. Sorte de guitare américaine de une à cinq cordes. Dans les banjos à cinq cordes, quatre se trouvent sur le manche et une en dehors, pour le bourdon. Le manche mesure 50 centimètres de long ; trois entailles y sont faites, et il surplombe la caisse sonore pour imiter la touche des violons, mais sans avancer sur la table, qui est formée d’une peau d’animal tendue sur un cercle de bois courbé. Le chevalet qui élève les cordes est mobile, et se glisse ou s’éloigne pour hausser ou baisser le son de l’instrument.

BANSI. Flageolet indien, long de 29 centimètres, à huit trous.

BANSOULI ou BANSÉ. Flûte à bec de l’Inde ; est percée de huit trous et munie d’un sifflet..

BANSY. Instrument indou du genre de la flûte à bec.

BANZAS ou BANZA. Guitare à quatre cordes, d’une facture assez grossière, en usage chez les Nègres.

BARATAKA. Grande conque-trompette des Indiens.

BARBITOS ou BARBITON. Instrument de grande dimension, usité autrefois en Grèce ayant une forme se rapprochant de la lyre, neuf cordes le garnissait. Les sons en étaient graves, et il se jouait avec la Pectis, mais à l’octave. Il était à la lyre ce qu’est le violoncelle au violon. Pollux dit que les cordes étaient plus grosses que celles de la lyre et qu’elles étaient faites en lin. On se servait des doigts et du plectre (Claud. Prœm, ad Epith in Nupt, Hon et Mar 9). A Pompéi, on voit encore une peinture représentant Apollon ayant à ses côtés un Barbiton : l’instrument est posé à terre., sur une petite boule, il a la moitié de la hauteur d’un homme ; on en attribue l’invention à Alcée. à Terpandre et à Anacréon.

BARBYTOS-MAJOR. Petite basse de viole à six cordes, décrite par le P. Mersenne. (V. Harmonicorum instrumentorum liber primus, p. 44).

BARGHONNI. Corne indienne faite d’oryx ou de coudou. une entaille longitudinale se trouve à environ 6 centimètres de l’extrémités la plus mince.

BAROXITON. Sorte de contre-basse d’harmonie en cuivre, inventée par Cerveny’s, en 1853.

BARRE D’HARMONIE. Lame de sapin, collée dans l’intérieur des instruments à archet, contre la table dite d’harmonie et dans le sens du bois de celle-ci ; son effet est de renforcer les sons et de maintenir l’équilibre, principalement pour les deux plus grosses cordes. Sa longueur est de 0m,281 son épaisseur d’à peu près un demi centimètre.

BARYTON (Bois). Variété de la famille des hautbois, donnant une octave plus grave que ce dernier instrument ; les plus anciens avaient deux clefs et il y en eut jusqu’à onze trous, dont huit étaient bouchés avec des clefs et deux doubles trous ouverts. Le baryton, aurait été inventé en 1539, par le chanoine Afranio, de Pavie ; il a remplacé, dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, les Cromornes. On donnait aussi ce nom à la Basse de viole (Voyez ce mot).

BARYTON (bois). Sorte de gros violon ou de petite viole, inventé en 1855 ; s’accordant à l’octave inférieure du violon et se jouant comme l’alto. Il ne faut pas confondre cet instrument avec la basse de viole du XVIIe et du XVIIIe siècles.

BARYTON (Cuivre). Instrument de la famille des saxhorns, correspondant à l’alto des instruments à cordes, intermédiaire entre l’alto de cuivre et la basse ; le son en est agréable. Il est à trois pistons, en si bémol et en ut.

BASSANELLI. (Voyez BASSANELLO).

BASSANELLO. On désignait quelquefois sous ce nom la Basse de viole, ou, plus souvent, un hautbois ayant un tube tout droit, inventé par le compositeur vénitien Giovanni Bassano. Dans ce cas, le son était plus bas que celui de nos bassons.

BASSE. (Voir VIOLONCELLE).

BASSE-COR. Genre de serpent, inventé par Frichot, en 1806.

BASSE DE CORNET. Ainsi que le nom l’indique, c’est la première basse inventée pour les instruments à vent ; le serpent en fut le dernier perfectionnement.

BASSE DE FLANDRE. Trompette massive toute primitive, formée d’un bâton sur lequel une ou deux cordes étaient tendues et passaient sur une vessie de porc.

BASSE-DE-FLUTE. Instrument à vent et en bois, usité encore au siècle dernier ; il donnait la quinte au dessous de la flûte traversière, le tube aboutissant à l’embouchure était légèrement recourbé. On l’employait comme basse dans les concerts de flûtes, et le bois, qui servait à construire la Basse de flûte, était principalement le buis.

BASSE DE FLUTE A BEC. Instrument du XVIIe siècle, mesurant plus d’un mètre de long et possédant six trous ; il donnait l’octave au-dessous de la taille ou flûte à bec, et la tablature en était semblable. Le ton le plus grave était l’unisson du fa de la clef de ta des clavecins ; son étendue était d’une treizième

BASSE GUERRIÈRE. Instrument dans le genre de la clarinette basse moderne, inventé à Paris par Dumas ; on l’employa, vers 1811, dans les musiques militaires françaises.

BASSE DE HAUTBOIS. La Basse de hautbois et la Bombarde sont un seul et même instrument. Le Basson les a remplacés ; un autre, d’un timbre plus grave, s’appelait Bombardonne.

BASSE DE NOMHORNE ou NOMORNE. Nom donné quelquefois au Basson.

BASSE DES ITALIENS. C’est le violoncelle (Voyez ce mot).

BASSE DE VIOLE. Instrument en bois, d’une octave au-dessous de la viole. Elle eut. au XVIIe siècle, trois. quatre, cinq, et six cordes, qui alors s’accordaient ainsi : sol, la, mi, ut, sol, ré, clef de fa, quatrième ligne. On l’accordait tantôt par quartes, tantôt par quintes. Vers 1675, Sainte Colombe ajouta la septième corde, et introduisit en France l’usage des cordes filées. La touche était divisée par cases.

BASSE DE VIOLE A CLAVIER. Instrument monté de cordes à boyau qui résonnaient lorsque de petites roues, enduites de, colophane, étaient mises en mouvement à l’aide d’une plus grande roue placée sous la caisse. C’est l’Allemand Risch, du grand duché de Weimar, qui l’inventa, en 1710.

BASSE DE VIOLON. (Voyez VIOLE DA BRACCIO, au mot VIOLE).

BASSE D’HARMONIE. Sorte d’ophicléïde munie de dix clefs, et perfectionnée par Labbaye, en 1821.

BASSE D’HARMONIE. On donnait quelquefois ce nom à l’ophicléide.

BASSE-HORN. Genre de trompette chromatique, en cuivre, ayant trois trous et neuf clefs. C’est en 182O que Stratwolf, de Gœttingue, construisit cet instrument.

BASSE-ORGUE. Genre de basson ancien à trois octaves.

BASSE-ORGUE. Instrument inventé à Lyon, en 1812, par Sautermeister.

BASSET-HORN. Instrument à tuyau courbé en demi-cercle et recouvert de cuir (XVIIIe siècle). Un spécimen de ce genre, datant de cette époque, se voyait à l’Exposition universelle de Paris, en 1878, dans la section belge (Art ancien).

BASSE-TROMPETTE. Instrument à vent, en cuivre, inventé par Frichot, en 1810. Il se joue avec deux embouchures, une de serpent, l’autre de trompette ; le timbre de l’instrument avait donc deux caractères différents.

BASSETTO. Terme italien signifiant violoncelle ou petite basse, servant à distinguer ce dernier instrument du violone ou contrebasse à cordes.

BASSE-TUBA. Bombardon perfectionné par Wilbrecht, chef de musique du roi de Prusse. L’étendue de cet instrument est de quatre octaves, du la, deux octaves, au-dessous des lignes, clef de fa, jusqu’au la du ténor, une octave au-dessus des lignes de la même clef.

BASSON. Instrument à vent et à anches, composé de quatre pièces de bois garnies de huit trous et de cinq clefs, dans le basson primitif ; des améliorations sensibles y furent apportées vers la fin du XVIIIIe siècle, par l’adjonction de nombreuses clefs. L’anche est adaptée à un tube de cuivre en S, qui se nomme bocal. Le basson aurait été inventé par Afranio, chanoine de Pavie, au commencement du XVIe siècle ; mais il est probable qu’il ne fit qu’en donner la forme, plusieurs instruments, ayant ce timbre, existant avant lui. Il y a une grande variété de bassons ; les Italiens le nomment fagotto, parce que ses pièces, en se démontant, ressemblent à une sorte de fagot. Le Père Bonanni dit, qu’au XVIIe siècle, les Allemands aimaient beaucoup le Fagot. L’étendue du basson actuel est de trois octaves et d’une quinte, à partir du si bémol, en dessous des portées de la clef de fa. On l’a malheureusement remplacé, dans nos musiques militaires, par le saxophone, qui, à la vérité, possède un beau timbre, mais tout différent. Les plus célèbres professeurs de basson furent : Gebauer, Barizel, Willet, Cokken, etc. M. Jancourt, professeur au Conservatoire de Paris, a ajouté, comme perfectionnement, plusieurs clefs, qui en facilitent singulièrement l’exécution.

BASSON A FUSÉE. Genre de basson dont le tube a neuf tours de développement ; il fut inventé vers 1680 par Deuner, de Leipsig.

BASSON ANTIQUE. Ancien basson à sept trous sur le côté et à une, clef en bas.

BASSON (Jeu de). Jeu d’orgue complétant celui du hautbois et lui servant de basse. Il a deux octaves d’étendue.

BASSON-QUINTE. Diminutif du basson, à une quinte au -dessus.

BASSONORE. Variété du basson ayant une étendue de trois octaves et d’une tierce. L’anche est plus forte que celle du basson et a des sons plus volumineux. Cet instrument fut inventé, par Nicolas Winneu, à la fin du XVIIIe siècle.

BASSON-RUSSE. Instrument de bois, à pavillon de cuivre, ayant remplacé le serpent. Il est muni de six trous ouverts et de quatre autres, bouchés à l’aide de clefs de cuivre garnies de tampons. Il fut inventé, en 1780, par Rigibo.

BASSON-SOPRANO. Instrument en bois. à vent, en fa, à quatre et ensuite à sept clefs, datant du XVIIIe siècle.

BASSPOMMER. Variété ancienne du basson.

BASS-ZINKE. On désigne ainsi, en allemand, la basse de cornet à bouquin.

BATON DE MESURE. Petite baguette de bois, souvent terminée par des viroles de métal, servant aux chefs d’orchestre pour battre la mesure, diriger les mouvements, prévenir les attaques de certains instruments dans les symphonies. L’ancien bâton était beaucoup plus volumineux que celui employé actuellement. Les Chinois ont, à cet effet, des petites planchettes à charnières faisant éventail, qu’ils agitent les unes contre les autres.

BATTOCHIO. Nom italien d’un instrument servant à donner l’intonation à d’autres.

BATYPHONE ou BATIPHONE. Variété d’ophicléide à dix-huit clefs, d’origine prussienne, ayant un bocal recourbé.

BAUERNLEYER. Nom allemand de la vielle à roue.

BAUNK. Sorte de trompette indienne.

BAY-PIPE. Nom de la cornemuse écossaise.

BAZ. Petite timbale arabe.

BEC. Partie mobile, ordinairement en bois d’ébène, se plaçant sur les lèvres de l’exécutant, et sur laquelle s’ajuste, à l’aide d’une ligature à vis, une anche de roseau. Le bec sert d’embouchure à la clarinette et au saxophone.

 

BEDON (XVIIe SIÈCLE)

Sculpture des boiseries du chœur de l’ancienne église de Salival (Lorraine)

actuellement à l’église des Cordeliers de Nancy.

 

BEDON. Nom d’un long et gros tambourin du moyen âge, qui se frappait comme la grosse-caisse, à l’aide d’un ou de deux bâtons courts, munis d’un tampon.

BEDON DE BISCAYE. Sorte de gros tambour de basque, originaire d’Espagne. Les cercles étaient Ornés de grelots. Il ne faut pas le confondre avec le Bedon du moyen âge. (Voyez ce mot,)

BEEN. Guitare indienne.

BEFFROI ou TOCSIN. Cloche d’alarme employée en Europe pour annoncer les sinistres ou les émeutes. C’est aussi une sorte de tam-tam des Orientaux.

BEG. Lyre d’abyssinie. sans plectre.

BELAPELLA. Castagnettes indiennes, ayant souvent la forme de petites cymbales métalliques.

BELLONCON. Physarmonica inventé par Kaufmann, de Dresde, en 1804, et imitant des fanfares de trompettes avec timbales et tambours.

BENDAÏR. Tambour de basque des Arabes, garni de quatre ou cinq cordes de boyau qui résonnent lorsqu’on frappe le tambour.

BENDIR. Grand tambour arabe, ayant cinq cordes tendues effleurant l’intérieur de la peau ; le cercle est percé de trous, dans, lesquels des lames de tôle sont suspendues. Une peau de chèvre couvre le dessus. Plusieurs cordes de résonance sont fixées en dedans du fût et vibrent lorsque le tambour est frappé avec rigueur.

BENU. Flûte indienne formée d’un tuyau conique de bambou de 0m,98, ci donnant tous les sons diatoniques de la gamme.

BÉOTIENNE (flûte). C’est le même instrument connu sous le nom de Bombykos, et usité autrefois en Grèce.

BERBEKIA. Variété du luth Arabe.

BERBETH. Barbytos ou grande lyre des Arabes, montée de quatre cordes.

BHARATA VINA. Instrument moderne de la famille des Sitars. Les Indiens l’emploient fréquemment.

BHÉRÉ. Grande trompette droite en cuivre, usitée dans l’Inde.

BHEROUBUATHIC. Cor en cuivre du Bengale et de Népaul.

BIBEBREGAL. Régale (Voyez ce mot) destinée à accompagner le chant dans les églises d’Allemagne, vers le milieu du XVIe siècle.

BIJUGA CITHER. Nom anglais de la Pandore. (Voyez ce mot.)

BILANCOYEL ou VILLANCOYEL. Flûte indienne à bec, munie de sept trous.

BIN ou BINA et VINA DE BÉNARÉS. Vina moderne de l’Inde, appelée aussi Vina de Bénarés. Le corps de l’instrument a la forme du luth et se termine par la tête d’un oiseau de proie. La longueur totale est de 0 m,62 ; le corps sonore mesure 0m,22 ; il est garni de onze cordes ; les chevilles partent du milieu du manche ; les cordes les plus longues sont à droite, et aux deux tiers, sous le manche, se trouve une courge semblable à celle de l’ancienne vina. Les chevalets sont fixes et forment l’échelle chromatique de sons. Les deux cordes de droite sont appuyées par les doigts de la main gauche ; les trois suivantes se pincent à ride ; les six autres sont sympathiques. La Bina de la collection Sauvageot est en ivoire admirablement travaillé ; elle ne possède que quatre cordes

BINIOU ou, BIGNOU ou BINVIOU. Cornemuse des Gallo-Bretons, composée d’une peau de chèvre, formant réservoir d’air et de deux tubes ou chalumeaux, percés de six trous. L’outre est munie d’un tube d’insufflation.

BIPANCHI VINA. Instrument indien de la famille des Sitars et monté de 5 cordes.

BISSEX. Instrument ayant à peu près la forme du luth, monté de douze cordes, et garni de vingt cases ; il fut inventé vers 1773, par Van-Hecke. Son étendue était à peu près de trois octaves et demie d’étendue.

BIVA. Sorte de luth japonais, dont la table d’harmonie est percée d’ouïes pour en laisser sortir le son ; on joue cet instrument avec un plectre.

BOCAL. Petit tube de cuivre ou de maillechort, ayant la forme d’un S, qui se place à la partie supérieure du basson. Un trou latéral, de la grosseur d’une tête d’épingle, y est aménagé afin que la salive ne puisse séjourner en jouant. Une anche de roseau s’adapte au bout du bocal ; on donne souvent ce nom à certaines embouchures d’instruments.

BOGENKLAVIER. Clavecin à archet ; mécanisme inventé, par le berlinois Johann Hohlfeld, en 1751.

BOITE A MUSIQUE. Instrument automatique composé d’un peigne d’acier, mis en vibration par un cylindre muni de petites pointes placées selon la notation et pourvu d’un mouvement de rotation d’horlogerie. Genève a une spécialité pour la fabrication de ces instruments.

BOMBARDE. Sorte de chalemie qui a donné naissance au hautbois, instrument à vent, à anche battante, à double languette, originairement percé de sept trous et muni, au XVIe siècle, d’une clef. Du grave à l’aigu, la Bombarde offre quatre types de tailles différentes pour la formation du quatuor.

BOMBARDE. Instrument à timbre grave dans le genre du hautbois, usité par les Gallo-Bretons, jusqu’au XVIIIe siècle, formé du mot Bom (son) et de Barz (barde ou chant). Les Italiens le nomment piffero pastorale ; c’est un instrument à anche et en bois ; il était muni de sept trous. Il y avait plusieurs genres de bombardes, savoir : la bombarde-soprano, à une et deux clefs ; la petite bombarde, à une clef ; le picolo ou bombarde-contralto, à une clef ; la bombarde-ténor, ayant deux octaves d’étendue ; la bombarde-basse, à quatre clefs ;et enfin la contre-basse de bombarde ou bombardons à quatre clefs. C’est aussi dans l’orgue, un registre de 16 et quelquefois de 32 pieds.

BOMBARDON. (Voyez SAXHORN-CONTREBASSE,.)

BOMBIX. Sorte de chalumeau primitif des anciens Grecs.

BOMBULUM. Instrument romain. Sorte d’orgue formé d’une sphère métallique munie de sept tuyaux, dont une reproduction existe sur le monument du Musée d’Arles.

BOMBY-KAS. Nom des clefs des instruments chez les Grecs. Il ne faut pas confondre ce nom avec celui de l’instrument grec Bombykos (Voyez ce mot).

BOMBYXOS. Grande flûte grecque double, faite de roseau du lac Orchomène,

BONBALOU. Instrument de percussion des Nègres, plus sonore que le Boutalou, mais avant à peu près la forme de la trompette marine.

BOUANG ou KROME. Instrument malais, composé d’une série de bassins de cuivre, de diverses grandeurs.

BOUBNI. Tam-tam de guerre des Russes.

BOUCHE. Ouverture horizontale qui laisse échapper l’air dans les tuyaux d’orgue.

BOUK. Clairon de cuivre des chasseurs de l’Arabie.

BOULE MÉTALLIQUE. Instrument sonore indiqué par le Père Bonanni dans sa Description des Instruments harmoniques. Ce sont deux boules de cuivre creusées et contenues dans une troisième beaucoup plus grosse. Les deux boules sont coupées en deux et munies de dents qui, en étant agitées et frappées les unes contre les autres, produisent un son métallique.

BOULOU. Harpe des nègres de la Sénégambie cet instrument était monté de dix cordes de boyau, retenues par de longues chevilles.

BOUNY. Harpe égyptienne ; c’est le plus ancien genre que l’on connaisse.

BOUQUIN (Cornet à). (Voyez CORNET k BOUQUIN).

BOURBUI. Trompette de guerre, en cuivre, usitée autrefois par les Russes.

BOURDON. Ce mot a plusieurs applications : c’est, premièrement. Le nom de la plus grosse des cloches d’une église ; deuxièmement, le nom de la plus grosse corde des instruments à archet ; et troisièmement, le nom d’un jeu d’orgue de plus ou moins de tuyaux.

BOURET. Petit cor de chasse des Anciens. Selon Fabretti, il aurait été fait, non seulement de bronze, mais de buffle et, était destiné à. l’infanterie et à la cavalerie romaine. On s’en servait à l’armée pour avertir les soldats de nuit, des heures pendant lesquelles ils devaient monter ou descendre leur garde. C’est aussi une conque marine dont il est fait mention dans la Mythologie (Voyez BUCCIN MARIN).

BOURI. Trompette de Madras ; se composant d’un tube de cuivre ayant un renflement dans le milieu et terminée par un pavillon.

BOUTALOU ou BONTALOU. Tambour des nègres, de Bilba, en usage, dans ce pays, au XVIIIe siècle ; c’est un tronc d’arbre creusé et recouvert, d’un côté, d’une peau de chèvre ou de brebis.

BOUTON. Petite pièce circulaire et métallique, munie d’une tige à pas de vis, qui est reçue dans une autre tige creusée, également à pas de vis, surmontant la partie supérieure d’un piston quelconque. Le bouton reçoit l’effort du doigt pour faire fonctionner le piston.

BRASS-HORN. Cor anglais en bronze.

BRISSEX. Sorte de guitare ancienne à deux cordes.

BUCCIN. Genre de trompette basse ancienne, percée au milieu. De nos jours on désigne ainsi une sorte de trombone à coulisse, dont le pavillon à l’antique est terminé par une tête de dragon ou de monstre.

BUCCIN A COULISSE. Instrument employé en Flandre, au XVIIIe siècle : un spécimen de ce genre existait à l’Exposition, universelle de Paris, en 1878, à la section belge de l’Art ancien il portait le nom de l’auteur : Tuerlinckx, à Malines.

BUCCINATOR ou BUCINATOR. Dénomination donnée à celui qui se servait de la Buccine.

BUCCINA. Nom donné par les Romains au cor ou cornet étrusque. Cette trompette était tantôt recourbée en spirale ou tordue en cercle et se joignait, dit-on, à volonté au Lituus. Dans l’origine, elle fut faite d’une coquille de poisson ; et sous cette forme elle servait principalement aux bouviers et aux bergers, aux accensi pour annoncer les heures et dans les premiers temps pour convoquer les Quirites à l’Assemblée ou les réunir, dans des circonstances pressantes. Mais c’est surtout la dénomination des trois instruments militaires des Romains ; ils leurs servaient à faire des signaux ou à commander les troupes ; dans ce cas leur forme variait légèrement ; l’embouchure était plus large et l’instrument lui-même était en corne. On donna aussi ce nom à une sorte de tambour des Romains.

BUCCIN-MARIN ou BOURET DE MER. Grosse coquille semblable à une conque marine, dont l’extrémité pointue était percée d’un trou qui servait de tube d’insufflation.

BUCHE. Les Flamands l’appellent Noordischebalk. Epinette des Vosges, ayant la forme arrondie d’une bûche ; c’est le premier type de la cithare horizontale.

BUFFET D’ORGUE. Immense caisse dans laquelle est contenu le mécanisme du grand orgue.

BUGLE. Instrument de cuivre, à vent et à pistons au à cylindres, un peu plus grand que le clairon. Il est en si bémol, fut inventé par Weidinger, et a remplacé le bugle à clef. (Voyez SAX-HORN-CONTRALTO).

BULAFFO. (Voyez BALUFFO).

BUONACCORDO. Petite épinette italienne, dont se servaient les enfants au XVIIIe siècle.

BUSCA TIBIA. Instrument très primitif, dans le genre de la flûte, formé de l’ossement d’un animal.

BUSINE ou BUISINE, BOSINE. Synonymes de Buccina. (Voir ce dernier mot).

BUXUM. Flûte grecque en bois, dont deux spécimens existent encore au musée Britannique.

 

CABINET D’ORGUE. Petit buffet d’orgue, sans montre, employé surtout dans les salons, au XVIIIe siècle.

CAISSE. Nom donné quelquefois au tambour (Voyez ce mot),

CAISSE. Terme employé pour désigner la boîte d’instruments, tels que piano, harmonium, violon, violoncelle, etc. C’est aussi le nom donné aux tambours, excepté ou tambourin et au tambour de basque.

CAISSE PLATE. Tambour réduit de hauteur ; c’est un tambour de la garde nationale de Paris, nommé Grégoire, qui eut le premier l’idée de diminuer ainsi les caisses de tambour. Au milieu du XIXe siècle, la grande dimension avait prévalu.

CAISSE ROULANTE ou CAISSE CLAIRE. Perfectionnement du tambour adopté comme instrument de percussion dans les musiques. militaires ou dans les orchestres. On appelait aussi caisse roulante, un long tambour de bois, encore en usage dans les musiques de l’armée, vers le milieu du XIXe siècle.

CAJAS. Tambour du nord du Pérou, formé de planchettes concentriques, reliées par des cercles de cordes ; les deux côtés sont tendus de peaux de lama.

CALAMAULE. Nom que l’on donnait, en Grèce, à la flûte monaule, quand le tube de cet instrument était formé d’un roseau.

CALAMEL. Nom donné par les Anciens, au chalumeau (Voyez ce mot).

CALAMUS Nom général donné chez les Romains et chez les Grecs à la flûte de Pan.

CALANDRONE. Sorte de flûte italienne, jouée par les paysans. Deux ressorts placés à l’embouchure, lorsqu’ils sont pressés, émettent le son par deux trous diamétralement opposés.

CALASCIONNE. Nom italien du tambourah. (Voyez ce mot.),

CALIBRE. Ce nom s’applique : 1° à une petite plaque métallique percée de trous correspondants à des numéros, servant à prendre des grosseurs de cordes ou de fils métalliques ; 2° à une plaque de forme triangulaire qui sert aux facteurs d’orgues pour faire les bouches aux tuyaux des orgues.

CALICHON ou CALACHON. Ancien luth à cinq cordes (Voir Colachon.).

CALISSONCINI ou COLISSONCINI. Sorte de guitare usitée en Italie au Xixe siècle. C’est l’origine du colachon. Primitivement le colissoncini n’avait que deux cordes ; on en ajouta plus tard quatre autres, et le manche fut considérablement allongé.

CXMPANA. Selon Strabon, on donnait ce nom à une grande cloche plus grosse que celle qui servait habituellement pour donner les signaux.

CAMPANE. CAMPANELLE. Cloche ou clochette. Au Moyen Age, on désignait, par ce mot, les cloches de toutes dimensions. Dans le harnais du cheval, c’était le gros grelot attaché sur la croupe ; la campanelle de faucon, ou petit grelot, se fixait aux pattes de cet oiseau.

ÇANKHA. Cor des Indiens.

CANNA D’ORGANO. Mot employé pour désigner les tuyaux d’orgue.

CANNE-CLARINETTE. Instrument à cinq clefs. On en voit un, spécimen au Musée des Instruments de musique du Conservatoire de Paris :

CANNE-COR D’HARMONIE. Cor d’harmonie ayant la forme d’une canne. Les tubes droits sont soudés les uns contre les autres ; à l’extrémité supérieure, s’adapte une embouchure et au bas se visse. à volonté, un pavillon. Cet instrument curieux est en mi majeur, et se voit au Musée du Conservatoire de musique de Paris.

CANNE-ÉTUI. Canne renfermant un archet. Cette fantaisie d’un amateur se voit au Musée du Conservatoire de musique de Paris et provient de la collection du docteur Fau.

CANNE-FLAGEOLET. Flageolet percé de six trous, dont quatre sur le devant et deux derrière. Cet instrument sert de canne, à volonté, et se voit au Musée du Conservatoire de musique de Paris.

CANNE-FLUTE. Ainsi que le nom l’indique, c’était un bâton creux percé de six trous, muni d’une clef, d’une ouverture pour l’embouchure et de deux viroles, qui se plaçaient à chaque extrémité du bâton pour en faire une canne.

CANNE-FLUTE A BEC. Au XVIIIe siècle, on fit des cannes de ce genre. Elles avaient sept trous ouverts et un bouché par une clef. Habituellement le manche de la canne était orné de sculptures.

CANNE-POCHETTE. Canne dont la pomme d’ivoire se dévissait et contenait dans sa partie supérieure, une pochette pour les maîtres de danse la deuxième partie de la canne renfermait l’archet. Une canne-pochette de ce genre est au Musée des Instruments de musique de Paris et provient de la collection Clapisson.

CANNE-PUPITRE DE MUSIQUE. Cette canne - pupitre a été inventée par Boulanger, de Saint-Étienne, sous Louis XVI ; on peut la voir au Musée des Instruments du Conservatoire de musique de Paris. Le pupitre est en fer damasquiné d’or avec des ornements entremêlés de fleurs de lys.

CANNE-TROMPETTE. J.-B. Du Pont imagina de faire une canne - trompette vers le milieu du XIXe siècle, L’essai fut bientôt abandonné et cet instrument a pris place parmi les instruments curieux du Musée du Conservatoire de Paris.

CANO. Mot employé par les Romains pour désigner l’action de chanter ou de sonner d’un instrument.

CANON. Genre de monocorde dont on se servait autrefois dans les écoles pour l’enseignement de la musique vocale.

CAPISTRUM. Bande de cuir ou mentonnière, munie d’une ouverture pour la bouche et employée chez les Romains par les joueurs de double flûtes ; ceux-ci portaient des lanières sur les joues afin de presser l’air contenu dans la bouche, facilitant ainsi l’usage des deux doubles tubes de cette sorte d’instrument. On l’appelait, aussi phorbeïa (Voyez ce mot).

CAPODASTRE ou CAPODASTRO ou CAPO-TASTO. Sorte de chevalet se plaçant dans l’espace compris entre les cases de la guitare et s’y fixant au moyen d’un pas de vis servant ainsi à faciliter la transposition ; dans ce cas, l’exécutant compte comme première case, celle qui sera immédiatement placée au-dessus du capodastre.

CARILLON. Jeu de cloches en usage dans les clochers des anciennes églises où dans les beffrois des hôtels de ville. Ceux d’Alost (Belgique) et plusieurs autres du nord de la France sont justement célèbres. Des documents anciens indiquent des sonneries en carillon en France, dès le XIVe siècle, peut-être même au XIIIe siècle. Les carillons sont d’origine chinoise. Il ne faut pas confondre cet instrument avec l’harmonica (Voyez ce mot).

CARNIX. Cornet usité chez les anciens Grecs.

CASSI-FLUTE. Genre d’orgue dont l’invention est due à Cassi-Méloni, qui habitait Paris, en 1857.

CASTAGNETTES. Instrument à percussion, ainsi nommé parce qu’il ressemble à deux châtaignes évidées, appelées castanea. On l’employait surtout chez les Maures, les Espagnols et les Bohémiens Ce sont deux petites pièces de bois ou d’ivoire. creusées au centre et maintenues aux mains par un petit cordonnet. On agite les deux. pièces l’une contre l’autre par des mouvements saccadés des mains. C’est surtout pour la danse qu’on l’emploie principalement en Espagne. Il y a aussi des castagnettes à manche., qui sont d’un maniement plus facile et exigent une moins grande habileté de l’exécutant. Au XVIe siècle, on se servait déjà de castagnettes à manche. J. Heugel a publié, d’après le système de Sala, une méthode de castagnettes modernes.

CASTAGNETTES DES TURCS. Elles diffèrent des autres castagnettes en ce qu’elles sont formées de deux petites planchettes réunies par une charnière ; on les tient dans le creux de la main.

CATASTORNE. Nom du bec ou de l’embouchure de la flûte chez les Grecs.

CATENA. Nom italien de la barre d’harmonie (Voyez ce mot).

CAYPLIA. Guitare indienne.

CÉCILIUM. Instrument à anches libres, inventé, vers 1866, par M. Quantin de Crousard. Le Cécillum a la forme assez semblable à celle du violoncelle ; il a cinq octaves et ressemble aussi au Mélophone. L’exécutant fait manœuvrer un soufflet de la main droite.

CEINTURE INDIENNE. Ceinture formée de petites cliquettes de cuivre, servant pour la danse chez les peuples de l’Inde.

CÉLESTE. Nom donné à la pédale douce du piano ; c’est une pièce horizontale en bois, garnie de bandes de feutre s’abaissant entre les marteaux et les cordes et donnant un son adouci que l’on a appelé céleste.

CELESTINO. Instrument à cordes et à roue ; cette roue était mise en mouvement par le pied. Walker inventa le Célestino en 1784.

CEMBALO. Mot italien désignant le piano ou le clavecin.

CERCEAU. Instrument en bronze usité par les Grecs et les Romains. On l’agitait en l’air et on le frappait avec une baguette de fer.

CERODETOS. Nom donné quelquefois à la flûte de Pan ; les tubes de cet instrument étant assemblés avec de la cire, de là le mot Cero.

CERVELAS. Instrument usité au XVIIe siècle, et qui a la forme d’un barillet. C’était la contrebasse du hautbois. Il se composait d’un morceau de bois cylindrique recouvert, comme le basson, de cuir bouilli. Quelques-uns étaient garnis de trois clefs et de six trous.

CETERA. Nom italien du Cistre (Voyez, ce mot).

CHABBABEH. Flageolet persan, percé de six trous sur le devant et d’un septième placé du côté opposé. La longueur totale de l’instrument, en y comprenant le bec, est de 0m,31 centimètres.

CHALIL. Flûte des Hébreux.

CHALUMEAU ou CHALÉMIE. Tube à anche battante, de roseau ou de métal, recouvert d’un barillet, surmonté en dessus par un petit tuyau servant à y placer l’anche ; ce tube avait dix trous. On appela cet instrument, au moyen-âge : chalémie, chalemelle ; calamus chez les Gaulois c’est la flûte simple des Grecs qui lui a donné naissance. La chalémie a quelquefois son extrémité